Une abjuration dans les règles

AD71  Cuiseaux  BMS 1750-1759   vue 69

 

Je David Casimir de Kuhlevein capitaine des grenadiers à cheval dans le corps de Ficher, noble palatin de nation, confesse devant la très sainte trinité, toute la cour céleste et les témoins ici présents, que je me repens de tout mon cœur d’avoir adhéré et suivi les erreurs et les hérésies de Martin Luther auxquelles je renonce entièrement : jurant sur les Saintes Ecritures et promettant de les avoir pendant toute ma vie en horreur et en exécration, moyennant la grâce de Dieu, et de n’avoir jamais autre croyance que celle dont je vais publiquement faire et renouveler profession à la face de la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine dans la collégiale de Cuiseaux.

Je crois et confesse avec une ferme foi tout et un chacun les articles des symboles des apôtres : j’admets et j’embrasse avec toute fermeté les traditions des apôtres et de l’église ensemble, toutes les observations, usages et ordonnances d’icelle. Je reçois la sainte écriture selon le sens et l’intelligence qu’a toujours tenu et tient notre sainte mère l’église, à laquelle appartient le jugement et l’interprétation des écritures sacrées et jamais ne la prendrai ni exposerai que selon le commun consentement des pères : … je confesse qu’il y a sept sacrements dans l’église, lesquels sont véritablement appelés sacrements de la nouvelle loi, institués par notre seigneur Jésus Christ. Savoir le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’extrême onction, l’ordre et le mariage …

Je reçois aussi et admets les cérémonies approuvées et usitées en l’administration des dits sacrements : … Je professe qu’en la sainte messe on offre à Dieu un sacrifice véritable qui est propitiatoire pour les vivants et les morts, et qu’au sacrement de l’eucharistie sont vraiment, réellement et substantiellement le corps et le sang avec l’âme et la divinité de notre sauveur Jésus Christ et qu’en icelui est faite une conversion de toute la substance du pain au corps et de toute la substance du vin au sang, laquelle conversion l’église catholique appelle transsubstantiation : … Je confesse aussi que sous l’une des espèces, on prend et reçoit Jésus Christ tout entier et son vrai sacrement : … Je crois qu’il y a un purgatoire où les âmes détenues peuvent être soulagées par les suffrages et bonnes Å“uvres des fidèles ; qu’on doit invoquer les saints et honorer leurs reliques et leurs images : … Je confesse que notre seigneur a laissé à son église la puissance d’absoudre des péchés pour énormes qu’ils puissent être et de donner des indulgences dont l’usage est très salutaire au peuple chrétien : … Je reconnais la sainte église catholique, apostolique et romaine être la maîtresse et la mère de toutes les églises et promets et jure obéissance au pontife romain successeur de St Pierre, prince des apôtres et vicaire de Jésus Christ : … Je fais profession de tout ce qui a été déterminé par les conciles généraux et principalement par le saint concile de Trente touchant le péché originel et la justification ; ensemble je déteste et réprouve et condamne tout ce qui est contraire aux dits saints conciles et généralement toutes les hérésies qui ont été condamnées par l’église : … Je proteste devant Dieu qui est ici présent que je veux vivre et mourir dans la foi que j’embrasse moyennant la grâce de Dieu dont je réclame la miséricorde, et que j’espère avec foi obtenir par les prières et suffrages de tous les saints que j’invoque et de tous les fidèles présents à l’abjuration que je fais : Ainsi et de même, moi David Casimir de Külhevein susdit le promets, le voue et le jure et ainsi Dieu me veuille aider et les saintes écritures que je touche – en foi de quoi je signe ce jourd’hui douzième de mars mil sept cent cinquante huit, jour du saint dimanche sur les dix heures du matin à l’entrée de la grande messe de paroisse à la face de la sainte trinité, de toute la cour céleste et de tous les fidèles ici présents, la présente profession de foi et abjuration que j’approuve et ratifie de tout mon cÅ“ur quoique par autre main  soit le rite que je demande être insérée et transcrite sur les registres de l’église collégiale et paroissiale St Thomas du dit Cuiseaux et être approuvée par Monseigneur l’illustrissime et révérendissime Joseph de Méallet de Fargues, évêque du diocèse de St Claude, que dès ce moment par sa grâce j’adopte et reçois pour le mien, et de même être souscrite et signée par les mains de Sr Jean Baptiste Coste, docteur en théologie custode, et de Sr Jean Pierre Guiraudet aussi docteur en théologie et chanoine de la dite collégiale que je requiers pour témoin de la présente sur laquelle j’appose de ma propre main mes armes.

Posted in Religion | Tagged , | Commentaires fermés sur Une abjuration dans les règles

La révocation de l’édit de Nantes

Dragonnades et abjurations

dragonnadeDans les provinces, les intendants recourent à des manières brutales comme d’enlever des enfants pour les baptiser en dépit de leurs parents. Certains imaginent aussi de loger des dragons de l’armée chez les adeptes de la «Religion Prétendue Réformée». Ces «missionnaires bottés» se comportent comme en pays conquis, n’ayant pas scrupule à piller, violer et parfois tuer leurs hôtes. Par le fait de ces «dragonnades», les conversions forcées se multiplient.

