Vers 1700 en Mayenne

 

 

AD53  Courbeveille  BMS 1705-1717   vues 6 à 9

 Le 30 décembre 1705 il arriva une tempête de vent si furieuse et si véhémente que les plus anciens n’en avaient jamais vu une pareille ni pas même entendu parler; elle commença sur 3 à 4 heures du matin et dura jusqu’à 7 ou 8 heures du matin ; tout le monde fut dans une grande consternation qu’on crut que tous les édifices seraient abattus et renversés comme il y avait plusieurs en effet, il y eut six chevronnières de dessus la grange du presbytère emportées et jetées par terre, plusieurs aussi couvertures  emportées ; rien ne fut exempt de cet ouragan et autant qu’on a appris, il fut universel. Hors de la province d’Anjou on ne se plaignait pas et au-delà de la rivière de Laval, il fut plus modéré.

++ et tout le monde a cru qu’il y eut un tremblement de terre ; tout le plombier du clocher et toute la croix et le fer qui y était furent brisés et tomba sur l’église du côté du cimetière et y fit une grande ouverture et la croix de fer et le coq furent emportés jusque sur le bord des douves du château, au bout du cimetière, il y eut de ……. arbres fruitiers, chênes et châtaigniers en si grand nombre partout et la perte fut si considérable que MMres de …….. de Laval envoyèrent dans toutes ces paroisses des ordres pour en dresser des mémoires, ce qui se fit avec tous les habitants et tout examiné la perte qu’en porta cette paroisse ; cette part se monta à plus de deux mille livres ; en mai le jour de fête de la Purification de la Ste Vierge, à l’heure de la grande messe, il arriva aussi un ouragan qui dura 2 heures et avait causé aussi des pertes fort considérables mais ce dernier excéda de beaucoup et à Quelaines il coupa le clocher de l’église qui était fort haut à ras du corps de l’église et emporta une des cloches du clocher et la jeta par terre sans qu’elle se cassât ; j’ai cru devoir ne pas omettre ce fait pour que toute la postérité connaisse la force et la violence de cette tempête qui causa la mort à plusieurs personnes et entre autres à Astillé il y eut un homme qui fut tué qui, allant quérir des branches d’arbres que le vent avait brisées, au même instant le vent en coupa une et la jeta sur cet homme avec une si grande impétuosité qu’il fut tué. En l’an 1705, l’année fut abondante en graines et parfaitement bonne. Je n’ai eu pour ma part de la grosse dîme 22 charges 5 boisseaux de « bon mettay » et de blé pur pour ma part douze charges six boisseaux et de carabin avait pour ma part 9 charges non compris …………………………

Cette année 1706 a été fort extraordinairement chaude

Malgré l’abondance des récoltes, les prix chutèrent :

Le boisseau diminua de prix aussi bien que toutes choses qui sont à vil prix à cause de la rareté de l’argent, le commerce étant interrompu presque à Loignié ( ?) à cause des guerres qu’on a pour établir Philippe V roi d’Espagne qui ont élevé toute l’Europe contre la France.

 Dans cette année il y a eu une grande mortalité par la dysenterie qui commença sur la fin de l’autre année et continua jusqu’à février et mars 1708 ; il y a eu des maisons où toutes les personnes père et mère et enfants en moururent ; dans le village de la Chappinière il en est mort neuf ; on pourra voir sur les registres combien il en est mort sans compter un grand nombre d’enfants qui n’y ont point été écrits pour cette année 1708………………………

Le samedi de cette dite année il arriva une chose que les anciens disent n’avoir point vue qui était le 27 octobre (la vigile Ste …… et Jude) il tomba beaucoup de neige qui en tombant de là sur les arbres qui étaient encore tout pleins de feuilles, ce qui fit qu’étant surchargés il y en eut bien de brisés et il y a eu très peu de fruits et peu de vin fort mauvais et fort chers.

J’avais omis de marquer que dans l’an 1707 il fit une chaleur si grande pendant 2 ou 3 jours au temps des faucheries de foin que non seulement des personnes en moururent mais même des bêtes ……………….

 

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Baignade décente

Archives départementales du Rhône

Lettre à Mr le Maire de La Guillotière caleçon

27/7/1830

La chaleur qui s’est manifestée depuis quelques jours a rendu nécessaire une plus grande surveillance pour empêcher les gens de se baigner et de se montrer nus sur les quais et sur les ponts. Je vous invite à donner aux commissaires de police de votre commune les instructions nécessaires et à leur recommander de veiller à ce que toutes les personnes qui se baignent soient pourvues de caleçons. Il paraît que cette mesure n’est pas suivie par le propriétaire des bains couverts situés en aval du pont Morand du côté des Brotteaux ; une foule d’individus se montrent nus hors de ces bains, de chaque côté et même jusqu’à l’entrée du pont. Plusieurs personnes se sont plaintes à ce sujet et je ne saurais trop appeler votre attention sur cet abus qui ne saurait au reste qu’être fort préjudiciable à votre commune, puisque, dit-on, plusieurs personnes annonçaient hier hautement qu’elles se verraient forcées de ne plus franchir le pont Morand pour soustraire leur femme et leurs enfants à un pareil scandale.

