Un petit malin

AD38   Commelle  BMS 1675-1727   vues 227-228

 

Le 20 juillet 1720, François Vian épousa Clauda Vidon à Commelle après bien des soucis.

 

Déclaration  (du notaire)

 

Par devant moi André Bouchier notaire royal de Beaurepaire …… ; ce cinquième jour du mois  de juillet après midi mil sept cent vingt furent présents honnêtes Claude et Antoinette Roux frère et sœur et Etienne Bel du lieu de Faramans, lesquels m’ont déclaré qu’ils ont ouï dire plusieurs fois à François Vian de Commelle que pour s’exempter de marcher dans la milice qui fut levée environ l’année mil sept cent deux, il fit courir le bruit qu’il se mariait avec Marguerite Lambert fille de Pierre de Sardieu à présent femme de Barthélémy Palit du dit Faramans et qu’il avait fait dresser un faux certificat de promesse de mariage sur lequel il fut fait  des publications dans l’église de Commelle. Et quelques jours après, Etienne Bel laboureur du dit Faramans s’étant trouvé un jour de dimanche à la messe paroissiale du dit Commelle il entendit publier (comme il l’assura) les dites promesses de mariage et en donna même avis à la dite Lambert qui n’y  fit aucune attention parce qu’elle crut qu’il se moquait d’elle. Et la dite Lambert étant de même ici présente, elle déclara qu’elle n’a jamais contracté aucune promesse de mariage avec le dit François Vian et que s’il ya eu quelques proclamations faites dans l’église de Commelle, ce n’a pas été de son consentement, ni sur aucun certificat de notaire royal, se départ en tant que de besoin de tout laquelle pourrait prétendre contre le dit Vian et consent qu’il se marie avec qui bon lui semblera, obligeant soumettant renonçant, fait et stipulé à Faramans, maison de la dite Roux, en présence d’Antoine et autre Antoine Combalot père et fils grangers à Sérelier, témoins requis et signés, non les dites parties pour être illettrées.

 

oooooooooooooooooo

 

Lettre de l’archevêque au curé de Commelle :

 

Gardez-vous bien Monsieur d’aller avant dans le mariage qu’on vous propose que vous n’ayez mis tout en usage pour vérifier la tromperie que celui qui veut se marier vous a faite. Il faut faire des perquisitions à la paroisse de Faramans et si vous découvrez  que véritablement il vous a voulu surprendre, je vous conseille de vous en faire faire une déclaration par un acte public, c’est là mon sentiment et ce que je crois que vous devez faire et ensuite comme il vous contera de la liberté des personnes  vous pourrez faire le mariage après les publications.

Je suis monsieur, votre humble et très affectionné serviteur.

 

Crillon archevêque deVienne

A Vienne, le 23 juin 1720

Posted in Religion | Tagged , , | Commentaires fermés sur Un petit malin

Le catalogue des morts

AD38   St Agnin sur Bion  BMS 1715-1759   vue 16

 

Les prêtres recevaient des fondations sous forme de biens immobiliers, d’argent ou de nourriture de la part des paroissiens. Ces subsides leur permettaient de vivre et en contrepartie, le prêtre devait dire des messes pour les morts. Le service n’était pas le même selon que vous étiez « puissant ou misérable ».

Il existait donc un catalogue des morts et certains se trouvaient « en tête ».

 

J’avertis que Louis Gaget de Lorme tient un petit fond en Lorme d’une ancienne fondation, de laquelle fondation on trouvera une expédition a partinqua dans les papiers de la cure ; le dit Louis Gaget ne m’a pas fourni l’expédition de son contrat comme il la doit, n’ayant pas daigné la lui demander à cause de mauvaises affaires qu’il a eues ; il doit une livre un denier par année pour des messes.

Michel Foulieu Gaget tient aussi un petit bois châtaigneraie pour la somme de 2 livres 10 sous et une poule qui sont pour tenir à perpétuité en prières un de ceux qui sont à la tête du catalogue, je ne sais pas lequel c’est.

Plus Jean Roy Vattuel tient un fond pour la somme de 4 livres aussi pour un de ceux qui sont à la tête du catalogue.

Et Jacques Jocteur dit Bastian tient un autre fond à Bagneux pour la somme de 7 livres, 2 chapons et deux poulets annuellement, de même pour ceux qui sont à la tête du catalogue de la liste des morts.

Tous sont à perpétuité ; il n’y a que Delle Gasparde Nugue qui y est gratis, aussi bien que Sieur Mathieu Gallicet et mes parents.

Nota que Jean Roy et Michel Foulieu Gaget ci-dessus nommés tiennent sans contrat et par une pure complaisance de ma part les fonds qu’ils tiennent.