Sur la foi de rapports optimistes, le Roi-Soleil en vient à croire que la religion réformée n’est plus pratiquée dans le royaume. Il considère donc que la tolérance instituée par Henri IV n’a plus lieu d’être et révoque l’édit de Nantes.

Avec l’Édit de Fontainebleau, le roi interdit la pratique du culte protestant, ordonne la démolition des temples et des écoles, oblige à baptiser dans la foi catholique tous les enfants à naître, ordonne aux pasteurs de quitter la France mais interdit cependant aux simples fidèles d’en faire autant, sous peine de galères.

L’opinion catholique, y compris les plus illustres écrivains de l’époque applaudit à la mesure. Dans l’entourage du roi, il n’y a guère que Vauban qui s’y oppose avec une honnête et courageuse lucidité.

 

719688685Très vite, le roi peut mesurer l’étendue de son erreur. Des foyers de résistance se forment. Les dragonnades doivent reprendre. Dans les Cévennes (Lozère et nord du Gard), la révolte des Camisards éclate en 1702.

Sans attendre la publication de l’édit de Fontainebleau et malgré l’interdiction qui leur est faite de s’enfuir, près de 300.000 «religionnaires» quittent la France pour des refuges tels que Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap en Afrique du Sud.

Ces exilés issus de la bourgeoisie laborieuse vont faire la fortune de leur pays d’accueil et leur départ va appauvrir la France en la privant de nombreux talents. Ils vont aussi nourrir à l’extérieur les ressentiments contre la France et son monarque.

 

http://www.herodote.net/18_octobre_1685-evenement-16851018.php

 

 

Posted in Divers | Tagged , | Commentaires fermés sur La révocation de l’édit de Nantes

Texte d’une abjuration

 

Les conversions forcées perdurent encore longtemps après la promulgation de l’édit de Fontainebleau par Louis XIV et exigent parfois de très longues et très précises déclarations :

 

 

AD71  Vaudebarrier  1747-1791   vue 53

 

Je Henriette Anne Develay, majeure et fille de Gabriel Develay, avocat et conseiller de la ville d’Yverdon et de Suzanne Elisabeth Jaccoud de Payerne, née en la dite ville d’Yverdon en Suisse, canton de Berne, demeurant à présent dans la ville de Charolles au diocèse d’Autun, en la présence de dieu et par sa sainte grâce ; renonce de tout mon cœur à l’hérésie de la religion prétendument réformée et à toutes les autres hérésies que j’abhorre et déteste autant qu’il m’est possible ; et je déclare que j’embrasse aujourd’hui la foi de l’église catholique, apostolique et romaine de laquelle je veux faire profession toute ma vie et dans laquelle je veux croire fermement tout ce que croit la dite église catholique, apostolique et romaine.

Je reçois tous les livres de la sainte écriture que cette même église reçoit selon le sens et intelligence qu’a tenu et tient la dite église à laquelle appartient de juger du véritable sens des écritures saintes.

Je reçois aussi et embrasse les traditions apostoliques et ecclésiastiques et autres obsservations et constitutions de la même église.

Je crois tout ce qui est contenu dans le symbole des apôtres que cette même église propose à tous ses enfants. Je crois aussi tous les points de foi qui sont contenus dans les conciles généraux approuvés par le Saint-Siège et en particulier tout ce qui a été défini en matière de foi par le saint concile de Trente.

Et pour opposer aux mensonges de l’hérésie les vérités de l’église catholique contre lesquelles les auteurs de la religion prétendue réformée se sont plus ouvertement et plus opiniâtrement déclarés.

Je crois expressément que la messe est un vrai et propitiatoire sacrifice dans lequel on renouvelle d’une manière non sanglante sur les autels celui qui a été offert par Jésus Christ mourant sur l’arbre de la croix et qui est saintement offert tous les jours pour les vivants et pour les morts.

Je crois qu’il y a sept sacrements qui tous confèrent la grâce de Jésus Christ aux fidèles bien disposés, à savoir le baptême, la confirmation, la pénitence ou confession sacramentelle, l’eucharistie, l’ordre, le mariage et l’extrême onction.

Je crois que dans l’eucharistie, il se fait un changement de toute la substance du pain au corps de Jésus Christ et de toute la substance du vin en son sang ; lequel changement dans le langage de l’église catholique s’appelle transsubstantiation ; d’où il s’en suit qu’après la consécration eucharistique, il ne reste du pain et du vin que des espèces ou accidents sous lesquels est réellement le corps et le sang de Jésus Christ.

…………………………………………………………………………………………………………

Je crois la présence réelle de Jésus Christ sous chacune des deux espèces dont l’une est suffisante aux personnes laïques à qui, pour de bonnes et justes raisons, l’église romaine ne permet pas l’usage de la coupe.

