La fête de la Saint Denis

Le 11 octo­bre 1711, c’était le pre­mier jour de la vogue de St Denis de Bron. Cette fête exis­tait depuis des temps immé­mo­riaux, depuis les Gaulois de Condate au moins, et c’était la fête de Bacchus, ou Dionysos, que les curés de l’époque avaient bien vite trans­formée en St Denis. D’évidence on s’y rin­çait bien le cor­gno­lon, mais cette vogue avait la par­ti­cu­la­rité que tout le monde pou­vait s’insul­ter libre­ment sans que les urbains, la police de l’époque, inter­vien­nent. Cela deve­nait un jeu à qui se dirait les insul­tes les plus gros­siè­res. On en a gardé cer­tai­nes expres­sions lyon­nai­ses qui pour­tant sont on ne peut plus affec­tueu­ses, comme « Ah, te v’là cha­ro­gne ! » et bien d’autres encore. Alors, vous pensez bien que fête pareille, ça attirait plein de monde.

 

 

Le Pont du Rhosne ou Pont de la Guillotière

pont guillCe 11 octo­bre 1711, tout le monde était bien allumé mais la vogue allait s’éteindre, il se fai­sait tard et il fal­lait ren­trer. À cette époque il n’y avait qu’un seul pont, qui était très long, pour tra­ver­ser le Rhône, celui qu’on appelle aujourd’hui le pont de la Guillotière, et ce pont fer­mait la nuit. Du côté de la Guillotière, où il y avait de grands tène­ments agri­co­les, le pont com­men­çait à la « place du Pont » (d’où ce nom qui est resté même si le pont n’est plus là) et il y avait une tour d’octroi, avec une porte et un pont levis. De l’autre côté il allait pres­que jusqu’en Bellecour où il y avait une bar­rière (d’où la rue de la Barre). Tous ces gens qui ren­traient de la vogue par la Guillotière, bien fioles de col­la­gne, se pres­saient pour arri­ver avant la fer­me­ture du pont pour ren­trer chez soi.

V’là t’y pas qu’en face débou­chait de Bellecour le carosse de Madame Servient, qui se ren­dait sur ses terres sur la rive gauche. Mais son carosse a été accro­ché par un char­roi venant en sens inverse et fut ren­versé en plein milieu du pont, ce qui pro­dui­sit une bar­rière infran­chis­sa­ble sur laquelle la foule vint se heur­ter et l’empê­chait de tra­ver­ser. Ceux qui étaient en tête, pres­sés par ceux qui sui­vaient furent écrasés les uns sur les autres. On dénom­bra 241 vic­ti­mes dans ce qu’on appela « le tumulte du pont du Rhosne ». Il y eut en effet 25 per­son­nes noyées dans le fleuve, et 216 mortes écrasées.

Madame Servient, dame Catherine de Mazenod de son nom de jeune fille, fut si tel­le­ment frap­pée par cette tra­gé­die, qu’elle laissa tous ses immen­ses domai­nes de la rive gauche « au profit des pau­vres » de la ville de Lyon. Auteure invo­lon­taire de cette catas­tro­phe, rongée par le remords, elle donna donc ce qu’elle appela « sa part de Dieu ». Cependant, les échevins, les élus muni­ci­paux lyon­nais ne firent pas grand cas de son voeu, puisqu’on voit bien ce qu’il en est advenu de la « Part-Dieu ». Si ce fut la prin­ci­pale ori­gine de la for­tune des Hospices Civils de Lyon, ce ne furent pas les pau­vres qui en pro­fi­tè­rent.

voir la narration complète dans les archives départementales

http://rebellyon.info/Le-11-octobre-1711-la-tragedie-du.html

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Le « tumulte » du pont de la Guillotière

Lyon  vers 1700Pont_sur_le_RosneLe fleuve, à cet endroit, constituait la frontière entre le Dauphiné et le Lyonnais. On marqua cette frontière située à la hauteur de la sixième pile rive droite par la construction d’une porte munie d’un pont-levis en bois. Rive droite, côté Lyon, l’entrée était encadrée par deux tours rondes qui constituaient la porte Bourgchanin. Le parapet était large seulement de cinq à six mètres. Ce pont énorme donnait un côté fantastique au paysage lyonnais comme se plaisent à le montrer certaines gravures. La circulation était très difficile sur ce pont unique. Ce qui donnait lieu à des embouteillages parfois dramatiques, comme le fameux «tumulte du pont de la Guillotière» qui se produisit le dimanche 11 octobre 1711.