 

Me Gallicet, curé

 

Posted in Religion | Tagged , , | Commentaires fermés sur Le catalogue des morts

Fille naturelle et illégitime

AD26 St Martin en Vercors BMS 1609-1705 vue 236

 

Le vingt quatrième mars mil six cent nonante neuf a été baptisée Marie Piquet fille naturelle de Paul autrement nommé St Pierre le jeune, dragon dans la compagnie de Monsieur Descamps capitaine dans le régiment de Lautret et de Jeudy Algand habitante de St Martin de Vercors et la dite Jeudy Algand ayant ci-devant déclaré entre les mains des officiers de châtelinie du dit St Martin s’être trouvée enceinte du fait du dit Paul Piquet, laquelle déclaration est entre les mains du greffier de la communauté du dit St Martin disant aussi la dite Jeudy Algand que le dit Paul Piquet se dit natif de la ville de Lyon.

Le parrain de la dite Marie Piquet est Jean Arnaud laboureur et sa marraine Marie Ardhuin habitante du dit St Martin, la dite Marie Piquet est née le dit jour et an ; la dite Marie Ardhuin a signé non les autres pour ne savoir enquis et requis.

 

Pallier, prieur et curé de St Martin en Vercors

Posted in Religion | Tagged , , | Commentaires fermés sur Fille naturelle et illégitime

Consanguinité

AD26   St Martin en Vercors   BMS 1706-1737    vues 235 à 237

 

Echange de courriers pour régulariser la situation et mettre fin aux commérages

 

Monseigneur l’Evêque et Comte de Die,

Supplient humblement Antoine Brun de Corrençon* hameau du Villard de Lans et Marguerite Belle de Saint Martin en Vercors. Les suppliants ont contracté mariage ensemble et le dit Brun est venu en affillement sur le peu de peu de biens de sa femme et leur mariage fut béni le jeudi gras dernier. Depuis alors, on a fait apercevoir aux suppliants qu’ils se trouvent parents au quatrième degré de consanguinité de manière que par la soumission qu’ils doivent à l’église, ils exposent à votre grandeur à la faveur de leur pauvreté leur accorder la dispense du dit quatrième degré de parenté et les dispenser aussi de faire bénir de nouveau leur mariage qui a été béni de bonne foi et sans fraude et à cet effet imposer silence à toutes sortes de personnes de les troubler dans leur mariage sous prétexte de la dite parenté et ils prieront le ciel pour la longue vie, sûreté et prospérité de votre Grandeur.

Morin Clerc de Boudrat Procureur à Die

 ………………………………………………………………………………..

Vu la présente requête avons commis le sieur Mangin, curé de Saint Martin en Vercors pour enquêter sur les faits et contenus

A Die dans notre palais épiscopal le 23 mars 1723

Gabriel Ev Comte de Die 

……………………………………………………………………………….. 

Du 26 mars 1723 en vertu de la commission à moi donnée par Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Evêque et Comte de Die que j’ai reçue avec un très humble respect et à la requête d’honnête Antoine Brun enfant de Corrençon paroisse du Diocèse de Grenoble résidant aujourd’hui à St Martin en Vercors et honnête Marguerite Belle aussi du même lieu ont comparu devant moi prieur curé du dit St Martin, commissaire à ce député

1° Pierre Bec habitant de Corrençon témoin sommairement produit âgé comme il a dit environ de septante années, lequel moyennant son serment qu’il a prêté entre mes mains à la forme accoutumée n’étant ni créancier ni débiteur ni parent des dites parties ni autrement suspect a dit et déposé savoir de science certaine que Paul Gaillard et Marie étaient frère et sœur du lieu de Corrençon, que du dit Paul Gaillard est issue Magdeleine Gaillard et que de Magdeleine Gaillard est issue Marguerite Rochas et que de Marguerite Rochas est issue Marguerite Belle, partie intéressée.

A dit encore le dit Bec que Marie Gaillard a épousé Louis Brun et que de la dite Marie est issu François Brun et que de François Brun est issu Pierre Brun et que du dit Pierre Brun est issu Antoine Brun, partie intéressée.

Dont il résulte que les dites parties sont parents au quatrième degré de consanguinité.

2° Nous avons parlé à Etienne Revol du même lieu de Corrençon et à Michel Revol aussi du même lieu ont déposé que les parties ne se trouvent parents qu’au quatrième degré de consanguinité et nous ont dit le même fait que Pierre Bec.

…………………………………………………………………………………………………

Fait à St Martin le vingt sixième mars mil sept cent vingt trois

Mangin prieur curé

………………………………………………………………………………..

Attendu le mariage consommé de bonne foi et la connaissance venue après coup avons dispensé les dites parties du quatrième degré de consanguinité et voulons que la présente dispense soit enregistrée dans les registres de St Martin en Vercors et non ailleurs.

