Enfants abandonnés

Les archives municipales de Lyon permettent l’accès aux registres des enfants délaissés ou abandonnés.

 

AMLyon  registre des enfants délaissés et abandonnés     La Charité  1771-1785

 

Messieurs les administrateurs ont encore reçu au nombre des enfants délaissés et abandonnés Pierre, Benoît et Catherine Pallabeau, trois des enfants légitimes de Jean Louis Pallabeau, affaneur et de Catherine Martin suivant leurs extraits de baptême, savoir celui de Pierre, du 2 septembre 1760, celui de Benoît du 20 juillet 1763 et celui de Catherine du 16 avril 1764, les trois extraits expédiés signés chacun Pinatel, vicaire de la paroisse de st Paul et après l’information faite par Mr Carrié Lieutenant de Messieurs les administrateurs qui a rapporté que les père et mère depuis quelques temps se sont absentés de la ville, ont abandonné leur domicile à leurs neuf enfants, savoir outre ceux-ci-dessus dénommés, Antoinette, âgée de quatorze ans, Jeanne Marie, âgée de douze ans passés et quatre autres qui ont été renvoyés pour être reçus en la même qualité d’enfants délaissés au grand Hôtel Dieu de cette ville, n’ayant pas l’âge requis pour être dans cet hôpital.

L’absence des dits père et mère est encore attesté par le certificat du 30 juillet dernier signé Chaix, capitaine du quartier du Change lequel certificat et les extraits de baptême ci-dessus énoncés ont été déposés dans les archives de cet hôpital et ont Mesdames et messieurs les administrateurs signé.

 

Note :

Le dit Pierre Pallabeau a été retiré par Joseph Martin, son oncle maternel, maître bourrelier demeurant rue Clermont ainsi qu’il le reconnaît et en décharge Mmrs les administrateurs.

A Lyon, le 23 octobre 1771

 

Autres exemples :

 

…. Le père étant décédé le 11 août dernier, ….. la mère a depuis quelques temps abandonné son domicile et ses dix enfants ……

 

…. Les père et mère depuis environ trois mois se sont absentés de la ville et ont abandonné leur domicile et leur enfant qui en est resté à la charge des voisins qui ne peuvent plus en prendre soin ….

 

… la mère étant décédée le 27 février de la présente année, ………, le père depuis quelques temps s’est absenté de la ville, a abandonné ses douze enfants qui sont restés à la charge de Thomas Bory, son père chez lequel il demeurait qui se trouve aussi hors d’état étant donné son grand âge et sa misère de garder tous les enfants dont l’aînée Françoise, âgée de douze ans, a été mise en apprentissage par Mr le curé d’Ainay …………..

 

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Mortalité des enfants en nourrice

Nombreux étaient les enfants de la ville en nourrice à la campagne ; nombreux aussi à mourir en bas âge. En quelques pages de registres, le bilan est déjà bien lourd.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 93 (curé Robion)

 

Le 27 septembre 1747  a été enterré Jean-Claude, mort en nourrice chez Pierre Vigny, âgé de deux ans, fils légitime de Jean Baptiste Pignière, satinaire à Lyon.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 184 (curé Fontanel)

 

Le 1er août 1758 a été inhumé un enfant nommé Mathieu, âgé d’environ 3 mois, fils de Sr André Trabaud, maître ferblantier rue Pêcherie à Lyon, ainsi que me l’a déclaré Claudine Martelat, veuve de Jean Piolat, sa nourrice.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 192

 

Marie Gabrielle, fille de Sr Jean Etienne Petiot, fabricant en étoffes d’or et d’argent, de Lyon, nourrie par la femme de Benoît Guigoz, maréchal de ce lieu, âgée d’environ 9 mois, décédée hier, a été inhumée dans le cimetière le vingt-troisième septembre 1759, ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 194

 

Le douzième mars 1760 a été inhumée dans le cimetière une fille âgée d’environ cinq semaines du nommé Jacques Morin, serrurier rue Bourgchanin à Lyon et de Marie Guiliomine mariée, au col de laquelle était une médaille ayant d’un côté le numéro 1866 et de l’autre l’inscription « enfant légitime de Lyon » ; la dite fille décédée hier en cette paroisse, hameau du Revollet où elle était nourrie par la femme de Claude Berger ; ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 198

 

Le vingt-troisième juillet 1760 a été inhumé dans le cimetière un garçon de Me Réginaud, maître satinaire, Grande Rue à Lyon, lequel était nourri par la femme de Jean Canel depuis environ deux mois ; ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 201

 

Le cinquième avril 1761 a été inhumé dans le cimetière un enfant mâle du nommé Eutrope Giraud, cordonnier rue Thomassin à Lyon, âgé d’une semaine, ayant au col un plomb avec l’inscription « enfant légitime de Lyon » et sur le revers le numéro 9888, lequel était allaité par la femme de François Guillermin de la Grande Forêt ; ainsi je le certifie.

