1789 vue de St Jean de Soudain

AD38  St Jean de Soudain  1756-1792   vue 135

 En 1789, dans le courant du mois de juillet, les paysans de nombre de paroisses s’étant attroupés en plusieurs bandes composées de trois quatre cents pillèrent, saccagèrent et brûlèrent plusieurs châteaux dans plusieurs de nos provinces en disant qu’ils faisaient cela par ordre du Roy. Il y avait même de ces fameux brigands étrangers qui avaient plusieurs édits du Roy qu’ils avaient fabriqués et fait imprimer pour tromper nos paysans de campagne et les engager à commettre les incursions les plus abominables jusqu’à boire et profaner les vases sacrés, se servir du calice pour boire dans les châteaux où ils avaient vidé les caves ! Ces horreurs ne se termineront que par une prompte réplique ; il y avait un ordre du Roy de leur tirer dessus ; plusieurs furent pendus sur les lieux où ils avaient commis leurs crimes. On fit passer des troupes de tous côtés pour arrêter et tuer ces coquins.

 Curé Guérin

 

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un curé prolifique

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 79

 

Le curé de la Balme s’est beaucoup exprimé sur des sujets divers. Il était bien informé et a laissé de nombreux témoignages dans les registres paroissiaux.

Ici, c’est la vente du pain qui fait l’objet de ses réflexions.

C’est sur la fin de cette année au mois de décembre que Louis XVI a aboli la maîtrise des boulangers à Lyon et a permis par un édit la vente du pain à qui voudrait en vendre, de sorte qu’à présent les personnes du dehors apportent et vendent du pain dans toutes les places de la ville, ce qui est un grand bien parce qu’auparavant les boulangers qui seuls vendaient ne cessaient de demander l’augmentation du pain et il fallait passer par leurs mains.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 80

Là, ce sont les écrivains qui font l’objet de ses réflexions.

Nota que Monsieur de Voltaire est auteur de ce siècle et de ceux qui a le plus écrit surtout en tragédie et que j’ai vu moi-même dans son château de Ferney proche Genève. Il est âgé actuellement de quatre-vingts ans et cependant il écrit toujours. Quoique né chrétien il a fait des ouvrages contre la religion et pour favoriser le libertinage ; il est natif de Paris. Il y a aussi de ce siècle Jean-Jacques Rousseau autre auteur mais tout différent genre que Voltaire. Il a fait beaucoup d’ouvrages. On peut lire l’un et l’autre pour en juger. Rousseau est natif de Genève esprit tout particulier que j’ai vu à Bourgoin où il a demeuré quelques temps à s’amuser à herboriser c’est-à-dire à la botanique. De là il est allé à Paris où il est actuellement. Moins âgé que Voltaire, l’un et l’autre se sont rendus immortels par leurs écrits surtout Voltaire en tragédie.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 44

Ci-après, s’exprime sa charité chrétienne …

Heureux sera le curé après la mort de Mr De Boullieu seigneur de la paroisse de la Balme, Parmilieu et la Brosse lesquels curés seront heureux puisque le dit seigneur et tous ses prédécesseurs n’ont jamais pu souffrir les curés de ces trois paroisses ou pour mieux dire ont toujours tourmenté les curés de ces trois paroisses et le dernier ennemi juré de tous les trois et comme seigneur plus dangereux ne cesse de leur chercher mille mauvaises difficultés mais grâce au seigneur  c’est la fin et le dernier de cette race – et le bénéfice de la balance sera pour les très gracieux.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 93

Là, c’est une information étonnante.

Nota qu’en 1753 le bourreau qui était pour lors à Lyon après y avoir demeuré trois ans et y avoir fait plusieurs exécutions fut reconnu pour être une fille, ce qui surprit tout le monde. On la renvoya ou plutôt on la fit conduire dans les îles. Je l’ai vue moi-même pendre et clouer fort lestement. L’on peut être sûr que ce n’est pas une histoire fausse mais bien véritable.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 93

Il se fait moralisateur avec de nombreuses références théologiques propres à un curé ayant reçu une solide formation.

