Deux cadavres

AD26  St Julien en Vercors  NMD 1793-An X   vue 31

 

Un triste accident qui a déplacé nombre de témoins et généré un compte-rendu extrêmement détaillé servant de rapport médico-légal.

L’an deuxième de la République Française une et indivisible et démocratique et le quinzième Ventôse sur l’avis qui nous a été donné par le citoyen Jullien maire de Saint Julien qu’on avait trouvé deux cadavres au lieu de la Ferrière hameau du dit St Julien qu’ils s’étaient précipités au dit lieu en gardant des chèvres, nous nous sommes transportés au dit lieu de la Ferrière accompagné du citoyen Duclot chirurgien, Jean Odemard huissier public que nous avons pris le commis pour notre greffier attendu l’indisposition du greffier de la Justice de Paix …………………………………………………………………………étant encore accompagnés du citoyen Duclot, chirurgien à La Chapelle, que nous avons pris pour examiner les dits cadavres.Etant au dit lieu de la Ferrière où nous avons trouvé les dits deux cadavres, avant de commencer notre opération, nous avons fait prêter serment aux dits Odemard et Duclot levant la main à la manière accoutumée ……………………………………………………………..Et étant au dit lieu de la Ferrière et au-dessous du rocher, nous avons trouvé deux cadavres étendus, les ayant approchés ……… nous avons reconnu que c’était une femme et une fille qui paraissaient être de l’âge, savoir la femme d’environ trente ans et la fille d’environ huit ans. Ayant demandé  au dit Garend, à Etienne Faure, Etienne Garend, Guillet Berchus et Bourjon s’ils ne connaissaient pas les dits deux cadavres, ils nous ont répondu que c’est Marie Cécile Breton femme de Pierre Lattard, habitante au Clot et Marie Lattard fille au dit Pierre qui s’étaient précipitées en gardant des chèvres. Ayant ordonné au dit Duclot de visiter les individus sur le champ, à quoi procédant, il nous a rapporté qu’il a trouvé deux plaies ………………………………………………………………………………………………………….

suit une longue description des plaies et blessures faite par le chirurgien

de tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal ……………………

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Noyade d’un enfant

 

 

AD38  Septème  D 1793-1815   vue 139

 

Du vingt-huit Floréal an douze de la République Française, sept heures du soir, nous, Joseph Riondet, juge de paix et officier de police judiciaire de la commune de Vienne, arrondissement du nord ; sur l’avis que nous avons eu que l’enfant de Pierre Lentillon, jardinier à Pont-Evêque sur Septème, s’était noyé dans la rivière de Gère, sur les trois heures après midi près l’écluse du citoyen Ginet, nous sommes transportés au domicile du dit Lentillon et lui avons demandé s’il était vrai que son enfant se fut noyé ; à quoi le dit Lentillon a répondu qu’il avait passé la journée à travailler dans la vigne du citoyen Bailloud près la porte Serpaize et qu’on était allé le chercher pour venir secourir s’il était possible son enfant qui venait de tomber dans la rivière ; qu’arrivé chez lui, il avait vu son enfant mort et sans espoir d’être rappelé à la vie ; qu’il avait interrogé les voisins et qu’on lui avait rapporté qu’aujourd’hui sur les trois heures après midi, son enfant jouant sur le bord de la rivière avec trois autres enfants, était tombé dans l’eau et s’était noyé ; que le citoyen Colomb officier de santé, appelé pour administrer des secours, avait inutilement employé les ressources de son art ; qu’enfin son enfant était décidément mort.

Nous avons demandé au dit Pierre Lentillon le prénom, le sexe et l’âge de son enfant ; à quoi il a répondu que cet enfant se nomme Joseph Lentillon, qu’il est du sexe masculin et âgé de huit ans.

Nous nous sommes faits représenter l’enfant. Nous avons reconnu qu’il est effectivement du sexe masculin et qu’il est réellement sans vie et sans mouvement. Nous avons interrogé Rosalie Philibert Combe, Pierre Meysson et Jean Barajon, tous les trois enfants du même âge que Joseph Lentillon et qui s’amusaient avec lui sur les bords de la rivière ; ils ont tous les trois déclaré que le dit Joseph Lentillon tirait une branche de la rivière et que, par la secousse, il est tombé dans l’eau et a été emporté par le courant ; qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu pour le sauver mais qu’ils n’ont pu y réussir ; qu’enfin, ils sont venus avertir les parents de Lentillon du malheureux événement ; qu’aux cris qu’ils ont jetés, le citoyen François Griffay est accouru et a pêché l’enfant ; que c’est alors que le citoyen Colomb qui passait par hasard dans le quartier a été appelé pour donner des secours qui ont été inutiles.

