Triste sort

AD71 Colombier-en-Brionnais BMS 1703-1743 vue 7

En l’année 1711, Monsieur le Cardinal de Tournon fut envoyé dans la Chine pour examiner les différences qui étaient entre les Dominicains et les Jésuites touchant quelques points de la religion : par malheur pour lui, il pencha pour les Dominicains et donna le tort aux Jésuites qui, indignés de cette préférence cherchèrent tout ce qu’ils purent contre lui, et par leurs secrètes menées le firent confiner dans une étroite prison où il mourut de regret.

Le Pape au lieu d’avoir du ressentiment de la mort de ce grand homme, fut au contraire si bien gagné par les Jésuites, qu’il donna même le chapeau du Cardinal de Tournon à un Jésuite.

Un poète de notre temps a fait l’épigramme suivante là-dessus.épigramme 1711 AD71

 

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Lettre de l’évêque

lettre évêque de sens 91

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Scandaleuse

AD38   Les Avenières/Ciers   BMS 1653-1695   vue 58

 

Le douzième septembre 1669, j’ai baptisé Benoît, fils illégitime de Louise Bourgey, vivant publiquement depuis de longues années de mauvaise vie au grand scandale de tout le public, laquelle m’a déclaré en présence de Benoît Micoulloud, Jean Perronnet, de Pierre Guillaume Lambel, qu’elle le donne à Louis Carriot, fils de feu Jean Carriot. A été parrain honnête Benoît Micoulloud et marraine Magdeleine Rabatel, mère sage Laurence Fillet.

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An II : enceinte et déclarée

AD38  Morestel   N 1793-1810   vue 22

 

Du huitième jour de Floréal l’an second de la république française une et indivisible sur les sept heures du soir devant nous Antoine François Grandval juge de paix du canton de Morestel écrivant notre greffier

est comparue Rose Némoz, fille de Pierre Némoz, serrurier et à Benoîte Gonnet, âgée d’environ vingt-quatre ans, habitant au dit Morestel, laquelle sur la foi du serment qu’elle a prêté la main levée à la manière accoutumée, a dit et déclaré être enceinte du fait et œuvre du citoyen Jean Gourju, cultivateur et habitant au dit lieu depuis environ sept mois et demi, déclarant n’avoir jamais eu d’autres connaissances charnelles avec d’autres hommes, protestant de ses dommages et intérêts celui avoué de veiller à la conservation de son fruit sous les peines portées par la loi, de laquelle déclaration nous avons donné acte et n’a signé pour ne savoir, ainsi qu’elle l’a déclaré, enquis et requis, signé Grandval, juge de paix et Michoud, greffier.

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Venu de Hongrie

AD38  Creys  NMD an XI-1812   vue 131

 

Il s’agit de l’acte de mariage de Thérèse Sellon (fille de Vincent Sellon qui apparaît dans mon arbre généalogique) et Pierre Costaz. C’est l’identité de l’époux qui a retenu mon attention. Son nom paraît tout à fait « local » mais il a sans doute été francisé.

 

L’an 1812, le 24 du mois d’août …………………………. sont comparus pour contracter mariage,

D’une part, Pierre Adrien Costaz, âgé d’environ trente-deux ans, natif de Ste Judith près Petervaradin dans la Basse Hongrie, cultivateur domicilié à Creys, fils majeur et légitime de Jérémie Costaz dont il ne connaît pas le dernier domicile et dont il est dans l’impossibilité de produire l’acte de décès ou la preuve de son absence comme il est constaté par l’acte de notoriété dressé par le juge de paix du canton de Morestel le seize de ce mois et d’une mère dont il ne connaît pas le nom, ayant été enlevé en son domicile à l’âge de douze ans pour servir dans les troupes de l’empereur d’Autriche après le décès de sa dite mère, tout quoi il a déclaré avec serment être sincère et véritable.

D’autre part, Thérèse Sellon ………………………………..