Une foule nombreuse de Lyonnais se rendit à Bron, sur l’autre rive, pour fêter Saint-Denis. Ce cortège serré revient en fin d’après-midi alors qu’en face roulait dans son carrosse attelé de deux chevaux, Catherine de Mazenod, veuve de Monsieur de Servient, propriétaire de la plus grande partie de la rive gauche. Suivie d’une charrette de tonneaux vides, elle se rend chez elle à la maison forte de La-Part-Dieu. L’impatience du cocher dans cette foule ajoutée aux fausses manoeuvres entraîne le renversement du carrosse. La charrette entre en collision avec lui. La foule se heurte à cette barricade involontaire et ceux qui suivent poussent vigoureusement écrasant et étouffant les malheureux arrivés les premiers. Certains se jettent à l’eau. Les soldats, au lieu de porter secours, pillent les victimes… On relèvera 216 morts et repêchera 25 noyés.

voir la narration complète dans les archives départementales

http://fleuverhone.voila.net/5_HOMMES.html

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Le grand malheur à la porte du Rhône : 1711

A la fin du registre de 1711, on trouve ce texte imprimé. Cette version a été éditée en 4 pages sans doute pour être vendue dans la rue par les crieurs.

Le carrosse est celui de Mme de Servient.

Dans le registre des sépultures de 1711 de St Nizier ou celui de l’hospice, on trouve plusieurs pages d’actes consacrés à des personnes décédées ce jour-là.

AD69  BMS 1711  Bron

 

Relation du grand malheur arrivé à la porte du Rhône à Lyon,

 

le 11 octobre de l’année 1711,

 

au retour de la promenade de Bron, hors les faubourgs de la Guillotière

 

Il n’y a personne dans le monde qui ne doive être surpris du malheur arrivé à la porte du Rhône de la ville de Lyon car depuis que la ville a été édifiée, il n’en a jamais été parlé d’un semblable, ni même en aucune autre ville du Royaume et on ne doute pas qu’il ne soit très difficile aux personnes qui ne l’ont pas vu d’y ajouter foi, quoique l’on ait mis dans ce détail que ce qui est véritable et dont l’attestation se rendra sans doute commune et s’étendra dans toutes les villes de l’Europe et même ailleurs.

On commencera donc par vous dire, que le onzième du mois d’octobre de cette année 1711, les Peuples de la Ville de Lyon furent à une promenade à un village nommé Bron, hors le faubourg de la Guillotière, à une petite lieue de cette ville, comme ils ont coutume de faire toutes les années le dimanche après la fête de Saint Denis ; comme le temps fut très beau cette journée-là, la quantité des personnes qui y furent était si grande qu’il est impossible de les nombrer.

On y conduit ordinairement des denrées de la ville et du faubourg, et des vins des villages voisins de celui-là. Chacun y peut boire et manger selon ses moyens et sa nécessité ; cependant, on a remarqué que depuis longtemps, on n’a pas vu retirer le peuple si tranquille et moins pris de vin que ce jour-là.

Un grand nombre de personnes étaient déjà rentrées dans la ville, et les autres arrivaient continuellement, quand la nuit commençant de s’approcher, quelques personnes mal avisées fermèrent la barrière qui est à l’entrée de la ville près du Corps de Garde, à dessein, dit-on, de faire contribuer ceux qui resteraient plus tard en arrière, c’est-à-dire après l’heure ordinaire que l’on a coutume de fermer la porte. Le nombre des personnes qui furent arrêtées par cette barrière était très considérable et s’augmentait toujours par ceux qui arrivaient incessamment et à la hâte. Il survint dans ce moment un carrosse qui ne pouvait passer sans ouvrir cette barrière. Au moment qu’elle fut ouverte, chacun se pressa d’entrer à dessein de se retirer dans sa maison. Mais malheureusement, la plupart n’eurent pas ce bonheur car quelques uns étaient tombés par accident ou autrement ; ils ne purent être relevés, bien au contraire. Les autres arrivant sans cesse, leur tombèrent dessus, mais en si grande quantité qu’il leur était impossible d’avancer ni de reculer. Beaucoup d’autres restèrent tout droits et si étroitement pressés qu’ils ne pouvaient aucunement remuer ni respirer, de sorte que tant de ceux qui étaient dessous, il y en eut près de trois cents d’étouffés. Plusieurs personnes assurent que c’est un coup prémédité parce qu’en premier lieu, la barrière demeura longtemps fermée et pendant ce temps là, des centaines de personnes pillaient tout ce qu’ils attrapaient. Ceux qui eurent le bonheur d’éviter la mort perdirent leurs chapeaux, perruques, cravates et cannes ; leur argent leur fut volé dans leur poche et on les emportait presque tous demi-morts. Les femmes perdirent leurs coiffures, leurs chaînes, colliers et collants ; leurs bagues leur furent arrachées des doigts ; leurs pendailles, leurs tabliers, jusqu’à y perdre leurs souliers et leurs jupes ; et de ceux-là, les uns avaient la tête cassée, les autres les bras, les jambes, d’autres qui ne pouvaient plus respirer ayant l’estomac offensé. Et depuis les sept heures jusqu’à minuit, on ne cessa de porter à l’hôpital ou dans les maisons ceux que la faveur voulut bien qui se retirassent de cet embarras ; et de ces personnes qui ont été maltraitées, il en meurt tous les jours beaucoup.

