Querelles de voisinage

AD38 Veyrins BMS 1680-1742 vue 62

Le curé de Veyrins a eu de nombreux démélés avec ses paroissiens au sujet d’un chemin traversant ses terres et il juge bon d’informer ses successeurs de la situation.

 

Mes chers successeurs, je trace ici les raisons qui m’ont déterminé à faire condamner le chemin qui traversait le fonds obit et la basse-cour de la cure depuis les serves de Musy jusqu’à l’entrée du cimetière posée du côté du village de Veyrins.

1° Le sieur Musy du Molard Gabriel se jactait d’avoir acquis le passage par le sol et par la basse-cour de la cure. Cette jactance faite contre toute sorte de droit contre l’honneur, la probité et la vicinité annonçait le prix qu’il prétendait avoir sur les cures de Veyrins en les assujettissant à une servitude induée et la plus onéreuse qu’il puisse être.

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2° Les passants qui se multipliaient à l’infini pouvaient tuer, voler, incendier la grange, la cure et l’église ce qui serait arrivé plusieurs fois lors des fiançailles, des noces et le jour de la fête Dieu ne m’étais trouvé présent pour l’empêcher ; il était encore un autre danger évident, les ivrognes de Teppes, Mont Maurin, le Molard, de Chassin se retirant des cabarets de Veyrins partaient et se retiraient la nuit à toutes heures des torches de paille qui ont souvent failli incendier la grange.

Ce chemin ouvrait la porte aux voisins à venir voler le bois du curé ce qu’on m’a fait plusieurs fois et à porter les tonneaux déposés dans la basse-cour dans les serves Musy. Les bestiaux du voisinage étaient à tout instant dans la basse-cour et dans les pièces créées dans les marais défrichés et desséchés. Les chiens de toute la paroisse réunis à Veyrins se répandaient dans les récoltes du marais et surtout quand les chiennes étaient en folie. Les ânes du meunier Musy étaient journellement dans les ….. y provenant et causèrent des ravages étonnants la nuit ou le jour ; les chars et charrettes venaient contourner dans la cour ne se pouvant faire ailleurs à cause de son peu de largeur quand elles se rencontraient dans le susdit chemin. Les curés n’entendaient que les sottises des muletiers, charretiers et libertins la nuit et le jour.

Voilà en abrégé les principales raisons qui m’ont déterminé à le faire interdire aux habitants de Teppes, Mont Maurin, le Molard et Chassin, les plus intéressés à passer par lechemin. Melchior Musy à la tête de tous ces habitants vint renverser les clôtures faites sur le décret du Vibally qui a été confirmé par arrêt du 2 juillet 1780 rendu à Grenoble au rapport de Mr de Chalon commissaire à ce député, voyez l’arrêt dans son sac attaché à mes imprimés et à deux de Musy ayant égaré l’autre chez le procureur Allégret et Dubois procureur de Musy.

Quand j’aurais cent plumes, cent têtes et cent langues, je ne pourrais tracer toutes les impertinences que les gens de Veyrins, du Molard, de Mont Maurin, Teppes et Chassin ont vomi contre moi. Cela doit vous suffire pour ne jamais négliger de tenir barré entre la grange et le cimetière pour n’être plus exposé à tout ce que je trace ici, pour vous instruire de l’importance de cette négligence et des conséquences fâcheuses qui en résultent. Je l’ai éprouvé, vous devez m’en croire puisque j’écris ceci pour votre avantage et pour votre instruction ; enfin, les peines, les inquiétudes que cette affaire m’a données sont inouïes,

Après l’intimation de l’arrêt, ils sont venus encore renverser les clôtures, la nuit emporter le bois et le brûler. Ils ont fait ce train tous les dimanches et …… deux fois par jour.

Et malgré le roi et la justice, ils voulaient passer par ce chemin escarpé sur le sol obit qui doit être conservé tel qu’il a été donné par Claude Patricot par son testament du trois mai 1680.

fait ce 10 août 1780

 

Blanc, curé de Veyrins

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Qui est le père ?

AD38   Commelle  BMS 1659-1675   vue 11

 

Le 15 août 1661 j’ai baptisé dans l’église de Commelle un enfant illégitime. La mère s’appelle Anne Marie de la dite paroisse, le nom du père étant incertain tant à cause de la variété des déclarations de la dite Anne Marie mère qu’à cause du procès qui est pour cet effet par devant le juge de la Coste Saint André. Je le laisse en blanc jusques à ce que par la cour en soit ordonné. La dite Anne nia dit. Pourtant l’enfant a été à Hiérosme Desgranges. Le parrain Mathieu Digeon, la marraine Marguerite Marie. L’enfant s’appelle Pierre ainsi le certifie en présence de Me Michel Argoud advocat en la cour, Nicolas Brierion et Jacques Crétignon.