 

Petervaradin ou Petrovaradin, situé au nord de la Serbie est une des deux municipalités qui composent la Ville de Novi Sad. C’est une région qui a connu différentes dominations au gré des nombreuses guerres qui l’ont traversée.

Le 5 août 1716, Petrovaradin fut le site d’une importante bataille dans laquelle le prince Eugène de Savoie vainquit les Ottomans commandés par le grand vizir.

Pendant la période autrichienne, Petrovaradin fut rattachée à la Slavonie (confins militaires).

L’Autriche, de 1792 (révolution française) à 1815 (guerres napoléoniennes) a été en guerre contre la France.

 

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La difficile naissance de l’école de la République

L’école publique

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L’école, la république et l’église

signature du concordatL’école a souvent été au coeur de violentes polémiques et l’est encore aujourd’hui. La naissance de la laïcité ne s’est pas faite sans douleur mais dans le monde actuel, elle apparaît comme une valeur incontournable.

 

Le concordat

 

Le 18 germinal an X (8 avril 1802), le Concordat est promulgué. Le texte a été signé le 15 juillet de l’année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII.

Le Concordat suscite de violentes critiques chez les anciens révolutionnaires mais il est accueilli avec un immense soulagement dans les campagnes. Il met fin aux  guerres civiles et religieuses qui avaient divisé les Français tout au long de la Révolution.

Dès l’élection du pape Pie VII, à Venise, en mars 1800, le Premier Consul manifeste le désir d’un rapprochement. Il en a besoin pour consolider son régime. A la différence des révolutionnaires qui avaient tenté d’exclure les religions de la sphère publique, il veut mettre l’Église catholique, encore très influente, à son service.

En signant le nouveau Concordat, le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution. De son côté, «le Gouvernement de la République française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la plus grande majorité des Français».

Le Premier Consul peut être satisfait car il conserve la mainmise sur l’organisation de l’Église catholique. Le clergé (24000 personnes) doit lui prêter serment de fidélité !

Le gouvernement s’engage à rémunérer les ministres du culte catholique ainsi que des autres confessions alors représentées en France : la confession d’Augsbourg – les protestants luthériens -, et les réformés – les protestants calvinistes -. Les juifs bénéficient des mêmes droits à partir de 1808. Il s’attribue qui plus est la nomination des évêques. Ces derniers sont ravalés au rang de fonctionnaires et peuvent être traduits devant le Conseil d’État en cas de désobéissance.

Le Concordat est resté pour l’essentiel en application en France jusqu’à la séparation des Églises et de l’État, en 1905.

Notons qu’il est toujours en vigueur dans les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle qui étaient sous domination allemande lorsqu’a été votée la loi de séparation de 1905. Ces trois départements ont obtenu, à titre exceptionnel, de conserver le régime Concordataire de 1801 après la Guerre de 1914-1918.

 

 

9 décembre 1905 : Séparation des Églises et de l’État

 

loi1905bLe 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État.

La loi s’applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d’Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l’Église catholique, l’un et l’autre se disputant le magistère moral sur la société.

Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Par cette loi, l’État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s’exonère pas de ses responsabilités.

Sur le plan financier, la loi a deux conséquences majeures :
– Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins…) ne sont plus rémunérés par l’État et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination,
– Les biens détenus précédemment par les Églises deviennent la propriété de l’État mais celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l’exercice du culte.

Pour les Églises, l’opération va s’avérer plutôt profitable (mais on ne s’en apercevra que bien plus tard). En effet, d’une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n’étant plus tenus de rendre des comptes à l’administration. D’autre part, les Églises ne vont plus avoir à leur charge l’entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises, temples…) préexistant à la loi de 1905. Elles ne devront plus assurer que l’entretien courant de ces édifices… Quand à ceux qu’elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.

Plus d’infos : http://www.herodote.net/index.php

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Enfants abandonnés

Les archives municipales de Lyon permettent l’accès aux registres des enfants délaissés ou abandonnés.

