AD71 St Laurent en Brionnais  BMS 1756-1780  vue 2
Un prêtre statisticien
Quelques papiers militaires
Antoine Ligonnet, soldat de Napoléon et titulaire de la médaille de Ste Hélène
63ème régiment d’Infanterie de ligne
du 20/11/1808 au 10/11/1811
matricule 7445

Jean Louis Terry
cheveux châtain clair, yeux roux
taille : 1,66 m
incorporé le 28/7/1870 (12ème section d’administration)
Laurent Auguste Antoine Ligonnet
cheveux châtain, yeux roux
taille : 1,70 m
décembre 1884 : 1er pontonniers (ponts mobiles)
1886 : maître ouvrier
septembre 1888 : congé puis réserve (avec des « périodes »)
libéré des obligations militaires le 1/10/1909




Joseph Abel
cheveux châtain, yeux bleus
taille : 1,66 m
incorporé de novembre 1893 à septembre 1894 (52ème rgt d’infanterie)
réformé pour rhumatisme chronique le 10/7/1908
reconnu apte le 21/12/1914
rappelé pour les campagnes d’Allemagne de mars 1915 à mars 1918
versé au service auxiliaire en mars 1918 pour rhumatismes, éréthisme cardiaque et troubles dyspeptiques contractés au cours des opérations
Le climat, le vin et les cabaretiers
AD38 Anjou BMS 1745-1792 vue 152
 Cette année promettait en mars et avril la plus abondante récolte de blé, noix, vin et fruits ; mais les blés ont diminué peu à peu jusqu’à la moisson. La gelée a gâté les noix, les noyers et les fruits dans le courant d’avril. Il y a eu un tiers de blé moins que l’année dernière ; bien peu de fruits et mauvais. Les noix ont valu 40 sols le quart qui en grande partie étaient gâtées. Les vignes n’ont produit qu’à moitié de ce qu’elles promettaient ; la rouille, nommée vulgairement le …….. a presque tout brûlé dans les hauteurs surtout. Grâces à Dieu nous n’avons pas été maltraités de la grêle ; mais nous, Agnin, Sonnay et Terrebasse exceptés, tous nos voisins et les environs à 12 lieues la ronde ; oui le Dauphiné, Forez et Vivarais, Lyonnais et Beaujolais ont été presque tous ravagés et tellement ravagés que de mémoire d’homme on n’avait pas encore vu une calamité si générale,
En conséquence de ces mals et de l’exportation de nos blés en Provence, le quart a toujours valu 3 livres 15 sols – 4 livres ….., le vin s’est vendu tout l’été 24 l – 30 l et dans le courant d’août jusqu’aux vendanges 32 l 10 s au moins au château et aux cabarets 8 l et 10 sols jusqu’à la Toussaint qu’il s’est payé 15 l, en décembre et janvier 13 l mais les cabaretiers n’en ont voulu donner que 12 et l’ont vendu jusqu’à présent 30 janvier 1769 cinq sous le pot, c’est-à dire à raison de 20 livres la charge, ils gagnent par conséquent 8 livres par charge … quel gain ! Disons mieux, quelle … ou plutôt taisons-nous ; au moins si quelqu’un des préposés pour le bon ordre ou la police parlait, agissait conformément à son ministère, patience ; mais personne ne dit mot. Mon Dieu, quel ordre, ou plutôt, quel désordre ou quelque chose de bien plus fort ? …..
Les pluies ont été presque continuelles pendant la plus grande partie de l’été et l’automne, aussi les inondations ont-elles dévasté énormément nos champs et dans bien d’autres endroits, le Forez et le Vivarais surtout.
 Levet, curé
Disparition
AD38 Thuellin BMS 1691-1792 vue 110
 L’an mil sept cent quarante neuf et le 21 juillet, Michelle Cochard veuve de Jean Monavon de Thuellin sortit de chez elle de grand matin, disant à ses enfants qu’elle allait voir une parente aux Avenières. Quelques jours s’étant écoulés sans qu’elle revint son fils qui savait que depuis une maladie elle était sujette à des absences d’esprit et craignant qu’il ne fut mésarrivé fut voir si elle était chez les susdits parents où ayant appris qu’on ne l’avait point vue il s’informa de tout côté mais point de nouvelles. Ce ne fut que sur la fin d’août qu’ayant appris qu’on avait trouvé une femme noyée au pont de Grôlée laquelle on avait enterrée sur le bord du Rhône le vingt-six juillet, il y fut et on lui présenta une clef de coffre, une paire de ciseaux et quelques habits qu’on avait trouvés sur cette femme, le tout qui a été reconnu appartenir à la susdite Michelle Cochard ce qui m’a été attesté par Etienne Girard d’Aoste, valet de Drevet et par Martin fils de Jean Duclos que le dit Monavon avait mené avec lui pour reconnaître ces effets, ce que j’ai cru devoir coucher sur les registres de l’église de Thuellin ce trente et un août mil sept cent quarante neuf.
