Le « tumulte » du pont de la Guillotière

Lyon  vers 1700Pont_sur_le_RosneLe fleuve, à cet endroit, constituait la frontière entre le Dauphiné et le Lyonnais. On marqua cette frontière située à la hauteur de la sixième pile rive droite par la construction d’une porte munie d’un pont-levis en bois. Rive droite, côté Lyon, l’entrée était encadrée par deux tours rondes qui constituaient la porte Bourgchanin. Le parapet était large seulement de cinq à six mètres. Ce pont énorme donnait un côté fantastique au paysage lyonnais comme se plaisent à le montrer certaines gravures. La circulation était très difficile sur ce pont unique. Ce qui donnait lieu à des embouteillages parfois dramatiques, comme le fameux «tumulte du pont de la Guillotière» qui se produisit le dimanche 11 octobre 1711.

Une foule nombreuse de Lyonnais se rendit à Bron, sur l’autre rive, pour fêter Saint-Denis. Ce cortège serré revient en fin d’après-midi alors qu’en face roulait dans son carrosse attelé de deux chevaux, Catherine de Mazenod, veuve de Monsieur de Servient, propriétaire de la plus grande partie de la rive gauche. Suivie d’une charrette de tonneaux vides, elle se rend chez elle à la maison forte de La-Part-Dieu. L’impatience du cocher dans cette foule ajoutée aux fausses manoeuvres entraîne le renversement du carrosse. La charrette entre en collision avec lui. La foule se heurte à cette barricade involontaire et ceux qui suivent poussent vigoureusement écrasant et étouffant les malheureux arrivés les premiers. Certains se jettent à l’eau. Les soldats, au lieu de porter secours, pillent les victimes… On relèvera 216 morts et repêchera 25 noyés.

voir la narration complète dans les archives départementales

http://fleuverhone.voila.net/5_HOMMES.html

This entry was posted in Lyon and tagged , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post. Both comments and trackbacks are currently closed.