Nous, juge, nous sommes enquis particulièrement si les faits énoncés ci-dessus étaient vrais et ils nous ont été affirmés sincères par tous les voisins et notamment par la femme Allard et par Françoise Bailloud.

Nous avons laissé l’enfant à la disposition de son père, l’avons invité à faire la déclaration à la commune et à pourvoir à l’inhumation : de tout quoi acte et avons signé avec la dite Françoise Bailloud, non les autres pour ne savoir, enquis et requis.

 

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Divorce

AD38  Meyrieu les Etangs   M 1793-1830   vue 12

 

La toute récente loi autorisant le divorce a entraîné de nombreuses demandes.


Ce jourd’hui vingt-septième vendémiaire de l’an trois de la république française une indivisible et démocratique au lieu de Meyrieu sur les trois heures après midi dans la maison commune par devant moi Louis Dutruc officier public a comparu la citoyenne Marie Jaillet domiciliée à St Quentin depuis environ deux ans, laquelle a dit qu’elle ne pouvait supporter les mauvaises humeurs de Joseph Villion son mari avec lequel il lui était impossible d’habiter avec lui. Elle désire profiter du bénéfice de la loi du quatre floréal dernier qui accorde le droit de divorcer après six mois de non habitation entre les conjoints et pour cet effet il n’était nécessaire que d’avoir un certificat du conseil général de la commune de Meyrieu qui établit cette non habitation pour faire prononcer le divorce entre elle et son mari et que l’ayant obtenu le vingt-trois du présent mois, qu’elle m’a tout présentement remis, elle demande qu’en conséquence j’ai à prononcer la dissolution de son mariage avec le dit Villion et acte de sa remission du dit certificat et n’a signé pour ne savoir, enquise et requise à la forme de la loi.

Je Louis Dutruc officier public ……

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An II : enceinte et déclarée

AD38  Morestel   N 1793-1810   vue 22

 

Du huitième jour de Floréal l’an second de la république française une et indivisible sur les sept heures du soir devant nous Antoine François Grandval juge de paix du canton de Morestel écrivant notre greffier

est comparue Rose Némoz, fille de Pierre Némoz, serrurier et à Benoîte Gonnet, âgée d’environ vingt-quatre ans, habitant au dit Morestel, laquelle sur la foi du serment qu’elle a prêté la main levée à la manière accoutumée, a dit et déclaré être enceinte du fait et œuvre du citoyen Jean Gourju, cultivateur et habitant au dit lieu depuis environ sept mois et demi, déclarant n’avoir jamais eu d’autres connaissances charnelles avec d’autres hommes, protestant de ses dommages et intérêts celui avoué de veiller à la conservation de son fruit sous les peines portées par la loi, de laquelle déclaration nous avons donné acte et n’a signé pour ne savoir, ainsi qu’elle l’a déclaré, enquis et requis, signé Grandval, juge de paix et Michoud, greffier.

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Venu de Hongrie

AD38  Creys  NMD an XI-1812   vue 131

 

Il s’agit de l’acte de mariage de Thérèse Sellon (fille de Vincent Sellon qui apparaît dans mon arbre généalogique) et Pierre Costaz. C’est l’identité de l’époux qui a retenu mon attention. Son nom paraît tout à fait « local » mais il a sans doute été francisé.

 

L’an 1812, le 24 du mois d’août …………………………. sont comparus pour contracter mariage,

D’une part, Pierre Adrien Costaz, âgé d’environ trente-deux ans, natif de Ste Judith près Petervaradin dans la Basse Hongrie, cultivateur domicilié à Creys, fils majeur et légitime de Jérémie Costaz dont il ne connaît pas le dernier domicile et dont il est dans l’impossibilité de produire l’acte de décès ou la preuve de son absence comme il est constaté par l’acte de notoriété dressé par le juge de paix du canton de Morestel le seize de ce mois et d’une mère dont il ne connaît pas le nom, ayant été enlevé en son domicile à l’âge de douze ans pour servir dans les troupes de l’empereur d’Autriche après le décès de sa dite mère, tout quoi il a déclaré avec serment être sincère et véritable.

D’autre part, Thérèse Sellon ………………………………..

 

Petervaradin ou Petrovaradin, situé au nord de la Serbie est une des deux municipalités qui composent la Ville de Novi Sad. C’est une région qui a connu différentes dominations au gré des nombreuses guerres qui l’ont traversée.

Le 5 août 1716, Petrovaradin fut le site d’une importante bataille dans laquelle le prince Eugène de Savoie vainquit les Ottomans commandés par le grand vizir.

Pendant la période autrichienne, Petrovaradin fut rattachée à la Slavonie (confins militaires).

L’Autriche, de 1792 (révolution française) à 1815 (guerres napoléoniennes) a été en guerre contre la France.

 

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