Texte d’une abjuration

 

Les conversions forcées perdurent encore longtemps après la promulgation de l’édit de Fontainebleau par Louis XIV et exigent parfois de très longues et très précises déclarations :

 

 

AD71  Vaudebarrier  1747-1791   vue 53

 

Je Henriette Anne Develay, majeure et fille de Gabriel Develay, avocat et conseiller de la ville d’Yverdon et de Suzanne Elisabeth Jaccoud de Payerne, née en la dite ville d’Yverdon en Suisse, canton de Berne, demeurant à présent dans la ville de Charolles au diocèse d’Autun, en la présence de dieu et par sa sainte grâce ; renonce de tout mon cœur à l’hérésie de la religion prétendument réformée et à toutes les autres hérésies que j’abhorre et déteste autant qu’il m’est possible ; et je déclare que j’embrasse aujourd’hui la foi de l’église catholique, apostolique et romaine de laquelle je veux faire profession toute ma vie et dans laquelle je veux croire fermement tout ce que croit la dite église catholique, apostolique et romaine.

Je reçois tous les livres de la sainte écriture que cette même église reçoit selon le sens et intelligence qu’a tenu et tient la dite église à laquelle appartient de juger du véritable sens des écritures saintes.

Je reçois aussi et embrasse les traditions apostoliques et ecclésiastiques et autres obsservations et constitutions de la même église.

Je crois tout ce qui est contenu dans le symbole des apôtres que cette même église propose à tous ses enfants. Je crois aussi tous les points de foi qui sont contenus dans les conciles généraux approuvés par le Saint-Siège et en particulier tout ce qui a été défini en matière de foi par le saint concile de Trente.

Et pour opposer aux mensonges de l’hérésie les vérités de l’église catholique contre lesquelles les auteurs de la religion prétendue réformée se sont plus ouvertement et plus opiniâtrement déclarés.

Je crois expressément que la messe est un vrai et propitiatoire sacrifice dans lequel on renouvelle d’une manière non sanglante sur les autels celui qui a été offert par Jésus Christ mourant sur l’arbre de la croix et qui est saintement offert tous les jours pour les vivants et pour les morts.

Je crois qu’il y a sept sacrements qui tous confèrent la grâce de Jésus Christ aux fidèles bien disposés, à savoir le baptême, la confirmation, la pénitence ou confession sacramentelle, l’eucharistie, l’ordre, le mariage et l’extrême onction.

Je crois que dans l’eucharistie, il se fait un changement de toute la substance du pain au corps de Jésus Christ et de toute la substance du vin en son sang ; lequel changement dans le langage de l’église catholique s’appelle transsubstantiation ; d’où il s’en suit qu’après la consécration eucharistique, il ne reste du pain et du vin que des espèces ou accidents sous lesquels est réellement le corps et le sang de Jésus Christ.

…………………………………………………………………………………………………………

Je crois la présence réelle de Jésus Christ sous chacune des deux espèces dont l’une est suffisante aux personnes laïques à qui, pour de bonnes et justes raisons, l’église romaine ne permet pas l’usage de la coupe.

Je crois aussi la primauté de St Pierre et des papes de Rome, ses successeurs, les indulgences, la justification par les œuvres jointes à la foi, le mérite et la nécessité des bonnes œuvres …………………

Je crois encore le purgatoire, la prière pour les morts, l’invocation des saints, l’honneur qu’on doit rendre aux saintes reliques et aux images de Jésus Christ, de la sainte Vierge et des autres saints.

J’admets le célibat des prêtres, les vœux religieux, l’abstinence des viandes, les jeûnes, les fêtes ordonnées par l’église et les cérémonies dont elle use dans la solennelle administration des sacrements.

Je promets obéissance à tous les commandements de Dieu et de son église de laquelle je veux être membre vivant pour participer au salut que Jésus Christ nous a mérité en mourant et offrant sa mort à son père pour tous les hommes.

Enfin, je crois tout ce que l’église catholique, apostolique et romaine croit.  Et je condamne, rejette et maudis les hérésies qu’elle rejette, condamne et maudit.