J’ai tenté quelques traductions mais je ne les garantis pas , n’étant pas aussi lettrée que le curé Roux …

 

La porte du palais au pauvre est interdite,

L’argent seul peut l’ouvrir et non pas le mérite

Curia pauperibus clausa est ; dat census honores avidius

(la cour est fermée aux pauvres ; il donne les honneurs aux plus avides ?)

 

Heureux qui satisfait du foyer de ses pères

Du luxe de plutus ignore tous les maux ;

Jamais les noirs soucis ni les folles chimères

Ne troublent son repos.

 

L’exemple du monarque est plus fort que la loi

Et le peuple léger se règle sur son roi.

 

C’est une erreur de croire

Qu’il est grand, qu’il est beau de pouvoir ce qu’on veut.

Faire ce que l’on doit et non tout ce qu’on peut

Voilà la véritable gloire.

De quelque dignité que l’on soit revêtu

Le pouvoir est toujours borné par la vertu. Senet (elle grandit)

 

Un bon curé doit tondre et non pas écorcher son troupeau

Boni pastores esse tundere pecus non deglubere

 

Quiconque juge avant d’avoir écouté

En jugeant justement blesse encore l’équité.

 

Epargner des méchants la coupable injustice

C’est nuire aux gens de bien, autoriser le vice.

 

Le méchant sur ses yeux en vain met un bandeau,

Le crime est son tourment et son cœur son bourreau.

 

De vos discours bannissez la licence

Sachez respecter la pudeur.

On ne dit qu’avec indécence

Ce qui est fait aux dépens de l’honneur.

 

Il faut appeler perte et non pas avantage

Tout gain dont notre honneur souffre quelque dommage.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 94

Il décrit la Balme et ses commerces.

Nota que de mon règne à la Balme il s’y trouve de tous les métiers à savoir tailleur, cordonnier, maréchal, boulanger, charron, tisserand, maçons, menuisier, corroyeur, tailleuse de femme, ce qui est pour un endroit très commode comme aussi d’avoir un chirurgien à Salette. Il y a aussi un marchand de clous, de chandelles, fil, chevelière et plusieurs autres choses.

Il y a un bureau de tabac et un receveur pour la douane de Valence ce dont on se passerait bien.

………………………………………………………………………………………………….

Il y a aussi la grotte qui attire beaucoup d’étrangers dans l’année et qui est plutôt dispendieuse pour le curé qu’utile. Cette idée que tous ces étrangers pour l’ordinaire demandent au curé à se rafraîchir et là je ne veux faire autrement que de les recevoir, ce qui occasionne à la vérité de faire des bonnes connaissances pour moi. Je fais exactement politesse à tous ceux qui y viennent, c’est-à-dire à toutes les personnes de distinctions.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 78

Travaux aux portes de Lyon

Nota que de mon temps on a fait le grand chemin qui va à Lyon par la Bresse par la porte St Clair. Auparavant l’on arrivait par le « fauxbourg » de la Croix-Rousse que l’on traversait, ce qui a fait que ce « fauxbourg » n’est plus rien et ce grand chemin a commencé à se faire en l’année 1773 et il s’y bâtit tous les jours des auberges et l’on évite par là cette grande descente qui se trouve en entrant à la ville au sortir de la porte de la Croix Rousse.

 

AD38  La Balme les Grottes   BMS 1742-1792   vue 95

Portrait peu charitable du curé Roux

Ce dernier n’avait pas que des amis ; certains ont laissé un drôle d’éloge funèbre, profitant d’une page blanche dans le registre.

Observation sur les (miasmes ?) du curé Roux

Le curé Roux était un vil pharisien, homme sans mœurs, sans moralité, sans caractère et sans génie. C’était un mauvais sujet qui n’honorait aucune charité. Il était avare et ne respirait qu’après les biens du monde. Il aurait commercé pendant longtemps sur les bénéfices à l’aide d’un frère moine qui avait aussi mauvais sujet que lui et à la nomination duquel étaient plusieurs curés. Le curé Roux par rapport à sa conduite ne s’alliera jamais l’estime des honnêtes gens de sa paroisse. Il était ordinairement qu’avec une société de femmes avec lesquelles il bavardait du matin au soir. On écrira sa conduite scandaleuse à cet égard, rien ne caractérise mieux le curé Roux que ses notes, surtout ses registres. On y voit que mensonge et calomnie c’est un amas de bavardage qui n’a ni sens ni valeur, on ne doit pas être étonné si cet homme méprisable, ce petit avorton de la nature, ne disait jamais rien d’instructif à ses paroissiens. Il ne s’occupait qu’à co…… et à calomnier sur ses registres les personnes qui le méprisaient à juste titre. Enfin ce mauvais sujet a fini sa carrière en 1796. La révolution lui mit la fièvre dans le corps. Il fut mourir après avoir prêté tous les serments qu’on exigeait des prêtres chez son beau-frère Nugue à Charvieu où il expia dans sa maladie une partie de ses fautes puisqu’il resta environ quinze jours à l’agonie.