 

Dufayet, vicaire

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Mort d’un blasphémateur

AD38   Commelle  BMS 1659-1675  vue 76

 

Le premier octobre 1663 Guichard Chappuis de Revel, habitant à Commelle, reçut un coup d’épée dont il mourut sans donner aucune marque de repentance bien qu’auparavant il eut blasphémé et juré les noms de Dieu plusieurs fois scandaleusement en présence de plusieurs personnes ce qui m’obligea à envoyer en diligence à Monseigneur l’Archevêque pour savoir si je lui donnerai la sépulture ecclésiastique (attendu que les canons et les casuistiques défendent d’enterrer dans le cimetière les blasphémateurs publics mourant sans donner des signes de pénitence) et ensuite des ordres de Monseigneur. Il fut enterré hors du cimetière, proche la maison curiale du côté de bise.

 

Richard, curé

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Un petit malin

AD38   Commelle  BMS 1675-1727   vues 227-228

 

Le 20 juillet 1720, François Vian épousa Clauda Vidon à Commelle après bien des soucis.

 

Déclaration  (du notaire)

 

Par devant moi André Bouchier notaire royal de Beaurepaire …… ; ce cinquième jour du mois  de juillet après midi mil sept cent vingt furent présents honnêtes Claude et Antoinette Roux frère et sœur et Etienne Bel du lieu de Faramans, lesquels m’ont déclaré qu’ils ont ouï dire plusieurs fois à François Vian de Commelle que pour s’exempter de marcher dans la milice qui fut levée environ l’année mil sept cent deux, il fit courir le bruit qu’il se mariait avec Marguerite Lambert fille de Pierre de Sardieu à présent femme de Barthélémy Palit du dit Faramans et qu’il avait fait dresser un faux certificat de promesse de mariage sur lequel il fut fait  des publications dans l’église de Commelle. Et quelques jours après, Etienne Bel laboureur du dit Faramans s’étant trouvé un jour de dimanche à la messe paroissiale du dit Commelle il entendit publier (comme il l’assura) les dites promesses de mariage et en donna même avis à la dite Lambert qui n’y  fit aucune attention parce qu’elle crut qu’il se moquait d’elle. Et la dite Lambert étant de même ici présente, elle déclara qu’elle n’a jamais contracté aucune promesse de mariage avec le dit François Vian et que s’il ya eu quelques proclamations faites dans l’église de Commelle, ce n’a pas été de son consentement, ni sur aucun certificat de notaire royal, se départ en tant que de besoin de tout laquelle pourrait prétendre contre le dit Vian et consent qu’il se marie avec qui bon lui semblera, obligeant soumettant renonçant, fait et stipulé à Faramans, maison de la dite Roux, en présence d’Antoine et autre Antoine Combalot père et fils grangers à Sérelier, témoins requis et signés, non les dites parties pour être illettrées.

 

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Lettre de l’archevêque au curé de Commelle :

 

Gardez-vous bien Monsieur d’aller avant dans le mariage qu’on vous propose que vous n’ayez mis tout en usage pour vérifier la tromperie que celui qui veut se marier vous a faite. Il faut faire des perquisitions à la paroisse de Faramans et si vous découvrez  que véritablement il vous a voulu surprendre, je vous conseille de vous en faire faire une déclaration par un acte public, c’est là mon sentiment et ce que je crois que vous devez faire et ensuite comme il vous contera de la liberté des personnes  vous pourrez faire le mariage après les publications.

Je suis monsieur, votre humble et très affectionné serviteur.

 

Crillon archevêque deVienne

A Vienne, le 23 juin 1720

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Le catalogue des morts

AD38   St Agnin sur Bion  BMS 1715-1759   vue 16

 

Les prêtres recevaient des fondations sous forme de biens immobiliers, d’argent ou de nourriture de la part des paroissiens. Ces subsides leur permettaient de vivre et en contrepartie, le prêtre devait dire des messes pour les morts. Le service n’était pas le même selon que vous étiez « puissant ou misérable ».

Il existait donc un catalogue des morts et certains se trouvaient « en tête ».

 

J’avertis que Louis Gaget de Lorme tient un petit fond en Lorme d’une ancienne fondation, de laquelle fondation on trouvera une expédition a partinqua dans les papiers de la cure ; le dit Louis Gaget ne m’a pas fourni l’expédition de son contrat comme il la doit, n’ayant pas daigné la lui demander à cause de mauvaises affaires qu’il a eues ; il doit une livre un denier par année pour des messes.

Michel Foulieu Gaget tient aussi un petit bois châtaigneraie pour la somme de 2 livres 10 sous et une poule qui sont pour tenir à perpétuité en prières un de ceux qui sont à la tête du catalogue, je ne sais pas lequel c’est.

Plus Jean Roy Vattuel tient un fond pour la somme de 4 livres aussi pour un de ceux qui sont à la tête du catalogue.

Et Jacques Jocteur dit Bastian tient un autre fond à Bagneux pour la somme de 7 livres, 2 chapons et deux poulets annuellement, de même pour ceux qui sont à la tête du catalogue de la liste des morts.