 

AMLyon  registre des enfants délaissés et abandonnés     La Charité  1771-1785

 

Messieurs les administrateurs ont encore reçu au nombre des enfants délaissés et abandonnés Pierre, Benoît et Catherine Pallabeau, trois des enfants légitimes de Jean Louis Pallabeau, affaneur et de Catherine Martin suivant leurs extraits de baptême, savoir celui de Pierre, du 2 septembre 1760, celui de Benoît du 20 juillet 1763 et celui de Catherine du 16 avril 1764, les trois extraits expédiés signés chacun Pinatel, vicaire de la paroisse de st Paul et après l’information faite par Mr Carrié Lieutenant de Messieurs les administrateurs qui a rapporté que les père et mère depuis quelques temps se sont absentés de la ville, ont abandonné leur domicile à leurs neuf enfants, savoir outre ceux-ci-dessus dénommés, Antoinette, âgée de quatorze ans, Jeanne Marie, âgée de douze ans passés et quatre autres qui ont été renvoyés pour être reçus en la même qualité d’enfants délaissés au grand Hôtel Dieu de cette ville, n’ayant pas l’âge requis pour être dans cet hôpital.

L’absence des dits père et mère est encore attesté par le certificat du 30 juillet dernier signé Chaix, capitaine du quartier du Change lequel certificat et les extraits de baptême ci-dessus énoncés ont été déposés dans les archives de cet hôpital et ont Mesdames et messieurs les administrateurs signé.

 

Note :

Le dit Pierre Pallabeau a été retiré par Joseph Martin, son oncle maternel, maître bourrelier demeurant rue Clermont ainsi qu’il le reconnaît et en décharge Mmrs les administrateurs.

A Lyon, le 23 octobre 1771

 

Autres exemples :

 

…. Le père étant décédé le 11 août dernier, ….. la mère a depuis quelques temps abandonné son domicile et ses dix enfants ……

 

…. Les père et mère depuis environ trois mois se sont absentés de la ville et ont abandonné leur domicile et leur enfant qui en est resté à la charge des voisins qui ne peuvent plus en prendre soin ….

 

… la mère étant décédée le 27 février de la présente année, ………, le père depuis quelques temps s’est absenté de la ville, a abandonné ses douze enfants qui sont restés à la charge de Thomas Bory, son père chez lequel il demeurait qui se trouve aussi hors d’état étant donné son grand âge et sa misère de garder tous les enfants dont l’aînée Françoise, âgée de douze ans, a été mise en apprentissage par Mr le curé d’Ainay …………..

 

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Mortalité des enfants en nourrice

Nombreux étaient les enfants de la ville en nourrice à la campagne ; nombreux aussi à mourir en bas âge. En quelques pages de registres, le bilan est déjà bien lourd.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 93 (curé Robion)

 

Le 27 septembre 1747  a été enterré Jean-Claude, mort en nourrice chez Pierre Vigny, âgé de deux ans, fils légitime de Jean Baptiste Pignière, satinaire à Lyon.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 184 (curé Fontanel)

 

Le 1er août 1758 a été inhumé un enfant nommé Mathieu, âgé d’environ 3 mois, fils de Sr André Trabaud, maître ferblantier rue Pêcherie à Lyon, ainsi que me l’a déclaré Claudine Martelat, veuve de Jean Piolat, sa nourrice.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 192

 

Marie Gabrielle, fille de Sr Jean Etienne Petiot, fabricant en étoffes d’or et d’argent, de Lyon, nourrie par la femme de Benoît Guigoz, maréchal de ce lieu, âgée d’environ 9 mois, décédée hier, a été inhumée dans le cimetière le vingt-troisième septembre 1759, ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 194

 

Le douzième mars 1760 a été inhumée dans le cimetière une fille âgée d’environ cinq semaines du nommé Jacques Morin, serrurier rue Bourgchanin à Lyon et de Marie Guiliomine mariée, au col de laquelle était une médaille ayant d’un côté le numéro 1866 et de l’autre l’inscription « enfant légitime de Lyon » ; la dite fille décédée hier en cette paroisse, hameau du Revollet où elle était nourrie par la femme de Claude Berger ; ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 198

 

Le vingt-troisième juillet 1760 a été inhumé dans le cimetière un garçon de Me Réginaud, maître satinaire, Grande Rue à Lyon, lequel était nourri par la femme de Jean Canel depuis environ deux mois ; ainsi je le certifie.

