L’école, la république et l’église

signature du concordatL’école a souvent été au coeur de violentes polémiques et l’est encore aujourd’hui. La naissance de la laïcité ne s’est pas faite sans douleur mais dans le monde actuel, elle apparaît comme une valeur incontournable.

 

Le concordat

 

Le 18 germinal an X (8 avril 1802), le Concordat est promulgué. Le texte a été signé le 15 juillet de l’année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII.

Le Concordat suscite de violentes critiques chez les anciens révolutionnaires mais il est accueilli avec un immense soulagement dans les campagnes. Il met fin aux  guerres civiles et religieuses qui avaient divisé les Français tout au long de la Révolution.

Dès l’élection du pape Pie VII, à Venise, en mars 1800, le Premier Consul manifeste le désir d’un rapprochement. Il en a besoin pour consolider son régime. A la différence des révolutionnaires qui avaient tenté d’exclure les religions de la sphère publique, il veut mettre l’Église catholique, encore très influente, à son service.

En signant le nouveau Concordat, le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution. De son côté, «le Gouvernement de la République française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la plus grande majorité des Français».

Le Premier Consul peut être satisfait car il conserve la mainmise sur l’organisation de l’Église catholique. Le clergé (24000 personnes) doit lui prêter serment de fidélité !

Le gouvernement s’engage à rémunérer les ministres du culte catholique ainsi que des autres confessions alors représentées en France : la confession d’Augsbourg – les protestants luthériens -, et les réformés – les protestants calvinistes -. Les juifs bénéficient des mêmes droits à partir de 1808. Il s’attribue qui plus est la nomination des évêques. Ces derniers sont ravalés au rang de fonctionnaires et peuvent être traduits devant le Conseil d’État en cas de désobéissance.

Le Concordat est resté pour l’essentiel en application en France jusqu’à la séparation des Églises et de l’État, en 1905.

Notons qu’il est toujours en vigueur dans les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle qui étaient sous domination allemande lorsqu’a été votée la loi de séparation de 1905. Ces trois départements ont obtenu, à titre exceptionnel, de conserver le régime Concordataire de 1801 après la Guerre de 1914-1918.

 

 

9 décembre 1905 : Séparation des Églises et de l’État

 

loi1905bLe 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État.

La loi s’applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d’Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l’Église catholique, l’un et l’autre se disputant le magistère moral sur la société.

Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Par cette loi, l’État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s’exonère pas de ses responsabilités.

Sur le plan financier, la loi a deux conséquences majeures :
– Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins…) ne sont plus rémunérés par l’État et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination,
– Les biens détenus précédemment par les Églises deviennent la propriété de l’État mais celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l’exercice du culte.

Pour les Églises, l’opération va s’avérer plutôt profitable (mais on ne s’en apercevra que bien plus tard). En effet, d’une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n’étant plus tenus de rendre des comptes à l’administration. D’autre part, les Églises ne vont plus avoir à leur charge l’entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises, temples…) préexistant à la loi de 1905. Elles ne devront plus assurer que l’entretien courant de ces édifices… Quand à ceux qu’elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.

Plus d’infos : http://www.herodote.net/index.php

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La mortalité infantile

La mortalité infantile était très importante au 18ème siècle :

– un enfant sur quatre mourait avant 1 an.

– un enfant sur quatre mourait avant d’avoir 10 ans.

Seulement un enfant sur deux parvenait à l’âge adulte.

 

Statistiquement, il fallait quatre enfants pour assurer le remplacement de la population et davantage pour un accroissement. Les maternités étaient souvent très nombreuses et l’importance donnée à l’enfant moindre.

La mortalité infantile très élevée était due à un manque absolu d’hygiène et à une grande misère, des conditions de vie très dures et de nombreuses épidémies.

Les bébés étaient souvent laissés seuls pendant les travaux des champs. L’hiver, ils dormaient dans un lit commun et mouraient parfois étouffés. Il y a eu d’ailleurs une interdiction devant ce fait assez répandu.

La mort d’un enfant n’était pas considérée comme une perte irréparable et on pouvait donner le même prénom que celui de l’enfant disparu à un ou deux autres enfants nés ultérieurement.

Les infanticides n’étaient pas rares, notamment pour des enfants illégitimes ou malades.