On voyait des mères qui priaient ces personnes qui, à le bien dire, sont la cause de ce malheur, de sauver du moins leurs pauvres enfants, mais ils ne les écoutaient pas. D’autres femmes présentaient leurs joyaux afin d’avoir la vie, et cependant pour cela n’en étaient pas retirées ; mais au contraire, on voyait donner des bourrades, des coups de bâton ; rompre les chaînes et les colliers au col des femmes, et par ces efforts, les étouffer. Après quelques temps, ceux qui étaient dessous furent retirés, et les magistrats arrivant, pour calmer ce désordre, ordonnèrent que l’on rangea des deux côtés ceux qui étaient morts afin de donner passage à ceux qui étaient restés en arrière sur le pont qui ne commencèrent à entrer qu’environ les deux heures après minuit ; et les portes demeurèrent ouvertes toute la nuit.

Ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que les chevaux du carrosse, dont il a été parlé, sans faire aucun mouvement, furent étouffés dans la foule ; et l’on ajoute qu’un tel accident ne peut pas être arrivé sans que le sort le plus fatal ne s’en soit mêlé, ou que la plus grande malice humaine n’ait exercé tout son artifice pour ce sujet.

Messieurs de la Justice s’occupèrent toute la nuit à faire transporter les corps morts sur le rempart, au bastion le plus prochain de la porte mais ils furent bien surpris de voir que ces personnes mortes étaient presque toutes nues. Le nombre de ceux qui furent portés dans cet endroit, est de deux cent dix-neuf, tant hommes que garçons, femmes, filles, enfants, grands et petits ; et on fit ouvrir deux femmes enceintes, dont leurs enfants donnant signe de vie furent ondoyés et après posés sur le corps de leur mère. On fit mettre le sceau à chacun des corps, comme c’est la coutume, et le lendemain matin, chacun vint reconnaître ceux qui leur appartenaient ; mais ce ne fut pas sans une grande désolation, car les cris et les pleurs de ceux qui y reconnaissent leurs parents faisaient trembler et émouvaient un chacun à la pitié. Toute cette journée se passa dans une grande tristesse, laquelle dure encore, et durera bien longtemps.

On promit à ceux qui le souhaitaient d’emporter ou faire emporter ceux qui leur appartenaient, et les autres furent enterrés dans la paroisse d’Ainay qui, ce jour-là, eut une terrible occupation.

On n’a pas pu savoir le nombre de ceux qui furent jetés dans la rivière dans le fort du désordre qui dura six heures, par les mains de certains mal intentionnés et sans crainte de Dieu, cependant on nous assure qu’on en a déjà trouvé plusieurs au lieu de Pierre Bénite, à environ une lieue de cette ville, et qui étaient dépouillés de tous leurs habits.

On entend tous les jours faire des plaintes et des gémissements, quand on pense à ce malheur, et les personnes les mieux sensées ne peuvent point comprendre comment cela peut être arrivé, et qu’il y ait eu tant de personnes mortes ou blessées dans un si petit espace de terrain, qui ne peut être que de cent pas tout au plus de longueur, et environ sept à huit de largeur. Ils conviennent tous que c’est une action préméditée et complotée entre plusieurs méchants dont on n’est point informé du nom ; mais qui pourront bien être découverts dans la suite par la permission divine, qui ne laissera pas un semblable crime impuni, et par les soins que prennent continuellement les juges équitables qui composent la Cour Souveraine des Monnaies, et la sénéchaussée, et le Siège Présidial de cette ville, aidés des magistrats, de la noblesse et de toute la bourgeoisie qui demande tous les jours à Dieu vengeance d’une action si énorme et dont le souvenir fait horreur.

On compte des blessés ou des morts le nombre de mille à douze cents personnes, et encore ne le peut-on pas savoir au juste, d’autant que la ville est grande et qu’il y en a de tous les quartiers.

Quelques précautions qu’eussent pris les auteurs de cette fatale catastrophe pour cacher aux yeux des hommes leur scélératisme, ils ne le purent cacher aux yeux de Dieu ; ce juge suprême inspira aux célèbres magistrats de la cour des Monnaies de découvrir ces malheureux. Monsieur Cholier, président et assesseur criminel, dont l’intégrité et la vigilance dans les affaires est égale, fit des informations. Le nommé Belair, sergent de la porte du Rhône fut arrêté et mis aux prisons de Roanne ; ce sage magistrat reçut les dépositions des plaignants, les recollements et confrontations, et par sentence, le dit Belair fut condamné à être rompu vif et amendé au Roi de la somme de 500 l et de 200 l pour faire prier Dieu pour le repos des âmes de ceux qui sont morts. Ce malheureux fut exécuté le mercredi 21 octobre. Il mourut avec une résignation fort  grande aux ordres de Dieu, après avoir déclaré ses complices, que la justice divine ne laissera pas sans punition. Son corps a été porté aux Platières de la Guillotière pour servir d’exemple aux méchants.