C’est dans cette foi dont je viens de faire profession que je veux vivre et mourir moyennant la grâce de mon dieu. Ainsi, je le promets et jure sur les saints évangiles ; ainsi Dieu me veuille aider et que les évangiles me soient salutaires, comme le jurement que je fais est sincère et véritable.

signature 1

 

 

 

 

 

 

…………… certifions avoir reçu l’abjuration qu’a faite entre nos mains des erreurs du calvinisme de Demoiselle Henriette Anne Develey, née et baptisée le vingt et un mars mil sept cent vingt-six ………… qu’elle s’est dite épouse de Me Jean Marie Bodier, avocat à la cour, procureur du roi en la maréchaussée du Charollois, demeurant à Charolles, ……… profession qu’elle a prononcée de sa propre bouche en notre présence  et de celle des témoins ci après nommés ……………

Le vingt-trois juin mil sept cent cinquante-cinq

 

signature 2

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L’église ne plaisante pas

AMLyon  St Pierre et St Saturnin   BMS 1756   vue 112

 

L’on a toujours été très ferme à refuser les sacrements aux jansénistes dans cette paroisse, ce qui se peut prouver par l’acte mortuaire* de Delle Monin, décédée dans la rue de la Vieille Monnaie il y a environ treize à quatorze ans ; ce fut monsieur le curé qui lui refusa les sacrements, après avoir épuisé inutilement son zèle auprès d’elle pour la faire rentrer dans le sein de l’église et encore par l’acte mortuaire d’un curé d’Auxerre qui mourut il y a environ dix à douze ans.

 

L’on a toujours refusé aussi les sacrements aux comédiens et comédiennes lorsqu’ils ne voulaient pas renoncer au théâtre, même la sépulture ecclésiastique quand, après avoir épuisé toutes les ressources du zèle, ils voulaient persévérer dans leur état. On trouvera dans les registres plusieurs actes de renonciation au théâtre et des mariages qui ne se sont faits qu’à cette condition.

 

* Delle Monin, âgée de quatre-vingt six ans décédée hier rue Vieille de la Monnaie sans avoir reçu les sacrements a été enterrée par déférence pour sa famille derrière la porte du cimetière de la paroisse, dans l’endroit où l’on enterre les corps des enfants morts sans baptême, sans avoir même été présentée à l’église ce jourd’hui 24ème avril 1746.

 

Didier  vicaire

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Les dîmes et les dépenses de l’église

AD38   Artas  BMS 1696-1737   vues 299 et suivantes

 

Une longue liste de personnes devant acquitter la dîme novale a été établie par le curé. Chaque nom est précédé du terme « tenet » qui signifie en latin « détient ». Un extrait de cette liste suit.

Il semble que les termes matin, soir, midi et bise définissent l’orientation des terres comme est, ouest, sud et nord.

Mesures agraires répandues dans le Dauphiné, la bicherée vaut de 15 à 18 ares et la couperée 4,4 ares  (variable d’une paroisse à l’autre), l’are valant comme chacun sait 100m2.

Pour plus de détails sur les dîmes voir l’article correspondant.

 

Novales

 

Tenet François Simondan une pièce de terre de la contenance de 14 bicherées défrichée en 1732 et 1733 qui était en broussailles au mas du bois coupé que jouxte le chemin de Royas de Bise, bois de Mr le prieur du soir et Duranton du midi.

 

Tenet François Petit dit Guiamier dit Galon une pièce de terre au mas de la ressolisse de la contenance de six couperées défrichée en 1737 que jouxte Claude Saunier du vent, André Bossy du soir, Mr Pelisson de Bise.

 

Tenet le rentier de la grange de Mr de Vaux une terre ci-devant verger que jouxte le grand chemin de Lyon du matin, le chemin qui va au Revollet du midi, la dite grange de bise.

 

Tenet Jean Maret du Revollet au mas des Raffinières une pièce de terre dans laquelle il y a environ dix couperées qui ont été défrichées en 1736.

