Publié le janvier 1, 2013
 AD38 Anjou vue 170 BMS 1745-1792
Jusques à quand verrons-nous augmenter la misère ? Il n’y a pas apparence qu’elle diminue encore. Puisque le dérangement des saisons arrive chaque année, les plus belles apparences de récoltes nous charment depuis bien du temps. Mais hélas, à peine le mois d’avril est-il parvenu au milieu de sa course que nous voilà replongés dans la consternation et ce malheur sur nous arrive ou nous menace depuis 1758. Cette année, sur le soir du mardi 16 avril, il commence à neiger avec un froid bien sensible, causé par une bise très violente ; les nuits des 17, 18 et 19 nous firent trembler. Et s’il ne gèle pas bien fort, ce fut une espèce de miracle. Les fruits ont été cependant tous perdus et les noyers fort endommagés : grand nombre sont morts ; la sève alors en mouvement ayant été tout … arrêtée. Le blé a valu pendant un mois et demi, savoir, depuis la mi-mai jusqu’au commencement de juillet, 24 sols. Le vin est allé à 14 sols au pressoir.
La neige continue par intervalles jusqu’au 22, laquelle fondait cependant puisque Mrs les chanoines du noble chapelain de St Pierre ont bien voulu se prêter à la décoration du sanctuaire dans l’église cette année 1771 et ont commis à cet effet le Sieur Chatellet, vitrier, vernisseur et peintre en marbre, habitant à Vienne, lequel arriva ici le dimanche 18 août avec les sieurs Devaulx, peintre et Bernizet, menuisier, celui-là compagnon du dit Chatellet, celui-ci Maître ardoisier à Vienne ; le 19, commencèrent à s’établir pour leurs travaux ………………………………………………….
(suit une longue énumération des travaux à exécuter parmi lesquels la réfection d’un tableau dont la description est sans concession)
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