A Lyon, proche la Boucherie de l’Hôpital, du côté du Rhône, à l’enseigne de la Sêpe

 

Pour voir une reconstitution de Lyon en 1700 :

http://lyon-en-1700.blogspot.fr/

Pour voir des plans de Lyon au 17ème siècle et vers 1700 :

http://www.archives-lyon.fr/static/archives/contenu/old/fonds/plan-g/41.htm

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1755 : Séisme à Lisbonne

AMLyon  St Pierre / St Saturnin  BMS 1756  vue 112

L’an 1755, le 1er novembre, il arriva à Lisbonne un tremblement de terre si violent qu’il renversa tout à coup toutes les églises, le palais royal et la plus grande partie des maisons. Les quatre éléments, l’air, le feu, la terre et l’eau semblaient conspirer à la fois contre cette ville. Il se fit sentir jusqu’ici, la Saône changea son cours en refluant jusqu’à L’Ile Barbe. Pendant, la famille royale de Portugal fut obligée de se retirer à Belem à une lieue de Lisbonne où elle logeait dans des chaumières. Elle fut préservée de tout accident tandis que peut-être dix mille hommes furent les victimes de la mort. Ce tremblement de terre se fit sentir successivement dans tout le globe terrestre mais particulièrement en Afrique où des villes furent totalement englouties, des îles des Açores disparurent par cet événement. Je n’en dis pas davantage parce qu’il y a plusieurs histoires qui peuvent instruire les curieux.
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1709 : Le grand hyver

1709 : « Le grand hyver » sévit : froid polaire, famine suivis d’épidémies. La population est décimée.

 

AD69   Chasselay  BMS 1709  vues 9 et 10  Curé Mallet

 

Le cinquième janvier de l’année 1709, veille des Rois, s’éleva sur le midi, après quelques jours de pluie et souffla pendant plus de trois semaines une bise si violente et si froide que les rivières gelèrent si profondément que les charrois y passaient dessus en sûreté. La gelée pénétra plus de trois pieds dans la terre et fit périr toutes les semences.
Il y eut quelques jours de relâche et de dégel par la pluie. C’est ce qui fit le plus de mal car la bise ayant recommencé plus fort qu’auparavant, il n’y eut plus d’espérance de récolte. La terre, sur la fin de mars et au commencement d’avril, parut toute nue et découverte comme s’il n’y eut jamais de blé semé. Le froid fut si violent que tous les noyers à la réserve de quelques petits moururent aussi bien que la plus grande partie des arbres fruitiers. Près de la moitié des vignes mourut aussi. Le blé monta à un prix excessif. On serait à la veille d’une famine générale par l’espérance qu’on avait toujours que le blé repousserait fondée sur ce qu’on n’avait jamais ouï dire ni lu dans aucune histoire que les blés gelassent et mourussent en terre.
On en était entêté de telle sorte dans les villes que l’Intendant de Lyon fit publier une défense à peine de la vie de relabourer et resemer les terres. Mais au mois d’avril et de mai, voyant que les blés étaient véritablement péris, les défenses furent levées et on se pressa de toutes parts de semer les orges, les seigles, blés noirs, blés turquins, fèves et haricots.
Et Dieu, fléchi par les processions générales, les prières publiques, les jeûnes, les expositions du Saint Sacrement, les confessions et communions qui furent ordonnées et faites par tout le royaume, donna un temps si favorable et si propre pour faire sortir et mûrir ces menus grains que leur abondance générale sauva les hommes et les animaux d’une mort inévitable.
Plusieurs cependant périrent de faim et de froid. Les oiseaux tombaient morts par la vigueur du froid et on tua plusieurs bestiaux dans les étables. Le pain fut à Lyon cependant par les soins des magistrats à un prix au-dessous de celui du blé, le froment ayant valu jusque vingt francs le bichet, le seigle jusqu’à seize, l’orge jusqu’à quinze, le blé noir jusqu’à treize, l’avoine jusqu’à cinq, le pain jusqu’à dix, les lentilles jusqu’à douze, les fèves jusqu’à quatorze, les …… jusqu’à dix-sept,  la douzaine d’œufs jusqu’à trente sols.
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1766 : hiver rigoureux et phénomènes inexpliqués

AD38  Anjou   vue 140  BMS 1745-1792

 