 

On trouve aussi une répartition des novales entre les curés d’Artas et de Four et des quittances concernant les achats réalisés pour l’église et la cure dont voici quelques exemples :

 

Le 17 mai 1724, j’ai acheté à Lyon six chandeliers, une grande croix, une lampe, le tout d’alchimie pour le prix de cent trente six livres et c’est en partie de mon argent et de celui de l’église.

 

Du 20 mai 1743, j’ai fait refaire par un peintre de Paris nommé Logeard le tableau du côté de St Etienne qui n’était fait qu’en détrempe et fort laid. Il a été onze jours à le refaire qui, à vingt sols par jour monte onze livres : quatre livres pour les couleurs, dix francs pour vingt jours que je l’ai nourri et vingt-six sols pour son lit montent en tout vingt-six livres que j’ai données de mon argent. Sur quoi, il a repassé le tableau du Christ et des deux anges.

 

Le 28 décembre 1751, j’ai fait faire une chape d’un satin cramoisi à fleurs d’argent fourni par Madame de Tarnézieu et dont les franges et le galon d’argent fin que j’ai fourni de mon argent ont coûté nonante cinq livres.

 

Les fondations : des messes payées à l’avance. En voici un exemple :

 

J’ai une fondation faite par Dame Pernette Vignon de dix-huit messes de mort qui seront célébrées annuellement à l’autel de St Denis, à commencer le 16 août jour de son décès 1677 pour le paiement desquelles y compris les deux messes fondées par feu Messire Zacharie Bellet, son fils, curé d’Artas, elle a donné un pré situé à St Agnin qui est actuellement loué quatorze livres.

L’acte de la fondation est dans les papiers de la cure.

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Maître d’école en 1708

AD26   St Julien en Vercors   BMS 1680-1729   vue 154

L’an 1708 et le vingt-septième jour du mois de décembre, nous soussignés principaux de la communauté de l’agrément de Mr notre curé conformément à l’édit du roi et ordonnances de Mgr notre évêque avons choisi et mis pour maître d’école de la jeunesse de St Julien, Joseph Genin, pour le temps et terme de trois mois, à commencer dès demain vingt-huit du courant, auquel on promet de bailler vingt-quatre francs pour trois mois payables mois par mois et on promit à Benoît Rochas cinq livres pour la chambre qu’il fournira pour l’école pendant les trois mois. En foi de quoi avons signé le présent le susdit mois et an que dessus.

Différentes signatures

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Rivalité à la cure

Cette narration est l’œuvre de Messire Martin, curé de Genay, qui a remplacé Messire Durand en septembre 1754.

AD69   Genay  vue 14   BMS 1754

 

La cure de Genay ayant été vacante par le décès arrivé le seize du mois d’avril de la présente année de Messire Claude Laurent, le sieur Lambert, prêtre de Neuville sur Saône et vicaire à Firminy en Forez sollicita la nomination à la dite cure dans un temps qu’il n’avait que vingt-quatre ans neuf mois. Dans cet intervalle que le Sieur Lambert ne pouvait pas prendre possession, on envoya le Sieur Martin, prêtre du diocèse de Fréjus et de la ville de Saint-Tropez sise sur le bord de la mer pour desservir la cure. Le Sieur Durand, forézien  qui desservait la cure de La Pérouse se pourvut en cour de Rome le mois de juin suivant. Le pape avait alors les mains liées parce que la dite cure est soumise à l’institution du Seigneur Archevêque de Lyon qui est cardinal et put être élevé à cette dignité à laquelle la bulle de compaet est favorable. Le pape se trouvait alors sans pouvoir. Le Sieur Martin ayant vu l’irrégularité des titres et provisions du Sr Durand dont la course était prématurée, se pourvut en cour de Rome six mois après le décès du dernier titulaire, temps que le pape avait son droit ouvert de conférer procès entre les trois compétiteurs. L’affaire fut plaidée à la sénéchaussée à Lyon. Après quatre plaidoieries, il y eut un appointé à mettre ; le procès qui avait commencé en 1752 fut jugé en 1754. Les sieurs Lambert et Durand condamnés, il y eut appel de la sentence de la sénéchaussée. On verra dans le registre de 1755 et 1758 l’infructuosité du dit appel et Mre Martin maintenu dans la dite cure avec tous les lauriers du combat.