L’abandon était considéré comme moins grave que l’infanticide. On les abandonnait dans la forêt puis au fur et à mesure on les laissait aux portes des églises et des institutions religieuses.

L’infanticide était en régression et les abandons se multipliaient. Au 17ème siècle, il y a eu      33 000 abandons d’enfants. L’église ouvrit alors des hospices pour accueillir tous ces enfants qui étaient parfois déposés devant la porte : les « tourniquets » permettaient de laisser l’enfant de manière anonyme.

A Lyon, la Charité et l’Hôtel-Dieu accueillaient des enfants malades ou non. La mortalité y était démentielle.

Une forme déguisée d’abandon était le recours à une nourrice. En milieu bourgeois, les nourrices étaient soigneusement choisies et vivaient dans la maison. En milieu pauvre et urbain, le père cherchait une nourrice à la campagne. Les contrôles n’étaient pas rigoureux.

Déjà, le voyage en charrette pour conduire le nouveau-né chez la nourrice comportait de grands risques (chutes, chocs, intempéries) et entre 5 et 15% perdaient la vie au cours du transport.

Les nourrices n’étaient pas toujours payées régulièrement et l’enfant était délaissé. Une forte mortalité était constatée par défaut de soin, maladie, froid … On en trouve de multiples exemples dans les registres paroissiaux.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la mortalité infantile augmenta de nouveau. L’industrialisation attirait les populations dans les villes et les épidémies, notamment le choléra, se répandirent. De nombreux décès subsistaient toujours chez les enfants placés en nourrice.

Il fallut attendre la fin du 19ème siècle, le développement de l’asepsie et une surveillance plus rigoureuse des enfants et des nourrices pour voir la diminution de la mortalité infantile. Ce phénomène ne fera alors que s’amplifier sauf lors d’épidémies particulièrement agressives.

 

Graphiques : Le premier n’a pas valeur statistique mais indicative. Il est basé sur les âges de décès connus des personnes de mon arbre (1000 individus). Il pourra être affiné si la base de données augmente de manière significative. Le second provient de L’Ined.

graphiquegraph_mortalite_infanti

 

 

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1905 : campagne contre l’alcoolisme

Campagne d'affichagesource : Archives municipales de Lyon

Campagne d’affichage
source : Archives municipales de Lyon

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La révocation de l’édit de Nantes

Dragonnades et abjurations

dragonnadeDans les provinces, les intendants recourent à des manières brutales comme d’enlever des enfants pour les baptiser en dépit de leurs parents. Certains imaginent aussi de loger des dragons de l’armée chez les adeptes de la «Religion Prétendue Réformée». Ces «missionnaires bottés» se comportent comme en pays conquis, n’ayant pas scrupule à piller, violer et parfois tuer leurs hôtes. Par le fait de ces «dragonnades», les conversions forcées se multiplient.

Sur la foi de rapports optimistes, le Roi-Soleil en vient à croire que la religion réformée n’est plus pratiquée dans le royaume. Il considère donc que la tolérance instituée par Henri IV n’a plus lieu d’être et révoque l’édit de Nantes.

Avec l’Édit de Fontainebleau, le roi interdit la pratique du culte protestant, ordonne la démolition des temples et des écoles, oblige à baptiser dans la foi catholique tous les enfants à naître, ordonne aux pasteurs de quitter la France mais interdit cependant aux simples fidèles d’en faire autant, sous peine de galères.

L’opinion catholique, y compris les plus illustres écrivains de l’époque applaudit à la mesure. Dans l’entourage du roi, il n’y a guère que Vauban qui s’y oppose avec une honnête et courageuse lucidité.

 

719688685Très vite, le roi peut mesurer l’étendue de son erreur. Des foyers de résistance se forment. Les dragonnades doivent reprendre. Dans les Cévennes (Lozère et nord du Gard), la révolte des Camisards éclate en 1702.

Sans attendre la publication de l’édit de Fontainebleau et malgré l’interdiction qui leur est faite de s’enfuir, près de 300.000 «religionnaires» quittent la France pour des refuges tels que Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap en Afrique du Sud.

Ces exilés issus de la bourgeoisie laborieuse vont faire la fortune de leur pays d’accueil et leur départ va appauvrir la France en la privant de nombreux talents. Ils vont aussi nourrir à l’extérieur les ressentiments contre la France et son monarque.

