Droit d’inhumer dans les églises

AD38  Chimilin    BMS 1764-1792     vue 85

Inhibition de la part du roi d’inhumer dans les églises avec le mandement de Monseigneur l’évêque à ce sujet

Le Roi, mes très chers frères, par des vues concertées avec le clergé de France et qui seront à jamais un témoignage de la sagesse de son gouvernement et de son humanité a très expressément défendu par ses lettres patentes en date du quinze mai 1776 enregistrées au Parlement de Bourgogne et celui de Dauphiné le cinq août même année de faire autant d’(?) inhumations dans toutes les églises ou chapelles de son royaume, sauf le droit des prélats, patrons ecclésiastiques ou laïques et hauts justiciers, lesquels ne pourront jouir de leur dit droit qu’après qu’ils auront fait construire dans les églises ou chapelles où ils auront désiré d’être inhumés des caveaux de six pieds enterrés au-dessous du sol et de soixante et douze pieds en carré.

Il est de notre devoir de notifier cette défense dans toutes les églises de notre diocèse afin qu’elle y soit observée à perpétuité et que personne n’en puisse prétendre cause d’ignorance.

 

Extrait d’une lettre de Gabriel Cortois de Quincey, évêque du diocèse de Belley

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Femmes sages

AD38  La Bâtie Divisin  Recoin   BMS 1647-1676     vue 66

Le 21ème décembre 1661, Claudine Monin et Suzanne Monin ont été par les suffrages communs des femmes de ma paroisse, choisies pour faire la fonction de sages femmes, lesquelles ont entre mes mains par attouchement du livre des Saints Evangiles, promis de s’acquitter fidèlement de cette charge et de ne rien faire contre leur devoir ainsi que l’atteste

Charreton curé

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Portrait d’un mort inconnu

AD38  St Jean de Bournay  BMS 1670-1698   vue 89

 

Le huitième février mil six cent quatre vingt et six avant midi, j’ai ensépulturé un certain homme lequel est décédé le septième du présent mois et an dans la …….. de monsieur de Cuzel de Bournay sans avoir reçu aucun sacrement pour n’avoir eu le temps de pouvoir cela faire. Plusieurs personnes m’ayant assuré qu’il était bon catholique lui ayant entendu invoquer le saint nom de Dieu, de Marie et des saints à son aide étant affligé de la goutte et qu’il venait ……  rendre un vœu à certaine notre dame et disait qu’il était de St Etienne de St Geoirs en Dauphiné : il était âgé d’environ soixante ans ; c’était un grand homme, le poil châtain mêlé de blanc parmi la barbe grise, un visage long, un habit gris, un méchant chapeau noir, des souliers assez bons, un juste au corps de cordaille ? par-dessus le gris.

Fait en présence de ….

 

Boullu, curé

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Dé-mariage

 

 

AD38  Montagnieu   BMS 1728-1754   vue 47

 

En présence de moi prêtre et curé de Montagnieu, Sieur Joseph Picot Ferrand général du Chatelard, Pierre Perrin et François Annequin m’ont affirmé de leur propre bouche que le premier contrat de mariage reçu par Me Veyret en sa date d’entre Thomas Brochier tisserand fils de feu Pierre et de Louise Couilloud d’une part et d’entre Isabeau Perrin fille de François Perrin et d’Antoinette Veyret d’autre part avait été cassé tant d’un commun et mutuel consentement des deux parties que de celui de leurs proches parents et amis pour des raisons à eux connues et annulé par un départ… réciproque volontaire écrit pour un bien de paix, fait en leur présence sur papier simple lequel depart… les dits témoins ci-dessus m’ont dit avoir signé non les dites parties illettrées ainsi pour faciliter le présent mariage du dit Thomas Brochier mon paroissien avec Anne Guillaud fille de Philippe et de Marguerite Chambaz de la paroisse de Torchefelon ; le contrat reçu par le même Me Veyret notaire en la date, j’ai demandé aux dits témoins et requis leurs serments pour savoir la vérité au sujet du dit depart.. volontaire et ils m’ont certifié, attesté et signé ; en présence des témoins ci-après nommés que le dit Thomas Brochier procédant de l’autorité de sa dite mère parents d’une part et Isabeau Perrin d’autre aussi procédant de sa dite mère parents et de son beau-père Pierre Perrin qui a signé le dit depart… ainsi que la présente attestation se sont bien voulu départir de leur bon gré et pleine et entière volonté de leur premier contrat le regardant comme non avenu et sans effet, se donnant pouvoir l’un l’autre de se marier à qui bon leur semblerait.