 

1755

Le Sieur Durand appelant de la sentence de Lyon rendue le quatorze septembre 1754, il partit pour Paris dans le mois de décembre de la dite année, et dans le mois de mai de l’année 1755, il donna requête à la première chambre des enquêtes en demande du sequestrat des revenus de la cure de Genay. Le vingt du mois d’août, il y eut un arrêt sur les conclusions de Monsieur de Boulonnais, substitut de Monsieur le Procureur Général. C’est ce même arrêt qui a maintenu Mre Martin curé de Genay en déclarant que la recréance adjugée par sentence au dit Mre Martin lui venir continuer provisoirement, le Sr Durand embouté de sa demande et condamné aux dépens.

La levée du dit arrêt et l’exécutoire se montant à mille cent cinquante cinq livres, dix et sept sols et neuf deniers.

 

1758

Le procès pour la cure de Genay dont il est fait mention dans le registre de 1754 et dans celui de 1755 a été enfin décidé au parlement. Le jugement qui en fut rendu à la seconde chambre des enquêtes a condamné le Sieur Lambert aux frais, dépens, dommages et intérêts jusqu‘au jour du désistement de son appel, lequel désistement fut fait le quinze du mois d’avril passé et le Sieur Durand condamné aux épi…, vacations, conclusions qu’il n’avait pas consignées par indigence et ……… de l’arrêt qui fut prononcé le vingt-trois du mois d’août passé de l’année 1758.

Voilà le sort des plaideurs opiniâtres dont les prétentions ne sont fondées que sur des idées qu’on se forge sans raison, sans prudence, sans lumières et sans discernement.

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Quand le diable s’en mêle

Une longue description que l’on qualifierait aujourd’hui de « gore » pour mettre en évidence une présence diabolique et une punition divine.

AD38  Vienne  St André le bas  BMS 1647-1669   vue 42

 

Le 9ème de septembre 1652 est décédé Me Anthoyne Pallier dit la Fontayne après avoir été en « phrénésie » d’une fièvre bizarre de cinq jours. Durant cette « phrénésie », il se donna plus de vingt coups de couteau desquels il y en eut deux mortels qui étaient en l’estomac. Il se coupa ses parties honteuses, le tout avec une furie si étrange que cela effraya tout le voisinage qui n’osa jamais entrer en sa chambre où il s’était enfermé par derrière qu’après qu’il fût tombé par terre comme mort.

Une petite fille qu’il avait, âgée d’environ huit ans, assura d’abord qu’elle avait vu une bête verte marquetée de noir en forme d’un chien bas qui avait une queue longue comme un singe et deux cornes recourbées sur la tête et le museau tout noir. Cette bête lui parut sous le lit où ayant fait deux ou trois tours, elle monta sur le lit et poussa par derrière les épaules son père jusqu’à ce qu’elle l’ait fait tomber par terre et pour lors, elle jeta trois grands cris semblables à un taureau mugissant, lesquels furent ouïs de diverses femmes voisines et d’abord disparut, laissant ce pauvre malheureux dans une rage si furieuse qu’il chercha partout un grand couteau ou son épée mais on l’avait ôtée le matin de peur de quelque accident qui fut assurément arrivé plus grand encore s’il eut eu son épée.

Et ne pouvant rien trouver pour exécuter son misérable dessein, il chercha dans sa poche où il trouva un petit couteau fermant qui ne valait presque rien et d’abord en s’écriant « il faut mourir », il se donna un grand coup sur le cerveau qui perça jusqu’à l’os. Cette pauvre petite fille qui était presque morte de peur se prit à crier en son langage : « Alarme, mon père se tue ! »

La femme d’un tailleur se disant ami allant voir ce pauvre malade et entendant ces grands cris y accourut le plus vite qu’elle put. Elle le trouva dira tout en sang et lui dit : « Maître Anthoyne, recommandez vous à Dieu et à Notre Dame » et ne put avoir d’autre parole de lui sinon qu’il faut mourir et : « Pourquoi me recommanderai-je à Dieu ? Ma mère me vendit au Diable quand j’étais jeune. » et, lui disant ces paroles, il lui alla contre avec son couteau pour la tuer.

