Noyade d’un enfant

 

 

AD38  Septème  D 1793-1815   vue 139

 

Du vingt-huit Floréal an douze de la République Française, sept heures du soir, nous, Joseph Riondet, juge de paix et officier de police judiciaire de la commune de Vienne, arrondissement du nord ; sur l’avis que nous avons eu que l’enfant de Pierre Lentillon, jardinier à Pont-Evêque sur Septème, s’était noyé dans la rivière de Gère, sur les trois heures après midi près l’écluse du citoyen Ginet, nous sommes transportés au domicile du dit Lentillon et lui avons demandé s’il était vrai que son enfant se fut noyé ; à quoi le dit Lentillon a répondu qu’il avait passé la journée à travailler dans la vigne du citoyen Bailloud près la porte Serpaize et qu’on était allé le chercher pour venir secourir s’il était possible son enfant qui venait de tomber dans la rivière ; qu’arrivé chez lui, il avait vu son enfant mort et sans espoir d’être rappelé à la vie ; qu’il avait interrogé les voisins et qu’on lui avait rapporté qu’aujourd’hui sur les trois heures après midi, son enfant jouant sur le bord de la rivière avec trois autres enfants, était tombé dans l’eau et s’était noyé ; que le citoyen Colomb officier de santé, appelé pour administrer des secours, avait inutilement employé les ressources de son art ; qu’enfin son enfant était décidément mort.

Nous avons demandé au dit Pierre Lentillon le prénom, le sexe et l’âge de son enfant ; à quoi il a répondu que cet enfant se nomme Joseph Lentillon, qu’il est du sexe masculin et âgé de huit ans.

Nous nous sommes faits représenter l’enfant. Nous avons reconnu qu’il est effectivement du sexe masculin et qu’il est réellement sans vie et sans mouvement. Nous avons interrogé Rosalie Philibert Combe, Pierre Meysson et Jean Barajon, tous les trois enfants du même âge que Joseph Lentillon et qui s’amusaient avec lui sur les bords de la rivière ; ils ont tous les trois déclaré que le dit Joseph Lentillon tirait une branche de la rivière et que, par la secousse, il est tombé dans l’eau et a été emporté par le courant ; qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu pour le sauver mais qu’ils n’ont pu y réussir ; qu’enfin, ils sont venus avertir les parents de Lentillon du malheureux événement ; qu’aux cris qu’ils ont jetés, le citoyen François Griffay est accouru et a pêché l’enfant ; que c’est alors que le citoyen Colomb qui passait par hasard dans le quartier a été appelé pour donner des secours qui ont été inutiles.

Nous, juge, nous sommes enquis particulièrement si les faits énoncés ci-dessus étaient vrais et ils nous ont été affirmés sincères par tous les voisins et notamment par la femme Allard et par Françoise Bailloud.

Nous avons laissé l’enfant à la disposition de son père, l’avons invité à faire la déclaration à la commune et à pourvoir à l’inhumation : de tout quoi acte et avons signé avec la dite Françoise Bailloud, non les autres pour ne savoir, enquis et requis.

 

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Testament

 

 

AD38  St Jean de Bournay   BMS 1725-1736   vue 230

 

Testament de Dame Louise Michalet Dugas épouse de noble Benoît Marin sieur Dugas du treizième juin mil sept cent vingt-huit reçu Me  Etienne Jubié notaire royal de St Jean de Bournay et y résidant ; elle veut dans son dit testament qu’annuellement et à perpétuité il soit délivré à trois pauvres de la paroisse natifs, il soit délivré à chacun d’eux trois aunes de serge du pays lesquels trois pauvres ils seront choisis par son héritier, son époux et par le Sr curé desservant la paroisse et à commencer une année après son décès et ainsi continuera à perpétuité, le tout à la charge de son héritier. De plus elle donne et lègue au Sr curé de St Jean et à ses successeurs desservant le bénéfice, la somme de six livres qui lui sera payé annuellement et à perpétuité par son dit héritier et à commencer à son décès pour laquelle somme le dit Sr curé célèbrera ou fera célébrer annuellement et à perpétuité cinq messes, savoir une grande messe le jour de St Louis au mois d’août à l’honneur de ce saint son patron au grand autel, deux messes basses de requiem à l’autel de notre dame du Rosaire et deux autres messes basses de requiem à l’autel de St Joseph, le tout en l’église du dit St Jean et ainsi continuera annuellement et à perpétuité à la forme sus réglée pour le repos de son âme et de celle du dit Sieur Dugas son mari.

Le testament a été reçu par Me Etienne Jubié, notaire de cette paroisse le dix-huit juin mil sept cent vingt-huit et c’est de lui que j’ai reçu le mémoire couché sur le présent registre pour y avoir recours en cas de besoin et le dit mémoire écrit de la main du sus dit notaire, je l’ai mis dans la liasse des papiers concernant l’église et la cure, en foi de quoi me suis signé.

 

Curé de St Jean

 

Le dit Sr Dugas m’a payé et lui ai passé quittance le 31 janvier 1735 pour l’année précédente échue à la St Louis et a habillé des pauvres comme il est porté par le testament de son épouse.

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Un père très absent

 

 

AD38  St Jean de Bournay  BMS 1774-1781   vue 4

 

L’an mil sept cent soixante quatorze et le quatorzième du mois de janvier, après trois publications faites dans cette paroisse et dans celle de St Martin de la ville de Vienne aux messes du prône, nous, curé soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Pierre Duranthon, tisserand, résidant dans cette paroisse depuis environ un an, fils légitime de feu Claude Duranthon de la paroisse d’Artas et de défunte Elisabeth Ogier ; et à Elisabeth Patton, fille mineure de Charles Patton, marchand de ce lieu et de défunte Jeanne Crochat, mariés ; le dit Charles Patton étant absent depuis environ quatorze ans qu’il a passés dans le pays étranger en qualité de soldat canonnier où l’on croit qu’il est mort, la dite Elisabeth Patton, sa fille a été autorisée pour son présent mariage par Sr Claude Cuzel son oncle par alliance qu’elle s’est nommé pour son curateur de concert avec ses parents paternels. Le mariage a été célébré en présence de …….

 

Robin, curé

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Témoignage

 

 

AD38  Culin   BMS 1696-1793   vue 375

 

Nota par une suite du grand hiver dernier, nous n’avons eu dans ce pays que très peu de châtaignes, point de noix, quelques fruits, assez bonne récolte en grain et le blé augmentant chaque marché à cause des accaparements, il valait au mois de novembre plus de 9 livres et au commencement de 1790 il revint à 6 livres 12 sols. Le vin valait alors 24 livres la charge. Du 8 juillet eu 7 août 1789, tous les châteaux, monastères, papiers, terriers, à plus de dix lieues à la ronde furent incendiés, pillés, saccagés, sous les faux bruits de permission du roi ou d’ennemis voisins entrés en Dauphiné. Les acteurs de ces tristes scènes étaient les mauvais sujets de chaque paroisse dont on ne put arrêter la fureur que par le supplice de quelques uns, des chefs.

Le tableau sous le vocable de St Didier titulaire de la paroisse et de St Clair, copatron a été placé deux heures après midi le 30 octobre 1789 par les soins et les demandes réitérées du curé soussigné. Il fut peint à Vienne par le Sr Jayet. Les plus anciens n’avaient jamais ouï parler d’aucun tableau dans cette église, surtout au grand autel.

 

Curé Jacquemard

 

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