Ayant été faites et publiées ci-devant, les proclamations du premier contrat de mariage, savoir deux fois à Montagnieu, lieu de paroisse de la dite Isabeau et trois fois dans la paroisse de la Chapelle où habite la dite Isabeau ainsi inséré dans mes registres pour valoir en cas de besoin et signé par les dits témoins affirmant ce qu’en dessus comme véritable fait et passé dans ma maison curiale en présence …………… et s’étant trouvé des appositions de part et d’autre, elles ont été annulées par le dit depart… après lequel ayant fait les trois proclamations aux formes et lieux ordinaires, je n’ai découvert aucun empêchement canonique ni civil au dit présent mariage.

Le 26 septembre 1736

 

Curé Parra

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Nouveau-né abandonné

AD38   Corbelin   BMS 1748-1768   vue 45

 

En conséquence de la procédure faite par les officiers de la communauté de Faverges, et ayant été requis par iceux, j’ai inhumé dans le cimetière un garçon qui avait été exposé dans un four où l’on l’a trouvé mort, le dit garçon paraissait être âgé suivant l’interprétation du chirurgien duquel il doit avoir été fait mention dans la dite procédure, d’environ six jours, le garçon avait un billet sous lui qui dénotait qu’il avait été baptisé, et je l’ai donc enterré le vingt janvier mille sept cent cinquante deux, en présence d’Antoine Gautier qui a signé et d’Etienne Guicher, illettré.

 

Rabon, vicaire de Veyrins

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Le serment d’une veuve

AD26   St Martin en Vercors   BMS 1609-1705   vue 99

 

Je soussigné en présence de témoins bas nommés certifie que ce dernier janvier mil six cent quatre vingt et un avoir reçu le serment de Elisabeth Rolland veuve à feu Gabriel Algoud Galore au sujet de n’abandonner pas quatre ou cinq petits enfants tous en bas âge nonobstant qu’on ait procédé à la nomination d’un tuteur et de les soulager ou le faire faire afin que ces dits enfants ne viennent à périr de misère, et pour ce sujet la dite Rolland mère des dits enfants laisse sur les sommes capitales qu’elle a à prendre de droit sur les biens délaissés par son feu mari, ………………….. de soixante ……. annuellement et ce pour six années afin de subvenir à la nécessité de ses enfants. En outre elle leur fera donner les carreaux collial à la mesure de ce pays sur les fruits du restant des sommes de sa dot et par-dessus elle amènera une petite fille posthume avec elle dans la maison de son prétendu mari pour l’élever à la crainte de dieu et finalement la dite Rolland a promis à dieu et à l’église en ayant mis la main sur le crucifix et sur les saintes évangiles que pour retirer sa dot ? Elle ne causa aucun frais matériellement en …….. à moins qu’il n’y ait nécessité et de tourner les susdites promesses la dite Rolland a été obligée conjointement avec le dit Pierre Du Mas de l’effectuer par le consentement de son prétendu mari l’un pour l’autre à peine d’encourir la malédiction de dieu et la damnation éternelle et de tout le contenu ci-dessus lecture leur en a été faite de mot à mot devant l’autel de l’église paroissiale du dit St Martin en Vercors en présence de Louis Alaigre Rolland maître cordonnier etc …….

 

 Ensuite de susdit serment et promesses j’ai procédé environ une heure après à la célébration de leur mariage et ai donné le même jour dernier janvier et an mil six cent quatre vingt et un la bénédiction du sacrement de mariage au dit Pierre Dumas et à la dite Elisabeth Rolland veuve à feu Gabriel Algoud.