S’il eut peur au bruit, il y accourut un cordonnier apporter le petit Ennemond. D’abord que ce pauvre « phrénétique » le vit, il lui courut au rencontre et lui porta un coup de couteau contre le cœur. Et par bonne fortune, il se trouva avoir un pourpoint de peau qui résista au coup. Ce pauvre homme se sauva tout effrayé et ce pauvre malade se renferma dans sa chambre, criant tout haut : « Il faut mourir ». Il se donna plusieurs coups de couteau. On le pouvait voir d’une fenêtre qui est à plain pied du plancher de sa chambre par laquelle on prend jour pour le degré. On enfonça le chassis de cette fenêtre et on voyait comme il se découpait avec une rage et une furie capables d’épouvanter les plus cruels et les plus sanglants.

Après qu’il se fut donné plusieurs coups, il se voulut couper ses parties honteuses et, trouvant que son couteau ne coupait pas assez bien, il l’aiguisa contre une pierre de la muraille et, ne pouvant pas encore en venir à bout, il s’assit sur un tabouret et mit ses parties sur le bois et mit le couteau dessus. Et avec un chandelier de laiton, il frappa plusieurs fois sur le couteau jusqu’à ce que sa verge fût coupée excepté un peu de peau qui la tenait encore de chaque côté. Cependant, il perdait grande quantité de sang qui l’affaiblissant peu à peu, il se laissa tomber tout de son long au milieu de la chambre.

Quand les voisins qui étaient accourus et qui le voyaient par la fenêtre le virent à terre, il entra un homme par cette fenêtre qui ouvrit la porte. On courut promptement au secours. Mr Fontbonne, le chirurgien, y fut appelé pour le panser et moi pour le confesser et le résoudre.

Je m’y ………. aussi fort que Mr Fontbonne et, ayant reconnu que ce pauvre malheureux avait la parole libre et qu’il était revenu à peu de sa furie, je tâchai de le remettre dans la connaissance de son crime. Il m’écouta paisiblement et me dit tout à coup : « Croyez-vous que Dieu me pardonne ? » Lui en ayant donné les assurances, pourvu qu’il en reconnût sa faute, il m’en demanda l’absolution que je lui donnai, n’osant pas la délayer dans le doute où restait que ses plaies ne le pressassent plus qu’elles ne firent sous la promesse qu’il me fit de se confesser tout au long si Dieu lui en donnait le temps.

On sonda ses plaies et on y mit le premier appareil le lendemain. Le chirurgien trouva que la gangrène s’était prise à sa blessure des parties honteuses et fut contraint d’achever de la couper. La fièvre ne le quitta point et même il extravagait de temps en temps. Néanmoins, il fit sa confession en bon sens et reconnut son péché avec beaucoup de ressentiment. Il ne se plaignit jamais de la douleur qu’il souffrait de ses blessures. Et quand les chirurgiens le pansaient, il leur disait « Coupez, coupez » et souvent, il demandait à un tailleur qui le servait un couteau sans dire ce qu’il voulait en faire. Ses blessures lui causèrent une si grande puanteur que les …. De Mr Fontbonne ne pouvaient pas le panser.

