Triste sort

AD71 Colombier-en-Brionnais BMS 1703-1743 vue 7

En l’année 1711, Monsieur le Cardinal de Tournon fut envoyé dans la Chine pour examiner les différences qui étaient entre les Dominicains et les Jésuites touchant quelques points de la religion : par malheur pour lui, il pencha pour les Dominicains et donna le tort aux Jésuites qui, indignés de cette préférence cherchèrent tout ce qu’ils purent contre lui, et par leurs secrètes menées le firent confiner dans une étroite prison où il mourut de regret.

Le Pape au lieu d’avoir du ressentiment de la mort de ce grand homme, fut au contraire si bien gagné par les Jésuites, qu’il donna même le chapeau du Cardinal de Tournon à un Jésuite.

Un poète de notre temps a fait l’épigramme suivante là-dessus.épigramme 1711 AD71

 

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Lettre de l’évêque

lettre évêque de sens 91

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Scandaleuse

AD38   Les Avenières/Ciers   BMS 1653-1695   vue 58

 

Le douzième septembre 1669, j’ai baptisé Benoît, fils illégitime de Louise Bourgey, vivant publiquement depuis de longues années de mauvaise vie au grand scandale de tout le public, laquelle m’a déclaré en présence de Benoît Micoulloud, Jean Perronnet, de Pierre Guillaume Lambel, qu’elle le donne à Louis Carriot, fils de feu Jean Carriot. A été parrain honnête Benoît Micoulloud et marraine Magdeleine Rabatel, mère sage Laurence Fillet.

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Epitaphe à Voltaire en 1781

AD38   La Balme les Grottes  BMS 1742-1792   vue 130

 

Voltaire est mort en 1778. Cette épitaphe a vraisemblablement été rédigée par le curé.

 

VoltaireEpitaphe faite à Voltaire en 1781

 

Ce superbe mortel qui durant tant d’hivers

A du bruit de son nom rempli tout l’univers,

Ce philosophe athée,

Cet habile orateur,

Qui du siècle où nous sommes

Fit la honte et l’honneur,

Ce réel ennemi des dieux,

Ce composé si monstrueux

Des grossières erreurs, des nobles connaissances,

Cet objet de mépris et d’admiration,

Voltaire enfin est mort trop tôt pour les sciences,

Et trop tard pour la religion.

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L’âme en paix

AD38  Morestel  BMS 1745-1774   vue 139

 

Le 2 janvier 1761 est décédé le Sieur Jean Martin. Le curé fait alors état des dernières volontés du défunt.

 

Le dit Sieur Jean Martin vivant fermier de Monsieur le Président Quinsonas à Vernet (?), m’avait déclaré, malade dans son lit, m’avait déclaré qu’il fut payé chaque année pendant l’espace de vingt ans par les héritiers après sa mort, ainsi qu’il en a chargé son fils et héritier honnête Michel Martin verbalement la somme de quatre livres pour être employées les dites quatre livres à célébrer des messes chaque année pour le repos de son âme et en conséquence, je lui ai passé quittance pour l’année mil sept cent soixante et un, le douze janvier année susdite, ce que je certifie véritable.   Qu’il voulait qu’il fût payé.

 

Meyssin, curé de Morestel

 

 

J’ai reçu de honnête Michel Martin, fils et héritier de défunt honnête Jean Martin la somme de quatre livres dont le dit Michel est obligé de s’acquitter envers les curés de Morestel, ainsi que son père me l’avait déclaré et l’a chargé chaque année pour célébrer des messes pour le repos de son âme pendant l’espace de vingt ans, dont quitte le dit héritier pour la présente année mil sept cent soixante et un au dit Morestel le douze janvier année susdite 1761.         Meyssin, curé de Morestel

Reçu aussi les dites quatre livres jusqu’inclus l’année mil sept cent soixante et dix           Meyssin, curé

Et inclus 1776         Meyssin, curé

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La difficile naissance de l’école de la République

L’école publique

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L’école, la république et l’église

signature du concordatL’école a souvent été au coeur de violentes polémiques et l’est encore aujourd’hui. La naissance de la laïcité ne s’est pas faite sans douleur mais dans le monde actuel, elle apparaît comme une valeur incontournable.

 

Le concordat

 

Le 18 germinal an X (8 avril 1802), le Concordat est promulgué. Le texte a été signé le 15 juillet de l’année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII.

Le Concordat suscite de violentes critiques chez les anciens révolutionnaires mais il est accueilli avec un immense soulagement dans les campagnes. Il met fin aux  guerres civiles et religieuses qui avaient divisé les Français tout au long de la Révolution.

Dès l’élection du pape Pie VII, à Venise, en mars 1800, le Premier Consul manifeste le désir d’un rapprochement. Il en a besoin pour consolider son régime. A la différence des révolutionnaires qui avaient tenté d’exclure les religions de la sphère publique, il veut mettre l’Église catholique, encore très influente, à son service.

En signant le nouveau Concordat, le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution. De son côté, «le Gouvernement de la République française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la plus grande majorité des Français».