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Baptême d’un esclave affranchi

 

 

AMLyon   Ainay  BM 1781-1785  vue 200

 

 Camille Charles, chevalier de Fresne, Seigneur de La Verpillière, Gouverneur général de l’île Maurice et de Pondichéry, marié le 20 juin 1788 à Pondichéry avec Thomase de Solminihac, était vraisemblablement de retour à Lyon pour un séjour assez court.

L’île Maurice était appelée île de France et colonisée par les français de 1715 à 1810. Dès le début de la colonisation française à l’île de France (Maurice), surtout entre 1721 et 1735, quelques centaines (entre 400 et 600) d’esclaves en provenance du Sénégal et de la Guinée arrivèrent à l’île.

 

Camille Charles Marie dit Priam âgé d’environ vingt-deux ans, nègre affranchi par Messire de Fresne de La Verpillière, colonel du régiment de l’île de France en Asie, et actuellement à son service, né à la Côte de Guinée ainsi que son maître nous l’a déclaré, et transporté ensuite dans l’île de St Vincent, où mon dit Sieur de Fresne l’avait acheté, résidant depuis environ trois mois sur notre paroisse rue Ste Hélène à l’hôtel de Mre de La Verpillière, a été baptisé par moi Prévôt curé soussigné, le six juillet mil sept cent quatre-vingt quatre. Le parrain a été Messire Camille Charles Leclerc de Fresne de La Verpillière, sus dit Colonel du Régiment de l’île de France en Asie et la marraine Demoiselle Marie Charlotte Leclerc de La Verpillière, nièce du parrain, lesquels ont signé avec nous et non le baptisé pour ne savoir ainsi qu’il nous l’a déclaré ….

 

Charrier de la Roche, prévôt curé

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Noyade d’un enfant

 

 

AD38  Septème  D 1793-1815   vue 139

 

Du vingt-huit Floréal an douze de la République Française, sept heures du soir, nous, Joseph Riondet, juge de paix et officier de police judiciaire de la commune de Vienne, arrondissement du nord ; sur l’avis que nous avons eu que l’enfant de Pierre Lentillon, jardinier à Pont-Evêque sur Septème, s’était noyé dans la rivière de Gère, sur les trois heures après midi près l’écluse du citoyen Ginet, nous sommes transportés au domicile du dit Lentillon et lui avons demandé s’il était vrai que son enfant se fut noyé ; à quoi le dit Lentillon a répondu qu’il avait passé la journée à travailler dans la vigne du citoyen Bailloud près la porte Serpaize et qu’on était allé le chercher pour venir secourir s’il était possible son enfant qui venait de tomber dans la rivière ; qu’arrivé chez lui, il avait vu son enfant mort et sans espoir d’être rappelé à la vie ; qu’il avait interrogé les voisins et qu’on lui avait rapporté qu’aujourd’hui sur les trois heures après midi, son enfant jouant sur le bord de la rivière avec trois autres enfants, était tombé dans l’eau et s’était noyé ; que le citoyen Colomb officier de santé, appelé pour administrer des secours, avait inutilement employé les ressources de son art ; qu’enfin son enfant était décidément mort.

Nous avons demandé au dit Pierre Lentillon le prénom, le sexe et l’âge de son enfant ; à quoi il a répondu que cet enfant se nomme Joseph Lentillon, qu’il est du sexe masculin et âgé de huit ans.

Nous nous sommes faits représenter l’enfant. Nous avons reconnu qu’il est effectivement du sexe masculin et qu’il est réellement sans vie et sans mouvement. Nous avons interrogé Rosalie Philibert Combe, Pierre Meysson et Jean Barajon, tous les trois enfants du même âge que Joseph Lentillon et qui s’amusaient avec lui sur les bords de la rivière ; ils ont tous les trois déclaré que le dit Joseph Lentillon tirait une branche de la rivière et que, par la secousse, il est tombé dans l’eau et a été emporté par le courant ; qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu pour le sauver mais qu’ils n’ont pu y réussir ; qu’enfin, ils sont venus avertir les parents de Lentillon du malheureux événement ; qu’aux cris qu’ils ont jetés, le citoyen François Griffay est accouru et a pêché l’enfant ; que c’est alors que le citoyen Colomb qui passait par hasard dans le quartier a été appelé pour donner des secours qui ont été inutiles.