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La mortalité infantile

La mortalité infantile était très importante au 18ème siècle :

– un enfant sur quatre mourait avant 1 an.

– un enfant sur quatre mourait avant d’avoir 10 ans.

Seulement un enfant sur deux parvenait à l’âge adulte.

 

Statistiquement, il fallait quatre enfants pour assurer le remplacement de la population et davantage pour un accroissement. Les maternités étaient souvent très nombreuses et l’importance donnée à l’enfant moindre.

La mortalité infantile très élevée était due à un manque absolu d’hygiène et à une grande misère, des conditions de vie très dures et de nombreuses épidémies.

Les bébés étaient souvent laissés seuls pendant les travaux des champs. L’hiver, ils dormaient dans un lit commun et mouraient parfois étouffés. Il y a eu d’ailleurs une interdiction devant ce fait assez répandu.

La mort d’un enfant n’était pas considérée comme une perte irréparable et on pouvait donner le même prénom que celui de l’enfant disparu à un ou deux autres enfants nés ultérieurement.

Les infanticides n’étaient pas rares, notamment pour des enfants illégitimes ou malades.

L’abandon était considéré comme moins grave que l’infanticide. On les abandonnait dans la forêt puis au fur et à mesure on les laissait aux portes des églises et des institutions religieuses.

L’infanticide était en régression et les abandons se multipliaient. Au 17ème siècle, il y a eu      33 000 abandons d’enfants. L’église ouvrit alors des hospices pour accueillir tous ces enfants qui étaient parfois déposés devant la porte : les « tourniquets » permettaient de laisser l’enfant de manière anonyme.

A Lyon, la Charité et l’Hôtel-Dieu accueillaient des enfants malades ou non. La mortalité y était démentielle.

Une forme déguisée d’abandon était le recours à une nourrice. En milieu bourgeois, les nourrices étaient soigneusement choisies et vivaient dans la maison. En milieu pauvre et urbain, le père cherchait une nourrice à la campagne. Les contrôles n’étaient pas rigoureux.

Déjà, le voyage en charrette pour conduire le nouveau-né chez la nourrice comportait de grands risques (chutes, chocs, intempéries) et entre 5 et 15% perdaient la vie au cours du transport.

Les nourrices n’étaient pas toujours payées régulièrement et l’enfant était délaissé. Une forte mortalité était constatée par défaut de soin, maladie, froid … On en trouve de multiples exemples dans les registres paroissiaux.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la mortalité infantile augmenta de nouveau. L’industrialisation attirait les populations dans les villes et les épidémies, notamment le choléra, se répandirent. De nombreux décès subsistaient toujours chez les enfants placés en nourrice.

Il fallut attendre la fin du 19ème siècle, le développement de l’asepsie et une surveillance plus rigoureuse des enfants et des nourrices pour voir la diminution de la mortalité infantile. Ce phénomène ne fera alors que s’amplifier sauf lors d’épidémies particulièrement agressives.

 

Graphiques : Le premier n’a pas valeur statistique mais indicative. Il est basé sur les âges de décès connus des personnes de mon arbre (1000 individus). Il pourra être affiné si la base de données augmente de manière significative. Le second provient de L’Ined.

graphiquegraph_mortalite_infanti

 

 

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1921 : peine capitale

Nombreuses manifestations de soutien un peu partoutsource : Archives municipales de Lyon

Nombreuses manifestations de soutien un peu partout
source : Archives municipales de Lyon

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1905 : campagne contre l’alcoolisme

Campagne d'affichagesource : Archives municipales de Lyon

Campagne d’affichage
source : Archives municipales de Lyon

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L’effort de guerre

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1778 : la médecine à Lyon

La formation des médecins et étudiants au 18ème siècle

La formation des médecins et étudiants au 18ème siècle
Archives municipales de Lyon

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L’usurpateur

AD42   St Priest la Prugne  1697-1715   vue 46

 

Ce jourd’hui vingt-huitième août de l’an mil sept cent cinq, j’ai recouvert les registres des mains du sieur Vicaud puisqu’il a déguerpi après plusieurs constatations scandaleuses. Le sieur Vicaud s’étant violemment emparé de ma cure, s’y maintenant à la tête de quelques canailles qui le soutenaient, en a été honteusement chassé par contraintes de justice, sentence et sauvegardes. Nonobstant les menaces, efforts et menées de Dom Hilaire, prieur religieux de Cunlhat qui se disant prieur seigneur du lieu, se conduisait en petit tyran de village et avec des apostats, par mille faux bruits, a taché inutilement d’empêcher le vrai titulaire de se mettre en paisible possession.