L’année 1766 a été des plus disetteuses. L’hiver a été des plus longs et des plus rigoureux puisqu’on a trouvé dans cette paroisse en certains endroits que la gelée avait pénétré 30 pouces et demi dans la terre et jusque dans les caves ; ainsi la gelée a augmenté la perte du blé en périssant les truffes, châtaignes, raves, fruits … Un tiers des châtaigniers sont péris et autres arbres. Les vignes pareillement ; par conséquent il y a eu bien peu de vin qui s’est vendu 16 sols au pressoir. Le blé a valu à la fin de l’année jusqu’à 29 livres le settier. Le froid est descendu au thermomètre de Mr de Réaumur un degré de plus qu’en 1740.
Le vin a valu à la fin de l’année 29 sols la charge. Les braves cabaretiers ont aussi eu soin de le vendre 6 sols le pot. Et on était assez fou que de remplir leurs cabarets comme s’il n’avait coûté que 3 sols. L’homme n’est-il pas un vrai animal indéfinissable ? Qui voudrait le nier ne serait-il pas lui-même un vrai fou ?
Le 30 mai, vendredi , dans l’… du très saint sacrement, depuis cinq heures du soir jusqu’à huit, on entendit toutes les demi-minutes, un bruit comme un coup de canon qui semblait venir de Surieu sans que personne ait pu m’éclaircir à quelle occasion se faisait cette espèce de canonnade, où et par qui ; malgré les fréquentes informations que j’en ai faites auprès de grand nombre de personnes, il y a plus : pendant que cette artillerie jouait, on entendait dans l’air un autre bruit qui semblait approcher du sifflement de quelque bête.
Le 31, la grêle tomba sur les huit heures et demie du soir sans éclair ni tonnerre ni pluie pendant quelques minutes sans dommages et quelques moments après, un ouragan et la pluie survinrent et tout de suite un bruit comme d’un charivari se fit entendre dans l’air. Je puis attester ces phénomènes parce que j’en ai été témoin et que mon ouïe n’était assurément point visitée, ni celle de bien des gens qui, comme moi, les ont entendus. Je puis, dis-je, attester ces phénomènes mais je ne saurais les expliquer ainsi que ceux qui souhaiteront en apprendre la nature, la cause … consultent un physicien plus éclairé que moi.
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Hiver 1788/1789

AD38  vue 160  BMS 1771-1792   St Jean de Bournay / St Pierre

L’hiver cette année a été des plus longs et des plus rigoureux. Il a commencé à la Saint Martin et est toujours allé sans relâche en augmentant jusqu’à la fin de janvier. Les ablutions ont gelé dans le calice. Depuis le 28 décembre jusqu’au 7 janvier, le vin a de même gelé dans plusieurs caves. La misère a été des plus grandes   tant pour le bois que pour les autres provisions de première nécessité.
Les chemins ont été longtemps impraticables à cause de la quantité de neige dont ils étaient remplis, non pas qu’il en soit tombé beaucoup mais parce que les grands orages avaient formé partout des fondrières. Le Rhône extrêmement bas avait gelé au point qu’on le traversait chargé des fardeaux les plus pesants. Les moulins à Lyon, à Condrieu, ne pouvaient moudre. On était obligé de venir moudre à Vienne.
Tous les puits et presque les autres sources étaient taris. A St Jean, pendant quelques jours que la rivière ne pouvait donner d’eau, les habitants de St Jean étaient obligés de fondre de la neige pour leur soupe. On faisait venir l’eau des fontaines de Bas. Les pauvres de cette paroisse ont été secourus. Aucun n’a souffert. Leur rente la vingt-quatrième leur a fourni du pain. Les âmes charitables les ont pourvus de bois au point que nul n’a souffert comme dans la plupart des autres paroisses.
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Chroniques d’Azolette

À Azolette, petit village à côté de Propières, au pied du col des Echarmeaux en Haut Beaujolais, le curé DELACROIX nota sur les registres paroissiaux les événements importants survenus dans la région entre 1783 et 1786. Il y est notamment question du climat et de l’évolution du petit peuple devenu moins obéissant dans les années précédant la révolution.

 