 Mre Mermet, vicaire
Un mort bien catholique
AD69 St Germain au Mont d’Or  BMS 1751  vue 5
Le cadavre d’un homme âgé d’environ 55 ans trouvé expirant dans un fossé du chemin tendant de Villevert à Quincieux au Territoire du port Masson et porté pour recevoir du secours dans la cour de la maison de Larban où il est mort, lequel avait sur lui une médaille sur le revers de laquelle était gravé un crucifix ce qui est un indice de sa catholicité, a été inhumé dans le cimetière en vertu de l’ordonnance de Mr Granjon vice gérant en la justice de St Germain rendue ce jourd’hui vingt et unième novembre mil sept cent cinquante et un par moi curé soussigné les susdits jour et an. En présence du dit sieur Granjon vice gérant et de Me Claude Grand greffier de la dite juridiction de St Germain qui ont signé.
Chantre, curé
Revendications
AD69 Villeurbanne BMS 1779 vue 25
Les fièvres règnent toujours et accablent les habitants.
J’ai fait un baptême de la Ferrandière d’après les deux arrêts du parlement de Grenoble.
On a fait des mémoires dans plusieurs diocèses pour obtenir une augmentation de portion congrue.
Les curés du diocèse de Grenoble et sortant de celui de Vienne se sont distingués ; ceux-ci ont statué contre leurs archevêques une augmentation nécessaire et même le besoin de la destruction du casuel, leurs droits pour les cas réservés et la nomination de leurs vicaires.
J’ai fait bien des réparations, une partie du clos, une vigne renouvelée et toujours pour le bien public mille démarches pour faire réussir le chemin du pont Morand à l’église et de là par différentes paroisses jusqu’en Savoie. Tous mes devis pour le bien s’y portent au défrichement et au dessèchement des marais qui seuls causent la perte du pays.
L’archevêque de Lyon a réuni cette année par son crédit l’abbaye d’Ainay à son archevêché quoique déjà très riche.
Les Célestins de Lyon ont été sécularisés entièrement cette année avec 1500 livres de retraite. L’archevêque semble vouloir tous leurs biens comme les croyant célescistiques et qui valent plus de trois millions mais il vient de paraître des oppositions de la part du duc de Savoie fondateur de cette maison à qui ils ont été adjugés par arrêt du conseil.
Le couvent des Célestins de Lyon fut fondé en 1407 sur les bords de la Saône, à la suite de la donation de l’ancienne propriété des Templiers par Amédée VIII, comte puis duc de Savoie. A cet emplacement, les religieux édifièrent un couvent et une église, qu’ils occupèrent jusqu’en 1779.
En 1773, l’archevêque de Lyon visite les seize célestins de son diocèse. Les religieux acceptent alors une vie séculière en contrepartie d’une rente.
Le 30 septembre 1778, un bref du Pape Pie VI supprime l’ordre des célestins. L’archevêque de Lyon tente de réunir les biens des Célestins à son clergé. Après un long procès, en 1784, le roi Victor-Emmanuel III est reconnu héritier du comte de Savoie donateur du terrain au XVe siècle. Le monastère est vendu au promoteur André Devouges.
Les limites de la dîmerie
AD69 Villeurbanne BMS 1719 vue 7
 Le onzième octobre 1719,
Pour l’éclaircissement de Mrs mes successeurs et pour lever toute difficulté au sujet des limites de la Guillotière et de Villeurbanne : ce jourd’hui 11ème octobre 1719 j’ai porté le St Viatique à Marguerite Bayle femme de Claude Tausse fermier du domaine de la Tête Dorée situé aux Brotteaux appartenant aux jésuites de St Joseph de Lyon, la dimerie passant au milieu de la cour du dit domaine et la borne ou limite étant posée au portail qui regarde le Rhône, le tout en présence de Mathieu Goaiffon, Joseph Périer, François Billon et de Claude Bonnard, tous habitants du dit Villeurbanne qui n’ont signé pour ne savoir, enquis
 Lamarche, curé
La dimerie de Villeurbanne passe au milieu du domaine de la Ferrandière et la borne ou limite est située et plantée proche le puits qui est entre la maison et le Colombier Rond de la dite Ferrandière.
 C. Lamarche, curé
La grosse cloche de Villeurbanne
AD69 Villeurbanne BMS 1698 vue 3
Le 15 juin 1698 a été bénie ou baptisée la grosse cloche de Villeurbanne qui pèse quatre cent et douze livres. Le parrain Messire Abel Allemand de Vaux marquis et seigneur de Vaux Villeurbanne et autres places. La marraine noble dame Lucrèce Palleron épouse de noble François Bénigne Depierreux. Lesquels ont signé.