Nous, juge, nous sommes enquis particulièrement si les faits énoncés ci-dessus étaient vrais et ils nous ont été affirmés sincères par tous les voisins et notamment par la femme Allard et par Françoise Bailloud.

Nous avons laissé l’enfant à la disposition de son père, l’avons invité à faire la déclaration à la commune et à pourvoir à l’inhumation : de tout quoi acte et avons signé avec la dite Françoise Bailloud, non les autres pour ne savoir, enquis et requis.

 

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Testament

 

 

AD38  St Jean de Bournay   BMS 1725-1736   vue 230

 

Testament de Dame Louise Michalet Dugas épouse de noble Benoît Marin sieur Dugas du treizième juin mil sept cent vingt-huit reçu Me  Etienne Jubié notaire royal de St Jean de Bournay et y résidant ; elle veut dans son dit testament qu’annuellement et à perpétuité il soit délivré à trois pauvres de la paroisse natifs, il soit délivré à chacun d’eux trois aunes de serge du pays lesquels trois pauvres ils seront choisis par son héritier, son époux et par le Sr curé desservant la paroisse et à commencer une année après son décès et ainsi continuera à perpétuité, le tout à la charge de son héritier. De plus elle donne et lègue au Sr curé de St Jean et à ses successeurs desservant le bénéfice, la somme de six livres qui lui sera payé annuellement et à perpétuité par son dit héritier et à commencer à son décès pour laquelle somme le dit Sr curé célèbrera ou fera célébrer annuellement et à perpétuité cinq messes, savoir une grande messe le jour de St Louis au mois d’août à l’honneur de ce saint son patron au grand autel, deux messes basses de requiem à l’autel de notre dame du Rosaire et deux autres messes basses de requiem à l’autel de St Joseph, le tout en l’église du dit St Jean et ainsi continuera annuellement et à perpétuité à la forme sus réglée pour le repos de son âme et de celle du dit Sieur Dugas son mari.

Le testament a été reçu par Me Etienne Jubié, notaire de cette paroisse le dix-huit juin mil sept cent vingt-huit et c’est de lui que j’ai reçu le mémoire couché sur le présent registre pour y avoir recours en cas de besoin et le dit mémoire écrit de la main du sus dit notaire, je l’ai mis dans la liasse des papiers concernant l’église et la cure, en foi de quoi me suis signé.

 

Curé de St Jean

 

Le dit Sr Dugas m’a payé et lui ai passé quittance le 31 janvier 1735 pour l’année précédente échue à la St Louis et a habillé des pauvres comme il est porté par le testament de son épouse.

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Un père très absent

 

 

AD38  St Jean de Bournay  BMS 1774-1781   vue 4

 

L’an mil sept cent soixante quatorze et le quatorzième du mois de janvier, après trois publications faites dans cette paroisse et dans celle de St Martin de la ville de Vienne aux messes du prône, nous, curé soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Pierre Duranthon, tisserand, résidant dans cette paroisse depuis environ un an, fils légitime de feu Claude Duranthon de la paroisse d’Artas et de défunte Elisabeth Ogier ; et à Elisabeth Patton, fille mineure de Charles Patton, marchand de ce lieu et de défunte Jeanne Crochat, mariés ; le dit Charles Patton étant absent depuis environ quatorze ans qu’il a passés dans le pays étranger en qualité de soldat canonnier où l’on croit qu’il est mort, la dite Elisabeth Patton, sa fille a été autorisée pour son présent mariage par Sr Claude Cuzel son oncle par alliance qu’elle s’est nommé pour son curateur de concert avec ses parents paternels. Le mariage a été célébré en présence de …….

 

Robin, curé

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