Note d’un ami de M de Drujon digne petit fils de M de Boulieu

annotation d’une autre main :   Note d’un machiavéliste, surtout ne t’y arrête pas

Pour mieux comprendre les conflits et inimitiés entre le curé Roux et notamment Mr de Boulieu, on peut suivre ce lien :

http://parmilieu.free.fr/histoire/Livre.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

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Armée révolutionnaire

Le 23 août 1793, est décrétée par la Convention la levée en masse. Plus que jamais, la République est en danger, menacée par la conjonction des ennemis du dehors (la coalition des souverains européens) et les ennemis du dedans (les révoltes vendéenne et fédéraliste). Sans oublier les émigrés français qui symbolisent, aux frontières, l’unification de ces deux menaces, internes et externes. Pour parer à la menace d’anéantissement, une chanson même appelée à passer à la postérité, la Marseillaise, ne suffira pas. Une mobilisation d’ampleur s’avère nécessaire. Ce décret de levée en masse est le second. Il devait concerner environ deux millions de soldats, avec la réquisition de tous les hommes de 18 à 25 ans non mariés ou veufs sans enfants. La mobilisation ne s’arrêtait pas à cette catégorie. Les hommes mariés devaient « forger des armes », les femmes fabriquer des tentes et donner des soins dans les hôpitaux, les vieillards enseigner la haine des tyrans. L’idée centrale était celle d’un soulèvement de la nation pour refouler les envahisseurs étrangers.

Un premier décret de levée en masse avait été voté le 23 février 1793. Soit  un mois après l’exécution du roi Louis XVI, qui avait scandalisé les cours européennes. La première coalition se constituait pour éradiquer ce qui était considéré comme un insupportable prurit révolutionnaire et faisait trembler les trônes européens. Il allait être également un des éléments déclencheurs (parmi d’autres) de la révolte de la Vendée. Il concernait 300 000 volontaires.

 

La levée en masse consiste à recruter des hommes de toutes les communes de France. A part l’obligation de prendre en premier lieu les célibataires de 20 à 25 ans, on laisse le choix des moyens, le plus souvent en recourant au tirage au sort et parfois au vote. Le but était de faire face à la baisse subite des effectifs de l’armée révolutionnaire française due aux pertes, aux désertions et, plus largement, aux départs massifs des volontaires levés en 1792 pour la durée d’une campagne, qui estimaient pouvoir rentrer chez eux, l’ennemi ayant été repoussé hors des frontières.

Cette levée eut un effet très favorable aux armées puisque malgré les résistances et désertions le nombre d’hommes sous les drapeaux s’accrut considérablement mais provoqua un fort mécontentement paysan et déclencha le soulèvement de Vendée.

http://blogs.mediapart.fr/blog/francis-daspe

http://fr.wikipedia.org

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Levée en masse

AD38  La Tour du Pin   D1793-1812   vue 29

 réquisition

Nous soussignés des municipalités du canton de La Tour du Pin et des sections de la dite commune déclarons avoir reçu l’ordre du chef-lieu de faire rendre les jeunes gens de la 1ère réquisition le 18 du courant à La Tour du Pin à neuf heures du matin munis de leurs sacs et d’armes autant qu’il sera possible ; et en même temps l’avis que cette municipalité a nommé pour chef provisoire de la réquisition Joseph Sambin et pour second Alexandre Ballet.