A Die, donné dans notre palais épiscopal le vingt septième mars mil sept cent vingt trois

Gabriel Evêque et Comte de Die

………………………………………………………………………………..

* Corrençon était orthographié Courrenson.

 

 

 

Posted in Religion | Tagged , | Commentaires fermés sur Consanguinité

Quelques papiers militaires

Antoine Ligonnet registre
ste Hélène

Antoine Ligonnet, soldat de Napoléon     et titulaire de la médaille de Ste Hélène

63ème régiment d’Infanterie de ligne

du 20/11/1808 au 10/11/1811

matricule 7445

Jean Louis Terry

cheveux châtain clair, yeux roux

taille : 1,66 m

incorporé le 28/7/1870 (12ème section d’administration)

matricule Laurent  Ligonnet

Laurent Auguste Antoine Ligonnet

cheveux châtain, yeux roux

taille : 1,70 m

décembre 1884 : 1er pontonniers (ponts mobiles)

1886 : maître ouvrier

septembre 1888 : congé puis réserve (avec des « périodes Â»)

libéré des obligations militaires le 1/10/1909

matricule Joseph Abel

Joseph Abel

cheveux châtain, yeux bleus

taille : 1,66 m

incorporé de novembre 1893 à septembre 1894 (52ème rgt d’infanterie)

réformé pour rhumatisme chronique le 10/7/1908

reconnu apte le 21/12/1914

rappelé pour les campagnes d’Allemagne de mars 1915 à mars 1918

versé au service auxiliaire en mars 1918 pour rhumatismes, éréthisme cardiaque et troubles dyspeptiques contractés au cours des opérations

Posted in Photos et documents familiaux | Tagged , , | Commentaires fermés sur Quelques papiers militaires

Le climat, le vin et les cabaretiers

AD38 Anjou BMS 1745-1792 vue 152

 Cette année promettait en mars et avril la plus abondante récolte de blé, noix, vin et fruits ; mais les blés ont diminué peu à peu jusqu’à la moisson. La gelée a gâté les noix, les noyers et les fruits dans le courant d’avril. Il y a eu un tiers de blé moins que l’année dernière ; bien peu de fruits et mauvais. Les noix ont valu 40 sols le quart qui en grande partie étaient gâtées. Les vignes n’ont produit qu’à moitié de ce qu’elles promettaient ; la rouille, nommée vulgairement le …….. a presque tout brûlé dans les hauteurs surtout. Grâces à Dieu nous n’avons pas été maltraités de la grêle ; mais nous, Agnin, Sonnay et Terrebasse exceptés, tous nos voisins et les environs à 12 lieues la ronde ; oui le Dauphiné, Forez et Vivarais, Lyonnais et Beaujolais ont été presque tous ravagés et tellement ravagés que de mémoire d’homme on n’avait pas encore vu une calamité si générale,

En conséquence de ces mals et de l’exportation de nos blés en Provence, le quart a toujours valu 3 livres 15 sols – 4 livres ….., le vin s’est vendu tout l’été 24 l – 30 l et dans le courant d’août jusqu’aux vendanges 32 l 10 s au moins au château et aux cabarets 8 l et 10 sols jusqu’à la Toussaint qu’il s’est payé 15 l, en décembre et janvier 13 l mais les cabaretiers n’en ont voulu donner que 12 et l’ont vendu jusqu’à présent 30 janvier 1769 cinq sous le pot, c’est-à dire à raison de 20 livres la charge, ils gagnent par conséquent 8 livres par charge … quel gain ! Disons mieux, quelle … ou plutôt taisons-nous ; au moins si quelqu’un des préposés pour le bon ordre ou la police parlait, agissait conformément à son ministère, patience ; mais personne ne dit mot. Mon Dieu, quel ordre, ou plutôt, quel désordre ou quelque chose de bien plus fort ? …..

Les pluies ont été presque continuelles pendant la plus grande partie de l’été et l’automne, aussi les inondations ont-elles dévasté énormément nos champs et dans bien d’autres endroits, le Forez et le Vivarais surtout.

 Levet, curé

Posted in climat et vie quotidienne | Tagged , , | Commentaires fermés sur Le climat, le vin et les cabaretiers

Disparition

AD38 Thuellin BMS 1691-1792 vue 110

 L’an mil sept cent quarante neuf et le 21 juillet, Michelle Cochard veuve de Jean Monavon de Thuellin sortit de chez elle de grand matin, disant à ses enfants qu’elle allait voir une parente aux Avenières. Quelques jours s’étant écoulés sans qu’elle revint son fils qui savait que depuis une maladie elle était sujette à des absences d’esprit et craignant qu’il ne fut mésarrivé fut voir si elle était chez les susdits parents où ayant appris qu’on ne l’avait point vue il s’informa de tout côté mais point de nouvelles. Ce ne fut que sur la fin d’août qu’ayant appris qu’on avait trouvé une femme noyée au pont de Grôlée laquelle on avait enterrée sur le bord du Rhône le vingt-six juillet, il y fut et on lui présenta une clef de coffre, une paire de ciseaux et quelques habits qu’on avait trouvés sur cette femme, le tout qui a été reconnu appartenir à la susdite Michelle Cochard ce qui m’a été attesté par Etienne Girard d’Aoste, valet de Drevet et par Martin fils de Jean Duclos que le dit Monavon avait mené avec lui pour reconnaître ces effets, ce que j’ai cru devoir coucher sur les registres de l’église de Thuellin ce trente et un août mil sept cent quarante neuf.