AD69   Azolette  BMS 1783 cc   vues 8 et 9

1783 : Catastrophes naturelles

L’année 1783 fut remarquable par plusieurs grands événements, la paix fut conclue entre la France, l’Angleterre et les Etats-Unis d’Amérique.
La Sicile et la Calabre furent bouleversées par de fréquents et violents tremblements de terre. La ville de Messine fut presque entièrement abîmée. On fait monter à environ cent mille âmes le nombre de ceux qui périrent dans les différentes secousses qui bouleversèrent une grande partie de l’Italie méridionale. Nous eûmes ici en février de cette même année des vents très violents qui se soutiennent depuis le commencement jusqu’à la fin de ce mois. C’est précisément à cette époque que le fond de l’Italie essuya les plus violentes commotions.
Ces désastres ne pouvaient manquer de faire grand bruit dans toute l’Europe. Dans ce pays-ci, le peuple se persuada que nous allions être tous engloutis ; pleins de cette idée, quelques uns se confessèrent comme devant bientôt mourir. J’en ai trouvé qui m’ont demandé très sérieusement si je ne savais pas qu’il devait y avoir un tremblement de terre général qui devait nous abîmer. Il est aisé de sentir que cette opinion du peuple avait son origine dans les calamités qui désolaient l’Italie.
Quoi qu’il en soit, il y eut effectivement dans ces montagnes une très légère secousse de tremblement de terre le dimanche 6 juillet vers dix heures du matin ; elle fut si peu sensible que je ne m’en aperçus pas. Cependant, plusieurs personnes, les bergers surtout qui étaient dans les champs, ceux qui gardaient pendant le service divin, à Propières, à Saint Germain et ailleurs, dirent avoir senti une secousse et avoir entendu un bruit semblable à peu près à celui que ferait un char roulant. Je suspendis mon jugement à cet égard. Je pris une connaissance exacte du jour et de l’heure, et je fus convaincu de la vérité du fait, après avoir reçu plusieurs lettres de Bourgogne, qui toutes convenaient sur l’heure, le jour et le moment précis où la secousse s’était fait sentir ici. La commotion fut bien plus sensible à Beaune, à Châlon, à Sennecey que dans nos régions et la frayeur aussi par conséquent.
Cette commotion fut précédée d’un phénomène singulier, lequel ne l’annonçait pourtant pas. Dès le 15 juin, l’air se couvrit d’une espèce de brouillard très peu dense qui n’empêchait pas que le soleil ne dardât tous ses feux ; mais il était d’une rougeur sanguinolente. Cela dura ici environ quinze jours et près de trois semaines en Bourgogne. Personne ne se souvenait d’avoir rien vu de semblable, en été surtout. Quelques physiciens prétendirent que ces vapeurs qui occasionnaient cette rougeur extraordinaire du soleil, étaient une suite des tremblements de terre de Messine et de la Calabre ; mais ce qui paraît détruire cette opinion, c’est que ces vapeurs et cette couleur écarlate dans le soleil furent aussi sensibles à Stockholm et dans tout le nord de l’Europe qu’ici.
La récolte de toutes les espèces de grains fut très médiocre. Le froment valut cinq livres mesure de Chauffailles et le seigle trois livres douze sols. On recueillit pourtant tout sans accident.
Curé Delacroix

 

 AD69  Azolette  BMS 1784  vues 7 et 8

1784 : plus d’aisance

 L’année 1784 a complètement rempli les espérances du laboureur, toutes les récoltes ont été bonnes, celle du blé, seigle surtout aussi la diminution du prix de l’année précédente fut-elle de plus de vingt sols par mesure pour le seigle d’abord après la récolte.  La moisson du seigle s’ouvrit ici dès le cinq juillet et la terre fut généralement précoce. Nous fûmes sur le point de tout perdre le dix juin, jour de la Fête Dieu, le temps s’obscurcit vers les deux heures du soir, à un point qu’on y voyait à peine à lire à l’église, plusieurs paroisses éloignées à notre couchant furent saccagées et une partie de la Dombe eut aussi beaucoup de mal. Nous fûmes heureusement préservés, nous et nos environs, à ce danger. Après, la saison des chaleurs ne fut pas orageuse, les chaleurs ne furent pas non plus bien vives.  Le mois de septembre fut le plus chaud de l’année, les dix huit premiers jours surtout étaient étouffants, on s’attendait à ne faire que du mauvais vin, à cause des fraîcheurs du mois d’août ; on fut trompé, et le vin eut une qualité très passable. Il y a même des provinces où elle fut très bonne.
Cette année peut être regardée comme l’époque de l’établissement de la filature du coton dans nos régions, les toiles en coton ayant pris faveur et la main d’œuvre étant conséquemment chère, tous les manœuvres voulurent avoir des rouets. Les femmes pauvres quittèrent leurs quenouilles qui ne leur offraient plus qu’un bénéfice inférieur à celui qu’elles trouvaient dans la filature du coton. Dans peu, la main d’œuvre de la filature du chanvre doubla de prix. La raison de cette dernière augmentation est aisée à deviner. Cette cherté de la main d’œuvre contribua plus que tout le reste à répandre parmi le peuple une certaine aisance qui fut surtout sensible en 1785 et 1786, et qui ne dut son affaiblissement qu’à celui du commerce des toiles de toute espèce, lesquelles tombèrent beaucoup de prix vers la fin de 1786. Les denrées ayant beaucoup diminué de valeur en 1784, 1785 et 1786 et la main d’œuvre ayant été généralement chère pendant ces trois années, les petites gens devinrent singulièrement insolentes. Les plus pauvres faisaient composer les riches et n’étaient contents de rien. Cette dépravation de la portion la plus misérable des habitants de la campagne fut portée à son comble à la fin de 1785 et les six ou sept premiers mois de 1786. La grande abondance de vin qu’on fit dans le Beaujolais en 1785 et le très bas prix de cette denrée donnèrent aux mendiants eux-mêmes la facilité d’en avoir. On se porta à tous les excès de l’intempérance en 1786. Le peuple ivre de sa prospérité n’écoutait plus les pasteurs et je compris alors mieux que jamais que la famine ou du moins une disette telle que celles de 1770, 1771 et 1774 était un moindre mal pour le peuple qu’une grande abondance.
Inerasatus, impinguatus, dilatatus dereliqui? deum factorem secum et recessi? a Deo salutari suo    Denter 32
(Je ne suis pas latiniste mais je crois comprendre que l’abondance éloigne l’homme de Dieu)
C’est à quoi doivent s’attendre les pasteurs, toutes les fois que le peuple ne manque de rien. Voyez les remarques sur les années 1785 et 1786.
Curé Delacroix