 

http://www.herodote.net/18_octobre_1685-evenement-16851018.php

 

 

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Scandales ecclésiastiques

curesLes scandales sexuels impliquant des membres du clergé ont toujours fait sensation parmi la population. Et ils ne datent pas d’hier : au XVIIIe siècle, les faits divers mettant en scène des ecclésiastiques et des femmes de mauvaise vie étaient courants.

C’est grâce à un membre de GeneaNet qui a récemment publié dans les Relevés gratuits une centaine de notices concernant des procès-verbaux d’arrestations de curés au XVIIIe siècle, que nous pouvons aujourd’hui appréhender la réalité d’alors.

Parfois drôles, toujours émouvants, les scandales engendrés par ces arrestations ont été avalés par l’Histoire. On imagine bien volontiers l’opprobre jetée sur ces malheureux prêtres, curés, diacres, chanoines, etc, victimes de leurs pulsions charnelles.

D’autre part, une publication  faite en 1790 , après un long avertissement  non dépourvu d’intérêt, établit une liste des ecclésiastiques pris en faute.La_desolation_bis

J’en publie quelques extraits mais on peut trouver cet ouvrage à l’adresse suivante :

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58006712/f4.image.r=.langFR

 

 

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Arrestations d’ecclésiastiques : relevés d’actes dans les archives

Date : 27/07/1759
Nom : GUIBAL
Prénoms : Jean Jacques
Lieu d’origine : Lyon
Age : 50
Prénoms : Adélaïde
Sexe : F
Témoin 1 : SIREBEAU François Jean   commissaire au Châtelet
témoin 2 : MARAIS Louis  inspecteur de police
témoin 3 : VAUDRY   tenancière
Note : Infraction commise rue Croix des Petits Champs. Le prévenu est prêtre du diocèse de Lyon, curé de Villebois en Bugey, demeurant ordinairement au Tillay près Gonesse, à présent logé à Paris rue aux Fers, chez son frère, chez un marchand de tabac.

 

 

Date : 15/07/1760
Nom : TREYNET
Prénoms : Jacques
Lieu d’origine : Saint Genis près Lyon
Age : 22
Commentaire : clerc tonsuré du diocèse de Lyon
Nom : DESNONCOURT ET ST PONANGE
Sexe : F
témoin 1 : SIREBEAU  François Jean  commissaire au Châtelet
témoin 2 : MARAIS  Louis  inspecteur de police
témoin 3 : DESMARETS  tenancière
Note : Infraction commise rue saint Honoré, près les Pères de l’Oratoire . Le prévenu est bachelier en l’université de Valence, et est depuis 3 mois à Paris, logé rue de la Harpe chez le sieur DUTILLOY, limonadier, où il est en pension. Il a amené les deux prostituées à goûter derrière le Luxembourg , puis ramené chez leur tenancière

 

 

Date : 10/04/1755
Type d’acte : Divers
Nom : CHAMPION
Prénoms : François Guillaume
Lieu d’origine : Soissons
Age : 35
Commentaire : prêtre curé de Sainte Croix / Basserel, diocèse de Soissons
Nom Prénoms : BLAYE Marie Louise
Sexe : F
Lieu d’origine : Paris Saint Eustache
Age : 19
Commentaire : demeurant avec la Mitronne sa tenancière
témoin 1 : CHENON Pierre   commissaire au Châtelet
témoin 2 : DE LA VILLEGAUDIN  Pierre    inspecteur de police
témoin 3 : BERRIER
Note : Le contrevenant a dit être à Paris depuis le mardi précédent pour affaire et loger au Palais Royal chez son oncle PETIT, premier médecin de Monseigneur le Duc d’Orléans. L’infraction a eu lieu Rue Saint Honoré, dans une maison occupée en bas par le sieur CHARLES maître chapelier, et au fond de la cour par la Mitronne, tenancière. Le prévenu a dit s’être contenté de causer avec elle. Le rapport du sieur CHENON au sieur BERRIER stipule qu’il l’a trouvé s »amusant avec une fille d’amour, et qu’il leur avait demandé d’avoir quelques égards pour lui, que c’était la première fois qu’il venait dans un tel endroit, que sinon il serait perdu pour toujours. La fille confirma qu’elle ne l’avait jamais vu auparavant, que ni lui ni elle n’avait consommé, mais qu’elle était en état de dire qu’il avait un …. chrétien long d’un quart d’aune. Suit une lettre datée du lendemain matin à 8 heures ( le flagrant délit ayant eu lieu à 8 heures du soir ) de l’oncle du prévenu au sieur BERRIER, qui explique que son neveu est totalement innocent, que c’est lui qui l’avait envoyé chercher son fils chez une nommé GANTESSE habitant rue Saint Honoré. Il aurait demandé son chemin à la fille dont il est question, qui l’aurait entraîné. Il lui aurait fait des remontrances sur sa mauvaise vie et allait sortir quand les deux officiers sont arrivés.