Le 16ème Germinal An 2ème de la République une et indivisible

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A l’écart

 

 

AD38  Culin   BMS 1696-1793   vue 375

 

Nota par une suite du grand hiver dernier, nous n’avons eu dans ce pays que très peu de châtaignes, point de noix, quelques fruits, assez bonne récolte en grain et le blé augmentant chaque marché à cause des accaparements, il valait au mois de novembre plus de 9 livres et au commencement de 1790 il revint à 6 livres 12 sols. Le vin valait alors 24 livres la charge. Du 8 juillet eu 7 août 1789, tous les châteaux, monastères, papiers, terriers, à plus de dix lieues à la ronde furent incendiés, pillés, saccagés, sous les faux bruits de permission du roi ou d’ennemis voisins entrés en Dauphiné. Les acteurs de ces tristes scènes étaient les mauvais sujets de chaque paroisse dont on ne put arrêter la fureur que par le supplice de quelques uns des chefs.

Le tableau sous le vocable de St Didier titulaire de la paroisse et de St Clair, copatron a été placé deux heures après midi le 30 octobre 1789 par les soins et les demandes réitérées du curé soussigné. Il fut peint à Vienne par le Sr Jayet. Les plus anciens n’avaient jamais ouï parler d’aucun tableau dans cette église, surtout au grand autel.

 

Curé Jacquemard

 

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Témoignage

 

 

AD38  Culin   BMS 1696-1793   vue 375

 

Nota par une suite du grand hiver dernier, nous n’avons eu dans ce pays que très peu de châtaignes, point de noix, quelques fruits, assez bonne récolte en grain et le blé augmentant chaque marché à cause des accaparements, il valait au mois de novembre plus de 9 livres et au commencement de 1790 il revint à 6 livres 12 sols. Le vin valait alors 24 livres la charge. Du 8 juillet eu 7 août 1789, tous les châteaux, monastères, papiers, terriers, à plus de dix lieues à la ronde furent incendiés, pillés, saccagés, sous les faux bruits de permission du roi ou d’ennemis voisins entrés en Dauphiné. Les acteurs de ces tristes scènes étaient les mauvais sujets de chaque paroisse dont on ne put arrêter la fureur que par le supplice de quelques uns, des chefs.

Le tableau sous le vocable de St Didier titulaire de la paroisse et de St Clair, copatron a été placé deux heures après midi le 30 octobre 1789 par les soins et les demandes réitérées du curé soussigné. Il fut peint à Vienne par le Sr Jayet. Les plus anciens n’avaient jamais ouï parler d’aucun tableau dans cette église, surtout au grand autel.

 

Curé Jacquemard

 

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médecines naturelles

http://www.archives-numerisees.ain.fr/m/documents/view/37/n:50

 

 Les bonnes recettes d’un curé

Carnet de recettes du curé de Mollon, fin du 18è siècle – 200 J 394

 

Les Archives départementales ont fait tout récemment l’acquisition d’un carnet de recettes en tous genres : recettes médicinales, recettes de cuisine et recettes pratiques. Ce recueil manuscrit de 150 pages a été écrit par Léonard Burjoud, curé de la paroisse de Mollon (actuelle commune de Villieu-Loyes-Mollon), durant son exil à Waldbourg en Souabe, près du Lac de Constance.

Léonard Burjoud était titulaire de la cure de la paroisse Saint-Laurent de Mollon depuis le mois de février 1774. Les événements révolutionnaires l’ont contraint à prendre parti. Il s’est résigné à rester fidèle à sa foi ainsi qu’il l’écrit le 1er juin 1791 au district de Montluel pour demander que l’on raye son nom de la liste des prêtres jureurs : « je suis un des citoyens les plus soumis aux lois de ma patrie que j’aime, et à laquelle je suis inviolablement attaché ; mais en même temps, je confesse que je suis aussi très sincèrement attaché à la religion de mes Pères, c’est-à-dire à la Sainte Eglise catholique apostolique et romaine, que je me soumets de préférence à ses lois lorsqu’elles sont contrariées par celles des puissances temporelles. »

 

Plantes propres pour purifier le sang

Les deux espèces de scabieuses, la langue de loup, le verbascum ou bouillon blanc, la chicorée amère, surtout la racine, la primevère ou camedris ; faire une tisane de ces simples mélangées et en boire pendant huit ou quinze jours un verre une heure avant chaque repas. On peut y joindre la brunelle, la saponaire, la capucine, germandrée, iris de Florence, quintefeuille, la grande serpentaire, la véronique, sainfoin, le myrte, graines de navet.