Le Premier Consul peut être satisfait car il conserve la mainmise sur l’organisation de l’Église catholique. Le clergé (24000 personnes) doit lui prêter serment de fidélité !

Le gouvernement s’engage à rémunérer les ministres du culte catholique ainsi que des autres confessions alors représentées en France : la confession d’Augsbourg – les protestants luthériens -, et les réformés – les protestants calvinistes -. Les juifs bénéficient des mêmes droits à partir de 1808. Il s’attribue qui plus est la nomination des évêques. Ces derniers sont ravalés au rang de fonctionnaires et peuvent être traduits devant le Conseil d’État en cas de désobéissance.

Le Concordat est resté pour l’essentiel en application en France jusqu’à la séparation des Églises et de l’État, en 1905.

Notons qu’il est toujours en vigueur dans les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle qui étaient sous domination allemande lorsqu’a été votée la loi de séparation de 1905. Ces trois départements ont obtenu, à titre exceptionnel, de conserver le régime Concordataire de 1801 après la Guerre de 1914-1918.

 

 

9 décembre 1905 : Séparation des Églises et de l’État

 

loi1905bLe 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État.

La loi s’applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d’Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l’Église catholique, l’un et l’autre se disputant le magistère moral sur la société.

Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Par cette loi, l’État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s’exonère pas de ses responsabilités.

Sur le plan financier, la loi a deux conséquences majeures :
– Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins…) ne sont plus rémunérés par l’État et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination,
– Les biens détenus précédemment par les Églises deviennent la propriété de l’État mais celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l’exercice du culte.

Pour les Églises, l’opération va s’avérer plutôt profitable (mais on ne s’en apercevra que bien plus tard). En effet, d’une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n’étant plus tenus de rendre des comptes à l’administration. D’autre part, les Églises ne vont plus avoir à leur charge l’entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises, temples…) préexistant à la loi de 1905. Elles ne devront plus assurer que l’entretien courant de ces édifices… Quand à ceux qu’elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.

Plus d’infos : http://www.herodote.net/index.php

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L’usurpateur

AD42   St Priest la Prugne  1697-1715   vue 46

 

Ce jourd’hui vingt-huitième août de l’an mil sept cent cinq, j’ai recouvert les registres des mains du sieur Vicaud puisqu’il a déguerpi après plusieurs constatations scandaleuses. Le sieur Vicaud s’étant violemment emparé de ma cure, s’y maintenant à la tête de quelques canailles qui le soutenaient, en a été honteusement chassé par contraintes de justice, sentence et sauvegardes. Nonobstant les menaces, efforts et menées de Dom Hilaire, prieur religieux de Cunlhat qui se disant prieur seigneur du lieu, se conduisait en petit tyran de village et avec des apostats, par mille faux bruits, a taché inutilement d’empêcher le vrai titulaire de se mettre en paisible possession.

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La révocation de l’édit de Nantes

Dragonnades et abjurations

dragonnadeDans les provinces, les intendants recourent à des manières brutales comme d’enlever des enfants pour les baptiser en dépit de leurs parents. Certains imaginent aussi de loger des dragons de l’armée chez les adeptes de la «Religion Prétendue Réformée». Ces «missionnaires bottés» se comportent comme en pays conquis, n’ayant pas scrupule à piller, violer et parfois tuer leurs hôtes. Par le fait de ces «dragonnades», les conversions forcées se multiplient.

Sur la foi de rapports optimistes, le Roi-Soleil en vient à croire que la religion réformée n’est plus pratiquée dans le royaume. Il considère donc que la tolérance instituée par Henri IV n’a plus lieu d’être et révoque l’édit de Nantes.

Avec l’Édit de Fontainebleau, le roi interdit la pratique du culte protestant, ordonne la démolition des temples et des écoles, oblige à baptiser dans la foi catholique tous les enfants à naître, ordonne aux pasteurs de quitter la France mais interdit cependant aux simples fidèles d’en faire autant, sous peine de galères.

L’opinion catholique, y compris les plus illustres écrivains de l’époque applaudit à la mesure. Dans l’entourage du roi, il n’y a guère que Vauban qui s’y oppose avec une honnête et courageuse lucidité.

 

719688685Très vite, le roi peut mesurer l’étendue de son erreur. Des foyers de résistance se forment. Les dragonnades doivent reprendre. Dans les Cévennes (Lozère et nord du Gard), la révolte des Camisards éclate en 1702.

Sans attendre la publication de l’édit de Fontainebleau et malgré l’interdiction qui leur est faite de s’enfuir, près de 300.000 «religionnaires» quittent la France pour des refuges tels que Berlin, Londres, Genève, Amsterdam ou même Le Cap en Afrique du Sud.

Ces exilés issus de la bourgeoisie laborieuse vont faire la fortune de leur pays d’accueil et leur départ va appauvrir la France en la privant de nombreux talents. Ils vont aussi nourrir à l’extérieur les ressentiments contre la France et son monarque.