 

 

Date : 22/07/1756
Nom : GASTON
Prénoms : Jean Louis
Sexe : M
Lieu d’origine : Rhodès ( Rodez ? )
Age : 33
Commentaire : professeur au collège de la Marche, prêtre du diocèse de Rhodès
Nom : ROGER
Prénoms : Madeleine Dite Montdor
Sexe : F
Lieu d’origine : Paris
Age : 19
témoin 1 : THIOT Antoine Joachim     commissaire enquêteur et examinateur au Châtelet
témoin 2 : MEUSNIER Jean Baptiste     inspecteur de police
témoin 3 : ROSOY  Catherine Dite Lavillette    tenancière
Note : Infraction commise rue de la Harpe, dans une maison vis à vis de la Rue de la Poupée, appartenant au sieur DUBUCHET greffier au Petit Châtelet lui-même demeurant rue de la Bûcherie. Le prévenu demeure rue et montagne Sainte Geneviève. Lorsqu’il a voulu partir, un particulier à lui inconnu a voulu l’en empêcher, ce qui l’a fait crier au voleur et à l’assassin, ce qui eut pour effet d’amasser la populace et d’attirer l’attention du guet. Le post scriptum de MEUSNIER précise que le prévenu est un libertin qu’il a déjà trouvé en mauvais lieu avec deux de ses frères le 22 mai précédent, chez la nommée STRAUSS dite de Bellefonds , avec laquelle il couchait de 4 à 5 fois par semaine. Avant, il vivait au même titre avec une certaine demoiselle LECLERC du Clouseau, actuellement rue de Tournon, qu’il avait escamotée au chevalier de Baux, ancien commandant du régiment d’Auvergne. Les auteurs du livre mentionnent qu’il paraît que les espions rôdaient autour de la maison en attendant l’arrivée du commissaire et de l’inspecteur mais comme le prévenu allait partir et eux perdre le fruit de leurs peines, ils l’arrêtent en ameutant le voisinage.
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1864 : Considérations sur l’Europe

Le journal de l’Ain   12 décembre 1864

B U L L E T I N 

Tout en Europe semble respirer la paix : l’Angleterre s’est retirée tout entière dans ses meetings; M. de Bismark dort sur ses lauriers de Missunde;   l’Autriche ne s’occupe plus que pour mémoire de l’affaire des duchés;  la Russie continue à se recueillir,  l’insurrection du Frioul est terminée;  le gouvernement italien parle de désarmer et Garibaldi n’a pas quitté Caprera.  En un mot, sur le continent, l’hiver paraît s’annoncer sous les plus calmes apparences.

La question financière est seule au premier plan de la situation. L’amélioration survenue dans notre marché monétaire, la hausse de Londres et des principales bourses européennes ont l’air d’indiquer que cette fois l’amélioration sera durable. La récente brochure de Mr Isaac Pereire, sur l’organisation du crédit, émet au surplus cette opinion que la crise est finie et que nous abordons une phase favorable aux affaires commerciales aussi bien qu’au crédit public.

Après les finances, viennent les projets de réforme et ces projets sont assez nombreux.

On assure, à Londres, que M. Duruy aurait écrit à un de ses amis qu’il avait proposé à l’Empereur l’enseignement obligatoire.

On dit, à Paris, que le conseil d’Etat, vient d’être saisi de l’examen de deux projets de loi destinés à figurer parmi les travaux de la prochaine session législative. L’un de ces projets serait relatif à l’imprimerie et à la librairie, l’autre aurait pour objet des réformes à introduire dans l’exercice de la pharmacie. En revanche, on ajournerait le projet sur la propriété littéraire, afin de le remanier.

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