Croix Luiset
AD69 Villeurbanne BMS 1714 vues 6-7
Ayant obtenu par écrit la permission de Monseigneur l’Evêque de Sinope suffragant de Lyon en date du 27ème du courant en faveur de Damoiselle Louise Janon veuve Dallier de faire planter une croix de pierre de taille au territoire Luiset dans la paroisse de Saint Julien de Villeurbanne sur le chemin tendant de Vaulx à Lyon et de l’église de Villeurbanne aux Brotteaux et de là au Rhône.
Je me suis transporté le dimanche 30ème septembre 1714 après la messe paroissiale vers la dite croix Luiset revêtu du surplis et de l’étole assisté de noble François Bénigne Thibault Depierreux seigneur de la Ferrandière, de Pierre Charesieux dragon du régiment de Mgr le dauphin, de Claude Bouvard, de Jean Pierre Serpolet et de plusieurs autres de mes paroissiens qui ont porté un crucifix, le cierge pascal allumé et l’eau bénite et ai fait la bénédiction de la dite Croix Luiset avec les prières et cérémonies du rituel suivant le pouvoir que m’en a donné mon dit seigneur l’évêque de Sinope en présence des susnommés.
 Charles Lamarche, curé de Villeurbanne
Un revenant encombrant
AD01 Leaz BMS 1681-1697 vues 15 Ã 18
 Le 27 février 1692 je soussigné atteste et confesse qu’ayant ensépulturé honorable Benoît Brunet mon père bourgeois de Montreuil le 5 mai 1691 ayant satisfait à tous les devoirs funéraires mais comme il est mort beaucoup de personnes pendant la présente année et que ayant voulu satisfaire à la dévotion des parents des défunts soit aux messes de fondation je n’ai pu appliquer tous mes sacrifices pour le repos de l’âme de mon père et pendant six semaines on a oui un grand bruit dans la dite cure presque toutes les nuits et si vrai que mes neveux n’osant coucher seuls appelaient les voisins pour coucher de compagnie avec eux qui ont eu part de la peur causée par le bruit et moi certifiant étant dans le lit je me sentis roulé de part et d’autre dans le dit lit et comme lorsqu’on excite un dormant pour l’éveiller. Je criai Qui est là , une voix me répond en langue vulgaire Il est jour, je lève mon rideau et je réponds Il n’est pas vrai. Après quoi j’entends un bruit tout le long de ma chambre comme si on avait traîné un plein sac de blé ; je me lève promptement vais chercher partout, je ne trouve personne et c’était l’aube du jour et l’instant d’aller dire la sainte messe pour mon dit père et comme Madame Buffet vient à mourir, je fus occupé pendant une neuvaine pour elle et les bruits de la dite cure s’augmentaient le dit soir 27 février un mercredi des quatre temps à neuf heures du soir pendant un temps de pluies sans fin venant de voir un malade, le sieur Buffet de Lyon pour la confession, étant entré dans mon dit presbytère ayant fermé la porte à clé par derrière et allumé la lampe pour faire ma prière, j’entends un grand coup sur le plancher d’en haut en la chambre du dessus le pressoir au même moment j’entrai et soudain voilà un bruit si violent que douze batteurs de blé n’en auraient pas fait davantage. Le grenier me tombait dessus de tous côtés comme la grêle. Je crie Qui est là -haut, point de réponse ; je sors et passe par la grande chambre et entre dans la petite où je couche, le bruit continue, je criai plusieurs fois Qui est là -haut, répondez, que voulez-vous, et je n’eus aucune réponse. Je le presse et lui dis Répondez de la part de Dieu, que voulez-vous ; et pour lors j’entends une voix qui me répond d’un ton pitoyable et dolent hoy*.
Je lui demande pour une seconde fois Etes-vous en peine. Il me répond pour la seconde fois hoy et pour la 3ème Je vous promets parce que je prierai Dieu demain pour vous ; il me répond pour la dernière fois hoy et fit en même temps encore un bruit en se traînant par le dessus de la chambre et de peur que je ne fus trompé par quelqu’un, j’allai moi même au galetas par dessus tout avec ma lampe allumée que je n’avais point quittée et cherchai par tous les coins, je ne trouvai rien.
Tout le contenu ci dessus est véritable sans ajouter ni diminuer ; c’est un homme de cinquante ans qui parle, prêtre et curé qui ne voudrait pas conter des fables et le lendemain j’envoyai prendre les prêtres du voisinage pour prier pour le repos de l’âme de mon dit père ensuite de quoi nous n’avons oui aucun bruit.
Je certifie par foi et serment qu’il est véritable ce 29 février 1692.
Brunet, prêtre et curé
 *hoy : très certainement « oil » qui signifiait « oui »