 Pour éteindre le feu du ciel, versez dessus du lait de vache.

 Petite vérole : pour l’empêcher de rentrer

Mettez un fer percé, par exemple le fer d’une hache dont vous aurez ôté le manche, mettez-le, dis-je, sous la garde-paille du malade.

Pour guérir une inflammation extérieure, par exemple près des yeux

Mettez le blanc d’un œuf frais sur une assiette d’étain ; broyez-le ensuite avec une pierre d’alun de la grosseur du bout d’un petit doigt ; appliquez de suite l’emplâtre sur la partie enflammée.

 Yeux :

Remède éprouvé et efficace pour éclaircir la vue lorsqu’elle commence à s’affaiblir ou qu’une toile se forme sur les yeux.

Mettez une araignée vivante de la grosseur d’un petit pois dans la quantité de 2 ou 3 cuillerées d’huile d’olive superfine de l’espèce dont se servent les horlogers, laissez la mourir dans cette huile ; elle s’agite un moment, elle meurt, alors retirez la tout de suite ; trempez une plume dans la dite huile, faites en tomber une goute dans l’oeil affaibli, ou dans chaque oeil, s’ils sont tous les deux troublés. L’infirme souffrira des douleurs inexprimables pendant 5 à 6 minutes ; mais bientôt après, elles s’apaiseront entièrement et sa vue s’éclaircira presque subitement.

N.B. pendant les douleurs, il découle des yeux beaucoup d’humeurs qui font éternuer l’infirme, lequel doit s’empêcher cependant d’éternuer autant qu’il est possible. On peut réitérer le remède pendant trois jours, ce une fois chaque jour jusqu’à ce

que la vue soit parfaitement rétablie. Si la personne qui a la vue trouble est jeune ou enfant, il ne faut pas laisser tout à fait mourir l’araignée dans l’huile, mais la retirer après qu’elle s’est un peu agitée. On peut ensuite conserver cette huile dans une fiole bien bouchée.

Si un cheval par exemple a les yeux troubles, il faut faire mourir dans l’huile une grosse araignée mais 3 ou 4 personnes sont nécessaires pour contenir le cheval quoiqu’attaché et celle qui doit faire l’opération monte sur le cheval pour lui passer la plume imbibée d’huile dans les yeux en lui tenant la bouche levée le plus qu’il est possible. Le cheval fait alors des efforts terribles mais il recouvre la vue. Il faut réitérer l’opération 3 jours de suite s’il est nécessaire.

 Brûlure : pour la guérir

Suivant la largeur de la plaie, râpez une quantité suffisante de pommes de terre ; imbibez-les d’huile d’olive et appliquez-les à nu sur la brûlure. Dès que l’emplâtre commence à sécher, il faut en mettre un autre et ainsi de suite jusqu’à parfaite guérison.

 Douleurs ou points vagues de côté ou ailleurs

Même sur une femme enceinte, râpez une pleine assiette de pommes de terre, imbibez-les d’huile d’olive et appliquez-les ensuite tant soit peu chaudes sur le point ou la douleur ; renouvelez aussi l’emplâtre dès qu’il sera sec jusqu’à la fin de guérison. Si après l’application la douleur se faisait sentir ailleurs, il faudrait y appliquer une assiette de terre chaude.

NB : il faut mettre les pommes de terre râpées et imbibées d’huile dans un sac ou entre deux linges.

 Cors aux pieds

Prenez un morceau d’amadou, mettez-y le feu et brulez tout doucement le cor sans toucher les chairs aux environs ; brûlez le dit cor jusqu’à ce que la douleur parvienne à la racine ; recommencez le lendemain ; le cor jaunira et vous l’arracherez peu à peu.

 

 

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Divorce

AD38  Meyrieu les Etangs   M 1793-1830   vue 12

 

La toute récente loi autorisant le divorce a entraîné de nombreuses demandes.