 

AD38  Artas  BMS 1737-1783  vue 201

 

Le cinquième avril 1761 a été inhumé dans le cimetière un enfant mâle du nommé Eutrope Giraud, cordonnier rue Thomassin à Lyon, âgé d’une semaine, ayant au col un plomb avec l’inscription « enfant légitime de Lyon » et sur le revers le numéro 9888, lequel était allaité par la femme de François Guillermin de la Grande Forêt ; ainsi je le certifie.

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La mortalité infantile

La mortalité infantile était très importante au 18ème siècle :

– un enfant sur quatre mourait avant 1 an.

– un enfant sur quatre mourait avant d’avoir 10 ans.

Seulement un enfant sur deux parvenait à l’âge adulte.

 

Statistiquement, il fallait quatre enfants pour assurer le remplacement de la population et davantage pour un accroissement. Les maternités étaient souvent très nombreuses et l’importance donnée à l’enfant moindre.

La mortalité infantile très élevée était due à un manque absolu d’hygiène et à une grande misère, des conditions de vie très dures et de nombreuses épidémies.

Les bébés étaient souvent laissés seuls pendant les travaux des champs. L’hiver, ils dormaient dans un lit commun et mouraient parfois étouffés. Il y a eu d’ailleurs une interdiction devant ce fait assez répandu.

La mort d’un enfant n’était pas considérée comme une perte irréparable et on pouvait donner le même prénom que celui de l’enfant disparu à un ou deux autres enfants nés ultérieurement.

Les infanticides n’étaient pas rares, notamment pour des enfants illégitimes ou malades.

L’abandon était considéré comme moins grave que l’infanticide. On les abandonnait dans la forêt puis au fur et à mesure on les laissait aux portes des églises et des institutions religieuses.

L’infanticide était en régression et les abandons se multipliaient. Au 17ème siècle, il y a eu      33 000 abandons d’enfants. L’église ouvrit alors des hospices pour accueillir tous ces enfants qui étaient parfois déposés devant la porte : les « tourniquets » permettaient de laisser l’enfant de manière anonyme.

A Lyon, la Charité et l’Hôtel-Dieu accueillaient des enfants malades ou non. La mortalité y était démentielle.

Une forme déguisée d’abandon était le recours à une nourrice. En milieu bourgeois, les nourrices étaient soigneusement choisies et vivaient dans la maison. En milieu pauvre et urbain, le père cherchait une nourrice à la campagne. Les contrôles n’étaient pas rigoureux.

Déjà, le voyage en charrette pour conduire le nouveau-né chez la nourrice comportait de grands risques (chutes, chocs, intempéries) et entre 5 et 15% perdaient la vie au cours du transport.

Les nourrices n’étaient pas toujours payées régulièrement et l’enfant était délaissé. Une forte mortalité était constatée par défaut de soin, maladie, froid … On en trouve de multiples exemples dans les registres paroissiaux.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la mortalité infantile augmenta de nouveau. L’industrialisation attirait les populations dans les villes et les épidémies, notamment le choléra, se répandirent. De nombreux décès subsistaient toujours chez les enfants placés en nourrice.

Il fallut attendre la fin du 19ème siècle, le développement de l’asepsie et une surveillance plus rigoureuse des enfants et des nourrices pour voir la diminution de la mortalité infantile. Ce phénomène ne fera alors que s’amplifier sauf lors d’épidémies particulièrement agressives.

 

Graphiques : Le premier n’a pas valeur statistique mais indicative. Il est basé sur les âges de décès connus des personnes de mon arbre (1000 individus). Il pourra être affiné si la base de données augmente de manière significative. Le second provient de L’Ined.

graphiquegraph_mortalite_infanti

 

 

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