Je crois aussi la primauté de St Pierre et des papes de Rome, ses successeurs, les indulgences, la justification par les œuvres jointes à la foi, le mérite et la nécessité des bonnes œuvres …………………

Je crois encore le purgatoire, la prière pour les morts, l’invocation des saints, l’honneur qu’on doit rendre aux saintes reliques et aux images de Jésus Christ, de la sainte Vierge et des autres saints.

J’admets le célibat des prêtres, les vœux religieux, l’abstinence des viandes, les jeûnes, les fêtes ordonnées par l’église et les cérémonies dont elle use dans la solennelle administration des sacrements.

Je promets obéissance à tous les commandements de Dieu et de son église de laquelle je veux être membre vivant pour participer au salut que Jésus Christ nous a mérité en mourant et offrant sa mort à son père pour tous les hommes.

Enfin, je crois tout ce que l’église catholique, apostolique et romaine croit.  Et je condamne, rejette et maudis les hérésies qu’elle rejette, condamne et maudit.

C’est dans cette foi dont je viens de faire profession que je veux vivre et mourir moyennant la grâce de mon dieu. Ainsi, je le promets et jure sur les saints évangiles ; ainsi Dieu me veuille aider et que les évangiles me soient salutaires, comme le jurement que je fais est sincère et véritable.

signature 1

 

 

 

 

 

 

…………… certifions avoir reçu l’abjuration qu’a faite entre nos mains des erreurs du calvinisme de Demoiselle Henriette Anne Develey, née et baptisée le vingt et un mars mil sept cent vingt-six ………… qu’elle s’est dite épouse de Me Jean Marie Bodier, avocat à la cour, procureur du roi en la maréchaussée du Charollois, demeurant à Charolles, ……… profession qu’elle a prononcée de sa propre bouche en notre présence  et de celle des témoins ci après nommés ……………

Le vingt-trois juin mil sept cent cinquante-cinq

 

signature 2

Posted in Religion | Tagged , , | Commentaires fermés sur Texte d’une abjuration

Abjurations

L’édit de Nantes a été promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV. Il accordait la liberté de culte aux protestants et mit fin aux guerres de religion.

Le 22 octobre 1685, Louis XIV révoqua cet édit par l’édit de Fontainebleau. Ceci vint à la suite d’une période de conversions forcées et provoqua l’exil de nombreux huguenots.

On assista alors à de nombreuses abjurations.

 

AM Lyon   St Nizier   MS 1731  vue 89

 

Le dix juillet 1731 en conséquence du pouvoir qui m’a été accordé par Monseigneur l’évêque de Sinope suffragant et vicaire général de Lyon, j’ai reçu l’abjuration que Charles Blanc, maître tailleur d’habits a faite dans cette église des terreurs de Luther et de Calvin. Je lui ai donné l’absolution de l’excommunication qu’il avait encourue en faisant profession de l’hérésie de Calvin et je l’ai rétabli dans les droits des véritables enfants de l’église catholique, apostolique et romaine. En présence de …..

Vicaire Paule

 

AM Lyon    St Nizier   MS 1759  vue 61

 

Le 24 mai 1731, ensuite de la permission accordée par Monsieur le Comte de Saint Aulbin, vicaire général du diocèse et supérieur de la communauté des nouvelles catholiques de cette ville, Jean-Pierre Muston, fils de Pierre Muston aujourd’hui négociant à Livourne et originaire des Vallées de « Luzerne » en Piémont et de défunte Marguerite Le Borne a fait volontairement abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle il est né, entre les mains du vicaire soussigné, après avoir été instruit suffisamment des mystères de notre sainte religion.

Présents …..

Vicaire Arnaud

 

AM Lyon   Hôtel Dieu   B 1740  vue 10

 

Le vingt deuxième mars 1740 Jeanne Lagrange fille brodeuse de profession âgée de vingt deux ans native de Chalon sur Saône fille de feu Lagrange, homme sans profession et de feue Louise Bernardin, couturière, ses père et mère, laquelle Jeanne, après avoir été instruite des vérités de notre sainte religion a fait volontairement abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle elle est née et a fait publiquement profession de foi catholique, apostolique et romaine dans l’Hôtel Dieu de cette ville où elle est détenue pour cause de maladie dans la salle des femmes fiévreuses lit n° 51 dans les mains de Jérôme Géraud Parra prêtre économe du dit Hôtel Dieu qu’il lui a donné l’absolution de l’hérésie après en avoir obtenu le pouvoir par écrit de Monseigneur l’archevêque de Lyon en présence de Messire Claude Mallaval, prêtre servant les pauvres du dit Hôtel Dieu dans la domination des sacrements qui a signé avec le sus dit ….ou la dite Jeanne pour ne pouvoir à cause de sa maladie.

Parra prêtre économe

Posted in Religion | Tagged , , , | Commentaires fermés sur Abjurations