 

 AD69  Azolette  BMS 1785   vues 6 et 7

1785 : du vin à volonté

 L’hiver de 1785 sera longtemps mémorable par la grande abondance de ses neiges. La campagne en fut couverte durant six mois, à peu près, c’est à dire depuis le mois de décembre 1784 jusque vers la fin d’avril 1785. Comme il en était beaucoup tombé durant l’hiver 1784, on n’eut jamais imaginé que le suivant en donnerait encore en plus grande quantité. On fut trompé. Il en tomba à deux ou trois reprises jusqu’à 13 ou 14 pouces. Ce qu’il y a de singulier, c’est que le pays plat à notre couchant et à notre levant en eurent une plus grande quantité que nous. Il s’en fit partout en rase campagne, comme dans nos montagnes, des amas considérables, ces amas furent surtout occasionnés par une bise violente qui s’éleva le dimanche de la Passion 13 mars. A la suite d’une grande chute de neige, les chemins se trouvèrent obstrués partout dans la plaine comme dans les montagnes. C’est un fait dont je pourrais prendre à témoin toutes les provinces qui nous environnent. Ces neiges du mois de mars ne furent pas les dernières, les chutes du mois d’avril ne furent guère moins abondantes. On m’en croira si l’on veut, mais je certifie que le 14 avril, étant à Chalon sur Saône, j’ai vu de mes yeux, sur la place du Châtelet, un tas de neige de la hauteur au moins de 14 pouces. Il y aurait à parier que pareille chose ne s’était vue depuis un ou peut-être deux siècles.
Le mois de mars fut ici le plus froid de l’année, et au rapport de plusieurs personnes, le plus froid qu’elles eussent encore vu. L’été ne nous donna pas de grandes chaleurs, et ne fut du tout point orageux.
Il y eut peu de paille, mais beaucoup de grain. A tout prendre, la récolte de 1785 fut assez bonne, aussi les grains ne haussèrent-ils pas de prix. Jamais on ne vit une aussi grande quantité de vins : la Bourgogne ne savait que faire des siens. Il y eut des particuliers dans cette province à qui les tonneaux et les frais d’amas coûtèrent plus que ne leur rendirent leurs vins. Ils  étaient à rien. Personne en Bourgogne ne se souvient d’avoir vu une année si abondante. Le Beaujolais n’équivalut pas tout à fait pour la quantité des vins à la Bourgogne ; cependant il en fit encore beaucoup plus qu’il n’aurait voulu. Il semble que l’abondance aurait du produire dans ces provinces la richesse, le contraire arriva. La futaille et les frais d’amas ruinèrent le cultivateur. Les vins furent à si bas prix que le vigneron ne fut que faiblement dédommagé de ses peines. Il ne lui resta presque rien sur la vente, le prix des tonneaux et les frais de vendange défalqués. On avait du vin, et du bon vin, tant qu’on en voulait pour quarante livres la botte. On en avait même à moindre prix. L’avantage ne fut donc que pour les consommateurs. Aussi les plus petites gens et les mendiants eux-mêmes eurent-ils du vin et telle fut la principale cause des désordres en tous genres qui inondèrent nos montagnes et qui furent portés à leur comble depuis la fin de 1785 jusque vers le milieu de 1786 et même au-delà. Le commerce tant devenu florissant dès l’année 1784, et le vin étant à rien après la vendange de 1785, le menu peuple fut absolument indisciplinable.
Les chanvres réussirent très bien en 1785 et passablement les deux années suivantes.
L’automne fut singulièrement sec, la plupart des sources tarirent, celles- là même qui de mémoire d’hommes n’avaient pas été desséchées. Ce qui étonnera, c’est que le 25 novembre, les sources n’étaient point émues, et qu’on ne savait où prendre de l’eau.
Curé Delacroix