 

http://www.herodote.net/18_octobre_1685-evenement-16851018.php

 

 

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Texte d’une abjuration

 

Les conversions forcées perdurent encore longtemps après la promulgation de l’édit de Fontainebleau par Louis XIV et exigent parfois de très longues et très précises déclarations :

 

 

AD71  Vaudebarrier  1747-1791   vue 53

 

Je Henriette Anne Develay, majeure et fille de Gabriel Develay, avocat et conseiller de la ville d’Yverdon et de Suzanne Elisabeth Jaccoud de Payerne, née en la dite ville d’Yverdon en Suisse, canton de Berne, demeurant à présent dans la ville de Charolles au diocèse d’Autun, en la présence de dieu et par sa sainte grâce ; renonce de tout mon cœur à l’hérésie de la religion prétendument réformée et à toutes les autres hérésies que j’abhorre et déteste autant qu’il m’est possible ; et je déclare que j’embrasse aujourd’hui la foi de l’église catholique, apostolique et romaine de laquelle je veux faire profession toute ma vie et dans laquelle je veux croire fermement tout ce que croit la dite église catholique, apostolique et romaine.

Je reçois tous les livres de la sainte écriture que cette même église reçoit selon le sens et intelligence qu’a tenu et tient la dite église à laquelle appartient de juger du véritable sens des écritures saintes.

Je reçois aussi et embrasse les traditions apostoliques et ecclésiastiques et autres obsservations et constitutions de la même église.

Je crois tout ce qui est contenu dans le symbole des apôtres que cette même église propose à tous ses enfants. Je crois aussi tous les points de foi qui sont contenus dans les conciles généraux approuvés par le Saint-Siège et en particulier tout ce qui a été défini en matière de foi par le saint concile de Trente.

Et pour opposer aux mensonges de l’hérésie les vérités de l’église catholique contre lesquelles les auteurs de la religion prétendue réformée se sont plus ouvertement et plus opiniâtrement déclarés.

Je crois expressément que la messe est un vrai et propitiatoire sacrifice dans lequel on renouvelle d’une manière non sanglante sur les autels celui qui a été offert par Jésus Christ mourant sur l’arbre de la croix et qui est saintement offert tous les jours pour les vivants et pour les morts.

Je crois qu’il y a sept sacrements qui tous confèrent la grâce de Jésus Christ aux fidèles bien disposés, à savoir le baptême, la confirmation, la pénitence ou confession sacramentelle, l’eucharistie, l’ordre, le mariage et l’extrême onction.

Je crois que dans l’eucharistie, il se fait un changement de toute la substance du pain au corps de Jésus Christ et de toute la substance du vin en son sang ; lequel changement dans le langage de l’église catholique s’appelle transsubstantiation ; d’où il s’en suit qu’après la consécration eucharistique, il ne reste du pain et du vin que des espèces ou accidents sous lesquels est réellement le corps et le sang de Jésus Christ.

…………………………………………………………………………………………………………

Je crois la présence réelle de Jésus Christ sous chacune des deux espèces dont l’une est suffisante aux personnes laïques à qui, pour de bonnes et justes raisons, l’église romaine ne permet pas l’usage de la coupe.

Je crois aussi la primauté de St Pierre et des papes de Rome, ses successeurs, les indulgences, la justification par les œuvres jointes à la foi, le mérite et la nécessité des bonnes œuvres …………………

Je crois encore le purgatoire, la prière pour les morts, l’invocation des saints, l’honneur qu’on doit rendre aux saintes reliques et aux images de Jésus Christ, de la sainte Vierge et des autres saints.

J’admets le célibat des prêtres, les vœux religieux, l’abstinence des viandes, les jeûnes, les fêtes ordonnées par l’église et les cérémonies dont elle use dans la solennelle administration des sacrements.

Je promets obéissance à tous les commandements de Dieu et de son église de laquelle je veux être membre vivant pour participer au salut que Jésus Christ nous a mérité en mourant et offrant sa mort à son père pour tous les hommes.

Enfin, je crois tout ce que l’église catholique, apostolique et romaine croit.  Et je condamne, rejette et maudis les hérésies qu’elle rejette, condamne et maudit.

C’est dans cette foi dont je viens de faire profession que je veux vivre et mourir moyennant la grâce de mon dieu. Ainsi, je le promets et jure sur les saints évangiles ; ainsi Dieu me veuille aider et que les évangiles me soient salutaires, comme le jurement que je fais est sincère et véritable.

signature 1

 

 

 

 

 

 

…………… certifions avoir reçu l’abjuration qu’a faite entre nos mains des erreurs du calvinisme de Demoiselle Henriette Anne Develey, née et baptisée le vingt et un mars mil sept cent vingt-six ………… qu’elle s’est dite épouse de Me Jean Marie Bodier, avocat à la cour, procureur du roi en la maréchaussée du Charollois, demeurant à Charolles, ……… profession qu’elle a prononcée de sa propre bouche en notre présence  et de celle des témoins ci après nommés ……………

Le vingt-trois juin mil sept cent cinquante-cinq

 

signature 2

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