 Mre Mermet, vicaire

Posted in Faits divers | Tagged , , | Commentaires fermés sur Disparition

Vendanges mortelles

AD38 St Jean de Bournay BMS 1725-1736 vue 147 

Le 19 octobre 1731, j’ai enterré Sr Joseph Bardousse fils à feu Sr Philippe et âgé d’environ vingt ans n’ayant pu recevoir aucun sacrement de l’église attendu qu’il a été suffoqué dans une cuve de vin dans laquelle il était descendu pour la fouler ; en présence de Louis Odrit et de Messire François Viret mon vicaire en foi de quoi j’ai signé.

 A, Viaud, curé

Posted in Faits divers | Tagged , , , | Commentaires fermés sur Vendanges mortelles

L’année 1719 à St Jean de Bournay

AD38 St Jean de Bournay BMS 1713-1725 vue 141

L’année 1719

Nota que cette année 1719 il y eut dans ce pays et aux environs une si grande quantité de vin qu’il s’est donné à la récolte pour 50 sols la charge et même à moindre prix mais un bataillon d’un régiment d’artillerie et dont un nommé Mr de Frade était commandant, étant venu passer une partie du quartier d’hiver, le firent augmenter jusqu’à six livres.

Le froment était fort cher à cause du peu de récolte et de la grande sécheresse dans tout le royaume. Le froment vaut cinq livres et dix sols le bichet et le seigle quatre livres dix sols. Toutes les autres choses sont d’une cherté horrible en sorte qu’un Å“uf vaut un sol et le fromage dix sols.

Jamais on n’avait vu un dérèglement dans les affaires d’état et de saison plus grand. L’argent a valu six livres l’écu ou pour me faire mieux entendre cinquante livres le marc* mais on était continuellement à fondre et à refondre augmentant l’argent neuf et diminuant le vieux bien qu’il pesât davantage.

 * Le marc était une monnaie d’argent.

Posted in climat et vie quotidienne | Tagged , , , | Commentaires fermés sur L’année 1719 à St Jean de Bournay

L’escarboucle

AD38 Aoste BMS 1669-1692 vue 90

Remarques sur l’année 1680

L’escarboucle

Environ le temps de Pâques un nommé Jean Tévenet fermier de Madame la Présidente de Musy, habitant en la terre de Faverge a tué un serpent prodigieux à une ou deux heures de nuit qu’on nomme couleuvre et qu’on dit porter un escarboucle, lequel l’enterra sans faire de bruit.

Deux mois après, le bruit fut que le dit Tévenet avait l’escarboucle chez lui et aux mois d’août et septembre, plusieurs personnes se sont présentées chez lui pour l’acheter, et surtout Monsieur le baron, lequel en présenta 30 000 écus et 6 000 livres à Messire Bouquin vicaire de Corbelin qui était le cousin et conseil du dit Tévenet.

Au mois de septembre, le dit Sieur Bouquin proposa au Seigneur Evêque de Bellay faisant visite en ce pays d’acheter l’escarboucle qui en offrit 50 000 écus et comme le dit Sieur Bouquin ne peut faire voir la dite escarboucle et que plusieurs autres, entre autres Larbin du pont avaient avancé l’argent au dit Tévenet sur l’espérance d’avoir la dite escarboucle, la veille de Noël à minuit le dit Tévenet et Sieur Bouquin furent menés à La Tour du Pin sur ordre de Monsieur de Louvois par Mr Jolly commissaire qui avait douze archers tant de Lyon que du Bugey. Ils furent interrogés pendant deux jours de séjour à La Tour et n’ayant avoué qu’il n’y eut aucun escarboucle, ils furent menés en prison savoir le dit Sr Bouquin au St Esprit et le dit Tévenet à Chalon jusqu’à nouvel ordre.

 

Tévenet, un rusé, fit croire qu’il avait capturé un serpent fantastique (cf la vouivre) évoqué dans de nombreuses légendes. Cet animal aurait porté sur la tête une pierre précieuse, un grenat appelé escarboucle.

Posted in climat et vie quotidienne, Faits divers | Tagged , , | Commentaires fermés sur L’escarboucle
« plus anciens
plus récents »