 

AD69   Azolette  BMS 1786   vues 7 et 8

1786 : Les récoltes

 La récolte en blé seigle a été généralement bonne dans toute la Montagne, celle du froment médiocre, quoique les autres menues graines n’aient pas été abondantes, que les avoines aient été presque nulles et les blés noirs aux deux tiers égrenés par les vents de l’automne, cependant que le seigle a été à bas prix toute l’année. Le prix courant a été de quarante deux à quarante huit sols. Le vin était si commun vers la fin de 1785 et au commencement de 1786 que les plus petits manœuvres de cette paroisse et des paroisses des environs en avaient fait une provision. Aussi l’intempérance et les désordres de toute espèce ne furent plus communs. Le peuple ne montra que trop que la prospérité est un fléau plus terrible pour lui que toutes les autres calamités.
L’année qui s’annonçait pour devoir être tardive ne le fut pourtant pas. Les quinze derniers jours de juin furent très orageux. Nous partageâmes la frayeur, mais non pas le malheur de bien des pays.
La grêle emporta tout le 15 juin, jour de la Fête Dieu, depuis les environs de St Bonnet de Joux jusqu’à Baudrière, de l’autre côté de la Saône, douze lieues de terrain en longueur sur cinq quarts de lieue en largeur furent écrasés. Sennecey le Grand en Bourgogne fut haché avec ses environs.
Les 14 et 16 du même mois furent encore funestes à Tournus, à ses alentours et à d’autres paroisses de la Bourgogne.
L’été ne nous donna pourtant presque point de chaleur. L’hiver ne nous donna de la neige qu’une seule fois, et celle qui tomba les premiers jours de novembre 1786 fut à peu près la dernière. La température fut douce en janvier et février 1787.
Le Beaujolais recueillit peu de vin, et le mâconnais encore moins. La Bourgogne fut mieux partagée.
Le commencement de 1786 a été l’époque de la refonte de toutes nos monnaies en or.
Curé Delacroix

 

 AD69   Azolette   BMS 1787  vues 8 et 9

Déficit

C’est au commencement de 1787 que s’est tenue l’Assemblée des notables de la nation à laquelle le déficit immense dans les finances avait donné lieu. L’abîme de ce déficit fut assez bien approfondi. Ce fut à peu près tout le fruit de cette Assemblée qui dura depuis le jour des Cendres 21 février jusqu’à la veille de la Pentecôte.
Curé Delacroix
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Saisons dérangées

 AD38  Anjou vue 170  BMS 1745-1792

Jusques à quand verrons-nous augmenter la misère ? Il n’y a pas apparence qu’elle diminue encore. Puisque le dérangement des saisons arrive chaque année, les plus belles apparences de récoltes nous charment depuis bien du temps. Mais hélas, à peine le mois d’avril est-il parvenu au milieu de sa course que nous voilà replongés dans la consternation et ce malheur sur nous arrive ou nous menace depuis 1758. Cette année, sur le soir du mardi 16 avril, il commence à neiger avec un froid bien sensible, causé par une bise très violente ; les nuits des 17, 18 et 19 nous firent trembler. Et s’il ne gèle pas bien fort, ce fut une espèce de miracle. Les fruits ont été cependant tous perdus et les noyers fort endommagés : grand nombre sont morts ; la sève alors en mouvement ayant été tout … arrêtée. Le blé a valu pendant un mois et demi, savoir, depuis la mi-mai jusqu’au commencement de juillet, 24 sols. Le vin est allé à 14 sols au pressoir.
La neige continue par intervalles jusqu’au 22, laquelle fondait cependant puisque Mrs les chanoines du noble chapelain de St Pierre ont bien voulu se prêter à la décoration du sanctuaire dans l’église cette année 1771 et ont commis à cet effet le Sieur Chatellet, vitrier, vernisseur et peintre en marbre, habitant à Vienne, lequel arriva ici le dimanche 18 août avec les sieurs Devaulx, peintre et Bernizet, menuisier, celui-là compagnon du dit Chatellet, celui-ci Maître ardoisier à Vienne ; le 19, commencèrent à s’établir pour leurs travaux ………………………………………………….
(suit une longue énumération des travaux à exécuter parmi lesquels la réfection d’un tableau dont la description est sans concession)
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Fièvres

AD69  Villeurbanne   vue1  BMS 1746

 

Fièvres   (statut des enfants !!)

Cette année 1746 au mois d’août, les fièvres ont été si générales que les trois quarts et demi de la paroisse en ont été attaqués. On s’en plaint dans la Bresse, Bugey, Lyonnais etc… On a été contraints de cesser de battre le blé jusqu’au 16 août. Il n’en est mort personne, Dieu merci, que des enfants comme on verra dans les registres suivants.
L’année 1747, il est mort quantité de personnes.
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