Ce jourd’hui vingt-septième vendémiaire de l’an trois de la république française une indivisible et démocratique au lieu de Meyrieu sur les trois heures après midi dans la maison commune par devant moi Louis Dutruc officier public a comparu la citoyenne Marie Jaillet domiciliée à St Quentin depuis environ deux ans, laquelle a dit qu’elle ne pouvait supporter les mauvaises humeurs de Joseph Villion son mari avec lequel il lui était impossible d’habiter avec lui. Elle désire profiter du bénéfice de la loi du quatre floréal dernier qui accorde le droit de divorcer après six mois de non habitation entre les conjoints et pour cet effet il n’était nécessaire que d’avoir un certificat du conseil général de la commune de Meyrieu qui établit cette non habitation pour faire prononcer le divorce entre elle et son mari et que l’ayant obtenu le vingt-trois du présent mois, qu’elle m’a tout présentement remis, elle demande qu’en conséquence j’ai à prononcer la dissolution de son mariage avec le dit Villion et acte de sa remission du dit certificat et n’a signé pour ne savoir, enquise et requise à la forme de la loi.

Je Louis Dutruc officier public ……

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Compléments d’information

L’anée :               Mesure de futaille (tonneaux de bois)

                            Anée du Mâconnais = 300 litres

                            Anée de l’Isère = entre 72 et 76 litres

                            Anée du Rhône = 93 litres

 

Une hommée :Terme rural. Quantité qu’un homme peut labourer en un jour ; travail d’une journée.

 

 

Venir à jubé : se soumettre

 

Nolo judicare quemquam : je ne veux juger personne

 

Utilisée pour certaines cérémonies, en particulier les processions, la chape est une sorte de grande cape sans manches, fermée devant par une agrafe, souvent décorée de broderies et d’incrustations.

Le rochet a presque la même forme que l’aube : mêmes manches, même corps mais s’arrêtant à la hauteur des genoux. L’extrémité des manches est généralement ornée de dentelles laissant apparaître une étoffe de la couleur des manches de la soutane : noire, violette, cramoisie ou rouge.

Une prébende désigne un revenu strictement attaché à un canonicat, charge ecclésiastique du chanoine. Par extension, le terme s’est peu à peu appliqué à tout revenu découlant d’une charge ou fonction rémunérée de façon forfaitaire. Le terme de prébendier, ou bénéficiaire d’une prébende, peut également désigner un ecclésiastique servant au-dessous du chanoine.

Un obit est un service fondé pour le repos de l’âme d’un mort. Par extension, c’est aussi ce que rapporte ce service.

 

Pour  avoir plus de renseignements sur le suicide de l’évêque de Grenoble, Hay de Bonteville, on peut consulter « Les mystères du Dauphiné » de Claude Muller pages 150 et suivantes.

http://books.google.fr

 

Riverieulx de la Ferrandière :

  • Charles (1669-1748), conseiller du roi en la sénéchaussée et siège présidial (tribunal de justice) de Lyon, meurt au château;
  • Claude (1701-1790), neveu du précédent, prévôt des marchands, épouse en 1731 Hélène Morel;
  • Claude Antoine (1733-1794), fils des précédents, banquier, épouse en 1779 Claudine Bertholon; il meurt victime de la Révolution;

 

Marie-Aimé Guillin-Dumontet au château de Poleymieux :

http://www.cerpi-officiel.be/Lieux/lieux-hantes-du-rhone.html

 

En1790, l’Assemblée voulut que cette première commémoration du 14 juillet 1789 soit la fête de la réconciliation et de l’unité de tous les Français. L’Assemblée s’inspira des fêtes civiques spontanées organisées çà et là dans les départements.

Fête de la Fédération de Lyon, le 30 mai 1790

Le 30 mai 1790, la municipalité de Lyon organise une grande fête civique : les 28 bataillons de la garde nationale de Lyon et des délégations des départements voisins défilent et s’assemblent dans le « Grand-Camp », à l’extérieur de la ville dans la plaine des Brotteaux, où l’on a construit pour l’occasion un temple de la Concorde et un rocher surmonté par une statue de la liberté portant d’une main une pique surmontée du bonnet phrygien et de l’autre une branche d’olivier. Un vaste public est spectateur. Une messe est célébrée par le curé de la paroisse Saint-Georges, l’abbé Benoît-Nizier Servier. Un serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi est prononcé.

 

 

Les muscadins

Le terme de muscadin a longtemps désigné les commis de magasin lyonnais.