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Hiver 1709 en Brionnais

AD71  Colombier en Brionnais  1703-1743    vue 13

 Dans l’année 1709, le fort de l’hiver se prit la veille des rois par une rigoureuse bise et par une forte gelée qui dura le reste du mois et davantage. Le froid fut si terrible et si cruel que les noyers, les châtaigniers, les cerisiers et quantité d’autres arbres moururent ; mais le plus grand mal fut que les froments et les seigles gelèrent en terre et se perdirent entièrement, ce qui causa une chère année qui n’a guère eu de semblable car la famine fut si grande que l’on fut contraint de manger pendant longtemps du pain de fougère et de gland, et que la cinquième partie du peuple mourut de faim, surtout les petits enfants.

Enfin, l’on ne peut se ressouvenir d’un si triste temps que les cheveux n’en hérissent, surtout quand l’on se remet devant les yeux, comme la faim avait défiguré le visage des pauvres qui étaient hideux et épouvantables à voir, qui jetaient sans cesse des cris dignes de compassion, et qui tombaient souvent morts par les chemins.

Dans la paroisse de Colombier qui est de 200 communiants tout au plus, on y fit depuis Pâques jusqu’à la St Martin 72 enterrements, les deux tiers de petits enfants.

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Le climat, le vin et les cabaretiers

AD38 Anjou BMS 1745-1792 vue 152

 Cette année promettait en mars et avril la plus abondante récolte de blé, noix, vin et fruits ; mais les blés ont diminué peu à peu jusqu’à la moisson. La gelée a gâté les noix, les noyers et les fruits dans le courant d’avril. Il y a eu un tiers de blé moins que l’année dernière ; bien peu de fruits et mauvais. Les noix ont valu 40 sols le quart qui en grande partie étaient gâtées. Les vignes n’ont produit qu’à moitié de ce qu’elles promettaient ; la rouille, nommée vulgairement le …….. a presque tout brûlé dans les hauteurs surtout. Grâces à Dieu nous n’avons pas été maltraités de la grêle ; mais nous, Agnin, Sonnay et Terrebasse exceptés, tous nos voisins et les environs à 12 lieues la ronde ; oui le Dauphiné, Forez et Vivarais, Lyonnais et Beaujolais ont été presque tous ravagés et tellement ravagés que de mémoire d’homme on n’avait pas encore vu une calamité si générale,

En conséquence de ces mals et de l’exportation de nos blés en Provence, le quart a toujours valu 3 livres 15 sols – 4 livres ….., le vin s’est vendu tout l’été 24 l – 30 l et dans le courant d’août jusqu’aux vendanges 32 l 10 s au moins au château et aux cabarets 8 l et 10 sols jusqu’à la Toussaint qu’il s’est payé 15 l, en décembre et janvier 13 l mais les cabaretiers n’en ont voulu donner que 12 et l’ont vendu jusqu’à présent 30 janvier 1769 cinq sous le pot, c’est-à dire à raison de 20 livres la charge, ils gagnent par conséquent 8 livres par charge … quel gain ! Disons mieux, quelle … ou plutôt taisons-nous ; au moins si quelqu’un des préposés pour le bon ordre ou la police parlait, agissait conformément à son ministère, patience ; mais personne ne dit mot. Mon Dieu, quel ordre, ou plutôt, quel désordre ou quelque chose de bien plus fort ? …..

Les pluies ont été presque continuelles pendant la plus grande partie de l’été et l’automne, aussi les inondations ont-elles dévasté énormément nos champs et dans bien d’autres endroits, le Forez et le Vivarais surtout.

 Levet, curé

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L’année 1719 à St Jean de Bournay

AD38 St Jean de Bournay BMS 1713-1725 vue 141

L’année 1719

Nota que cette année 1719 il y eut dans ce pays et aux environs une si grande quantité de vin qu’il s’est donné à la récolte pour 50 sols la charge et même à moindre prix mais un bataillon d’un régiment d’artillerie et dont un nommé Mr de Frade était commandant, étant venu passer une partie du quartier d’hiver, le firent augmenter jusqu’à six livres.

Le froment était fort cher à cause du peu de récolte et de la grande sécheresse dans tout le royaume. Le froment vaut cinq livres et dix sols le bichet et le seigle quatre livres dix sols. Toutes les autres choses sont d’une cherté horrible en sorte qu’un Å“uf vaut un sol et le fromage dix sols.

Jamais on n’avait vu un dérèglement dans les affaires d’état et de saison plus grand. L’argent a valu six livres l’écu ou pour me faire mieux entendre cinquante livres le marc* mais on était continuellement à fondre et à refondre augmentant l’argent neuf et diminuant le vieux bien qu’il pesât davantage.

 * Le marc était une monnaie d’argent.

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la comète

AD38 Aoste BMS 1669-1692 vue 90

Sur la fin du mois de décembre apparut une comète dont la queue était prodigieusement longue, ses rayons étaient de la couleur de la lune, la queue tendue au matin et faisant chemin au couchant. Il ne s’est jamais vu comète si longue.

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Crue du Suran

Bohas est un village du Revermont, au sud-est de Bourg en Bresse.

 

Référence : AD01  Bohas  vue 22  BMS 1652-1668

 

Crue

 

Le neuvième septembre 1657 les eaux ont été si grandes que Suran a passé par-dessus le pont et emmena presque la moitié de la moitié tout à fait de celui de Châtillonnet et la moitié de Planche de Moinans et Larerd et du pont de Fromente ce qu’en somme vivant n’a jamais vu.

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