Tous sont à perpétuité ; il n’y a que Delle Gasparde Nugue qui y est gratis, aussi bien que Sieur Mathieu Gallicet et mes parents.

Nota que Jean Roy et Michel Foulieu Gaget ci-dessus nommés tiennent sans contrat et par une pure complaisance de ma part les fonds qu’ils tiennent.

 

Me Gallicet, curé

 

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Fille naturelle et illégitime

AD26 St Martin en Vercors BMS 1609-1705 vue 236

 

Le vingt quatrième mars mil six cent nonante neuf a été baptisée Marie Piquet fille naturelle de Paul autrement nommé St Pierre le jeune, dragon dans la compagnie de Monsieur Descamps capitaine dans le régiment de Lautret et de Jeudy Algand habitante de St Martin de Vercors et la dite Jeudy Algand ayant ci-devant déclaré entre les mains des officiers de châtelinie du dit St Martin s’être trouvée enceinte du fait du dit Paul Piquet, laquelle déclaration est entre les mains du greffier de la communauté du dit St Martin disant aussi la dite Jeudy Algand que le dit Paul Piquet se dit natif de la ville de Lyon.

Le parrain de la dite Marie Piquet est Jean Arnaud laboureur et sa marraine Marie Ardhuin habitante du dit St Martin, la dite Marie Piquet est née le dit jour et an ; la dite Marie Ardhuin a signé non les autres pour ne savoir enquis et requis.

 

Pallier, prieur et curé de St Martin en Vercors

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Consanguinité

AD26   St Martin en Vercors   BMS 1706-1737    vues 235 à 237

 

Echange de courriers pour régulariser la situation et mettre fin aux commérages

 

Monseigneur l’Evêque et Comte de Die,

Supplient humblement Antoine Brun de Corrençon* hameau du Villard de Lans et Marguerite Belle de Saint Martin en Vercors. Les suppliants ont contracté mariage ensemble et le dit Brun est venu en affillement sur le peu de peu de biens de sa femme et leur mariage fut béni le jeudi gras dernier. Depuis alors, on a fait apercevoir aux suppliants qu’ils se trouvent parents au quatrième degré de consanguinité de manière que par la soumission qu’ils doivent à l’église, ils exposent à votre grandeur à la faveur de leur pauvreté leur accorder la dispense du dit quatrième degré de parenté et les dispenser aussi de faire bénir de nouveau leur mariage qui a été béni de bonne foi et sans fraude et à cet effet imposer silence à toutes sortes de personnes de les troubler dans leur mariage sous prétexte de la dite parenté et ils prieront le ciel pour la longue vie, sûreté et prospérité de votre Grandeur.

Morin Clerc de Boudrat Procureur à Die

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Vu la présente requête avons commis le sieur Mangin, curé de Saint Martin en Vercors pour enquêter sur les faits et contenus

A Die dans notre palais épiscopal le 23 mars 1723

Gabriel Ev Comte de Die 

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Du 26 mars 1723 en vertu de la commission à moi donnée par Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Evêque et Comte de Die que j’ai reçue avec un très humble respect et à la requête d’honnête Antoine Brun enfant de Corrençon paroisse du Diocèse de Grenoble résidant aujourd’hui à St Martin en Vercors et honnête Marguerite Belle aussi du même lieu ont comparu devant moi prieur curé du dit St Martin, commissaire à ce député

1° Pierre Bec habitant de Corrençon témoin sommairement produit âgé comme il a dit environ de septante années, lequel moyennant son serment qu’il a prêté entre mes mains à la forme accoutumée n’étant ni créancier ni débiteur ni parent des dites parties ni autrement suspect a dit et déposé savoir de science certaine que Paul Gaillard et Marie étaient frère et sœur du lieu de Corrençon, que du dit Paul Gaillard est issue Magdeleine Gaillard et que de Magdeleine Gaillard est issue Marguerite Rochas et que de Marguerite Rochas est issue Marguerite Belle, partie intéressée.

A dit encore le dit Bec que Marie Gaillard a épousé Louis Brun et que de la dite Marie est issu François Brun et que de François Brun est issu Pierre Brun et que du dit Pierre Brun est issu Antoine Brun, partie intéressée.

Dont il résulte que les dites parties sont parents au quatrième degré de consanguinité.

2° Nous avons parlé à Etienne Revol du même lieu de Corrençon et à Michel Revol aussi du même lieu ont déposé que les parties ne se trouvent parents qu’au quatrième degré de consanguinité et nous ont dit le même fait que Pierre Bec.

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Fait à St Martin le vingt sixième mars mil sept cent vingt trois

Mangin prieur curé

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Attendu le mariage consommé de bonne foi et la connaissance venue après coup avons dispensé les dites parties du quatrième degré de consanguinité et voulons que la présente dispense soit enregistrée dans les registres de St Martin en Vercors et non ailleurs.

A Die, donné dans notre palais épiscopal le vingt septième mars mil sept cent vingt trois

Gabriel Evêque et Comte de Die

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* Corrençon était orthographié Courrenson.

 

 

 

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