1789 fut marquée à Lyon par des émeutes contre les octrois. Pour les réprimer, le premier échevin Jacques Imbert-Colomès, qui dirigeait le Consulat en l’absence du Prévôt Tolozan de Monfort, fit appel à la troupe de ligne. Il ressentit également le besoin de former une milice à sa main dans laquelle il invita à s’enrôler les « bons citoyens », sous entendu les fils de familles nobles ou bourgeoises. Pour abonder cette troupe qui sans cela n’aurait peut être pas été assez nombreuse, on y recruta également ceux qui étaient les fidèles serviteurs de la plupart des grandes familles lyonnaises : les commis. Ce que voyant, le peuple de Lyon fit passer le sobriquet de muscadin sur les épaules de l’ensemble de cette nouvelle troupe.

http://lespetitslyonnais.hautetfort.com/archive/2011/08/07/le-siege-de-lyon.html

http://muscadins.com/muscadin.htm

 

Histoire de Villeurbanne :   http://www.viva-interactif.com

 

 

 

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1788 à Villeurbanne

AD69   Villeurbanne   BMS 1788   vues 17 à 19

 

La récolte de grains a été très médiocre à cause de l’hiver qui a été trop pluvieux et qui a pourri le grain. Il y eut peu de froid. Celle en vin a été fort abondante et de très bonne qualité. Le prix de l’anée est de dix, douze et quinze. Celle du bled est de 36, 38, 40.

 

Il y a eu cette année dans le royaume de grandes révolutions. Mr de Calonne, contrôleur général des finances pendant les cinq ou six ans de gestion, avait achevé de ruiner la France. Ne sachant comment se procurer de l’argent, il a demandé au roi la convocation des notables de son royaume. Mr Tolozan, commandant de Lyon, a été le député de la ville. Cette respectable assemblée s’est passée en beaux compliments et en beaux discours. Le seul bien  qu’elle a opéré est la disgrâce de Mr de Calonne et la convocation des Etats Généraux qu’elle a demandée.

Le roi a donné sa place à Mr de Brienne, archevêque de Toulouse et puis de Sens et l’a nommé son principal ministre. Les sceaux ont été donnés à Mr Delamoignon, avocat général au parlement de Paris. Ces deux ministres qui s’entendaient comme deux larrons en foire, ont bouleversé toute la France. Ne pouvant obtenir des parlements l’enregistrement nécessaire à leurs édits, ils ont voulu les détruire et les remplacer par des grands baillages. Ils ont fait enregistrer militairement l’édit portant création des grands baillages, ce qui a occasionné plusieurs émeutes dans les villes de parlement, entre autres à Grenoble.

Le 8 mai, le peuple de la ville et de la campagne s’est réuni, est allé chez Mr Clermont-Tonnerre, menaçant de lui couper le col s’il exécutait les ordres et n’a pas voulu laisser sortir les membres exilés qui se sont rendus cependant quelques jours après dans leurs terres. On accablait les troupes à coups de pierre. Il y a eu quelques personnes de blessées de part et d’autre. Mr De Vaux qui a fait la conquête de la Corse a été envoyé pour apaiser les troubles. Sa présence a tout pacifié. Il est mort quelques jours après à 78 ans.

Enfin le roi a renvoyé ses deux ministres au souhait général de toute la nation qui a demandé Mr Necker cet homme universel qui avait déjà été contrôleur général mais qui n’avait pu tenir parce qu’il aimait trop à faire le bien. Autant il a été applaudi et regardé comme un vrai restaurateur, autant les deux autres ont été bafoués. Le peuple les a brûlés en effigie en différents endroits. On ne savait assez sa joie de leur disgrâce.

Beaucoup de petites villes avaient accepté de grands baillages, Valence, Lyon, surtout parce qu’il est indigne qu’on soit obligé d’aller plaider à 100 lieues mais ils ne seront pas à s’en repentir. Nombre de parlements trouveront bien des occasions pour les mortifier.

Tous les parlements sont rentrés dans le courant de septembre, quelques uns plus tard. Le peuple leur a fait beaucoup de fêtes jusqu’à illuminer.