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Artas : traces d’histoire

prieure2Après la fondation de l’abbaye de Cluny, de nombreux prieurés furent construits. Parmi eux, figurait le modeste monastère d’Artas, avec ses quatre moines, placé sous le vocable de Saint Pierre. On ne connaît pas exactement la date de sa fondation. Il serait mentionné dans une bulle du pape Urbain II, en 1095 (année de son appel pour la première croisade).

Son implantation semble avoir été judicieuse, sur un promontoire, sous la protection d’un castrum (motte féodale du Châtelard), en marge d’une voie de communication (le Grand Chemin) car les monastères avaient aussi vocation à offrir l’hospitalité.

Local_ArtasLes statuts de l’ordre prévoyaient des visites canoniques. Les constats établis sur la situation des prieurés, leur état aux plans spirituel et temporel, étaient transmis avant le chapitre général afin que les définiteurs, puissent statuer et décider des mesures à prendre, souvent pour corriger les écarts à la Règle.
Ces comptes rendus couvrent, pour le prieuré d’Artas, une période de décadence de l’ordre de la fin du XIIIème siècle au début du XVIème siècle. Ruine des bâtiments, endettement, négligences sur le plan spirituel, défaillance de l’hospitalité sont fréquemment relevés. A la limite des possessions du Dauphin du Viennois et du Comte de Savoie, le prieuré fut également victime de leur conflit comme le rapporte la visite de l’année 1331: « Les gens du dauphin de Viennois ont endommagé la ville et le prieuré. La ville fut incendiée du fait de la guerre des gens du comte et du dauphin. Le prieur doit poursuivre lesdits gens par les censures ecclésiastiques afin d’avoir un remboursement. »

Les registres paroissiaux font référence au XVIIème siècle à des religieux vivant au prieuré.

dessin prieur dartas avant 1650Aujourd’hui, ne subsiste plus que le vieux clocher roman de style lombard, dernier vestige à défier le temps. La présence d’une école accolée à l’église peut, tout de même, laisser deviner – à l’Å“il  perspicace – la présence d’un ancien bâtiment conventuel.

En 1835, le prieuré connut le même destin que l’abbaye-mère de Cluny: démolition des cloîtres et vente des matériaux. Seule une partie fut conservée pour y établir la maison d’école imposée par la loi Guizot aux communes de plus de 500 habitants. La reconstruction de l’école de filles au début du XXème siècle faisait disparaître ce vestige.

 

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Meyrieu : un peu d’histoire

 Meyrieu : quelques bribes d’histoire

 

L’ancienne église de Meyrieu, dédiée à SAINT MARTIN était située au hameau de Boucharin et entourée du cimetière. La démolition de cette église intervint au premier semestre 1874. Le doublement de la population en deux siècles rendait nécessaire la construction d’une nouvelle église plus vaste et l’agrandissement du cimetière. Il avait été décidé d’utiliser les pierres du vieil édifice pour construire la nouvelle église.

Le clocher ne fut pas entièrement démoli, mais on conserva la partie basse pour en faire une chapelle de sépulture. Une nouvelle toiture fut posée sur ses murs et une croix en fer forgée la surmonta. Le linteau de pierre de la partie basse du clocher porte en gravure le nom de SAINT MARTIN et la date de 1684.

 

Meyrieu les Etangs: Ce nom a varié au cours des siècles. Voici diverses appellations relevées en consultant de vieux documents :     

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–         MARIACO au 10ème siècle

–         MAIREU au 12ème

–         MAYREU au 13ème

–         MAIRIEU au 14ème

–         MEYRIACUM au 15ème

–         MERIEU au 16ème

–         MEYRIEUX au 17ème

–         MEYRIEU au 19ème

–        MEYRIEU LES ETANGS qui reçut l’approbation ministérielle en 1967.

 

Mariaco, Mariacum, Meyriacum : L’origine de ce nom peut venir du gallo-roman et signifier « pâturage » mais c’était peut-être le nom d’un domaine (villa) d’origine gallo-romaine comme il en existait beaucoup dans la région. La base serait Marius ou Mero (nom d’origine gauloise désignant des ronces).

D’autres interprétations existent mais aucune n’est vraiment avérée.

Si quelqu’un possède des informations plus précises, j’aimerais les connaître.

 

 

La seigneurie de Meyrieu

Elle appartint à plusieurs familles qui possédèrent successivement trois châteaux :

  • le château fort des De Maireu dont on connaît l’existence, mais pas l’emplacement.
  • la maison forte des Tournelles bâtie en 1289 et qui subsista jusqu’à la fin du XVIIème siècle
  • le château de Langouvert qui abrite aujourd’hui l’IMPRO et qui fut pillé en 1789

 

Pour mieux connaître l’histoire de Meyrieu, on peut consulter deux opuscules fort bien documentés rédigés par Jean Pellet :

« une église toute simple dans un village sans histoires »

« Les noms de lieux de Meyrieu les Etangs »

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