La province a obtenu un arrêt pour la convocation des Etats. Chaque communauté du baillage de Vienne a nommé un député qui s’est rendu à Bourgoin le dernier dimanche de novembre pour nommer les députés de l’assemblée qui s’est tenue à Romans. La noblesse s’est rendue à Vienne pour nommer les siens et le clergé pareillement, un par chaque archiprêtre. Le curé de Villeurbanne, comme seul des suburbes, s’est rendu à Vienne et a voté avec les autres sur les observations que Mres les grands vicaires ont voulu faire. Mrs le curés, ses chers confrères, ont pris la parole d’après les bonnes raisons que le Père Dechastelin donnait et ont décrété qu’il paraîtrait à toutes les assemblées jusqu’à ce que les Etats en aient décidé autrement. Le 20 décembre, il a fallu se rendre de nouveau à Vienne pour nommer des nouveaux députés, le même nombre que la 1ère fois, 144 sur tout 288, moitié du Tiers-Etat. Tous ces députés devaient se trouver à Romans le 29 pour nommer tous ensemble les députés aux Etats généraux. On a nommé 12 pour le Tiers-Etat, 8 pour la noblesse et 4 pour le clergé ! Les pauvres curés ont eu beau faire, ils n’ont pas pu en avoir un. Monsieur l’archevêque de Vienne, deux chanoines, grands vicaires de Vienne, Dolomieu et St Albin, doyen de St Maurice et un autre chanoine, ce qui prouve qu’ils ont beaucoup brigué. Je ne sais comment on a pu nommer des êtres aussi inutiles que ceux-là. Mais d’après les lettres de convocation, on croit que toutes ces nominations n’auront pas lieu et qu’on se rassemblera de nouveau. C’est le vœu général.

L’évêque de Grenoble a été trouvé mort dans son palais d’un coup de fusil qu’il s’est, dit-on, tiré lui-même. On avait découvert sa correspondance avec Mr de Brienne, le principal ministre. On a bien voulu chercher à pallier sa mort. Quoi qu’il en soit, c’est un grand scandale pour la religion.

L’archevêque de Lyon, Malvin de Montazet, est mort à Paris dans son abbaye de St Victor dans le mois de mai, âgé de 77 ans. C’était un prélat rempli de lumières, mais plus encore de politique. Il n’a pas été beaucoup regretté de Lyon où il avait fait beaucoup de changements, surtout dans les séminaires. On ne le voyait que 3 à 4 fois dans l’année dans son diocèse. Mr de Marbeuf, évêque d’Autun, comte de Lyon, lui a succédé. Nous n’avons eu encore le bonheur de le posséder tant le diocèse a applaudi avec juste raison en apprenant sa promotion. La feuille des bénéfices qu’il a depuis longtemps qu’il est aimé à la cour, qu’il est riche et par conséquent qu’il fera beaucoup de bien à la ville de Lyon qui éprouve de grandes misères, à cause de la cessation du travail.

Il y a eu une visite dans cette paroisse de Mrs de Sarept suffragant et de Castillon grand vicaire dans le mois de juin relativement à la difficulté entre les habitants et le curé qui ne veut pas que l’on enterre dans la partie qui est au nord de l’église parce que c’est devant la cure et que d’ailleurs c’est le passage pour aller à l’église. Il observe aux habitants que le cimetière est trop petit pour la paroisse qui s’agrandit tous les jours, qu’il serait à propos de le transporter ailleurs. Le curé leur donne la terre de l’inviolata si cela leur fait plaisir. Mais la visite de Mr l’évêque a tout pacifié parce que le curé a donné à ses habitants plus qu’ils ne demandaient. On est demeuré d’accord dans le procès verbal que le curé prendrait cette petite portion de terrain qui est au nord de l’église et qui touche son petit jardin et qu’en place il céderait tout son petit jardin qui est au midi de l’église pour l’agrandissement du cimetière, ce qui fait trois fois plus de terrain et que les habitants feraient à leurs frais un mur de clôture à prendre depuis l’angle de l’église jusqu’au chemin. Tout le monde s’est retiré en paix. Mais tout cela n’est pas encore exécuté ni près de l’être. Les choses sont dans le même état et, selon toute apparence, y resteront longtemps. L’agrandissement de l’église a aussi été arrêté mais on n’en parle plus quoique ce soit une chose indispensable.

 

Ora pro rectore

 

Curé Dechastelin

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