Durant sa maladie qui dura cinq jours après ses blessures faites, il disait quelquefois à la grande fille qui était âgée de treize ans : « Chasse ce mouton qui est là sur la petite fenêtre. »

Et moi l’interrogeant s’il avait vu quelque chose lorsqu’il s’était blessé, il me dit qu’il lui semblait d’avoir vu quelque chose comme un chat. Je lui fis renoncer à tous pactes implicites et explicites s’il en avait fait avec le démon. Il me protesta toujours que jamais il n’en avait fait. Pourtant je ne le jugeai point durant sa maladie qu’il fut en état de recevoir le saint Sacrement tant à cause du scandale qu’il avait donné en se massacrant soi-même qu’à cause qu’il ne fut point en son bon sens comme il le faut être. Je lui donnai les Saintes Huiles qu’il reçut avec beaucoup de dévotion et le visitai tous les jours plusieurs fois pour l’obliger de reconnaître ses fautes

Enfin il mourut sans que l’homme qui le surveillait n’y prît garde et je l’enterrai au cimetière sans l’assistance des messieurs. J’ai voulu coucher tout au long cette funeste histoire comme l’ayant vu pour la plus grande partie, croyant que la mémoire d’un accident si étrange fera appréhender à ceux qui la liront les punitions que Dieu exerce bien souvent contre ceux qui n’ont pas vécu le long de leur âge dans sa crainte et dans l’observance de ses saints et très inst… commandements. Tel qu’était ce pauvre homme de qui j’ai décrit la mort car m’étant informé de ceux qui le connaissaient, ils m’ont assuré qu’il n’était pas craignant Dieu, qu’il blasphémait horriblement quand il était en colère et qu’étant brigadier au sol, il avait donné sujet de plaintes à plusieurs. Tous ceux qui le connaissaient attribuaient son étrange aventure à ce qu’il n’avait pas bien servi notre bon Dieu comme nous le devons tous faire.

 J Jullian, curé

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Enfant trouvé, enfant perdu

AD69  Villeurbanne  BMS 1745   vue 8

Ce trente et unième juillet mille sept cent quarante cinq, j’ai enterré un enfant exposé muni d’un billet ainsi disant : il a été baptisé dans l’église par les mains du curé au nom de Jean, prêtre. Il s’appelle Pierre. La sépulture faite aux frais du Consul de Villeurbanne nommé Sieur Etienne Brissaud, ce que de mon côté, j’ai fait gratis.

Curé Delaroche

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Enfant illégitime

AD38  Thuellin   BS 1650-1680  vue 58

 

Thoinette, fille donnée non légitime au Sieur Antoine Pollet Duvard et de Françoise Orceil a été baptisée le 21 février 1668. Le parrain est Jean Anselmoz de Faverge, la marraine Thoinette Guitat de Buvin. Il est ainsi que ce jourd’hui, peu de temps avant que l’on apportât l’enfant à l’église, je suis allé, accompagné de Sieur Antoine Pollet Duvard, Sieur François Marterey notaire des Avenières et Benoît Deloche, chez Jacques Orceil, père de la dite Françoise où c’est qu’étaient Benoît Bilio et des serviteurs de Monsieur de Villeneuve, trois ou quatre qui attendaient pour sortir l’enfant.

Etant là, j’ai exhorté la dite Françoise, en présence de tous ces témoins, à me déclarer à haute voix, sur la damnation de son âme, s’il est vrai que l’enfant qu’elle a fait et enfanté soit au dit Sieur Duvard, si elle croit par la part qu’elle prétend en paradis qu’il soit le père ; ce qu’elle a refusé entièrement de faire et d’enlever la main qui veut la mauvaise réputation d’icelle, la force, crainte et terreur où elle est. J’ai commandé d’apporter l’enfant à l’église et, étant à la porte, j’ai demandé au parrain et à la marraine à qui était cet enfant. Ils ont répondu qu’il était au Sieur Antoine Pollet Duvard, ce qu’entendant, je l’ai baptisé. En foi de quoi je signe de la main à la manière accoutumée.

Patricot curé de Veyrins

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Abjurations

L’édit de Nantes a été promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV. Il accordait la liberté de culte aux protestants et mit fin aux guerres de religion.

Le 22 octobre 1685, Louis XIV révoqua cet édit par l’édit de Fontainebleau. Ceci vint à la suite d’une période de conversions forcées et provoqua l’exil de nombreux huguenots.

On assista alors à de nombreuses abjurations.

 

AM Lyon   St Nizier   MS 1731  vue 89

 

Le dix juillet 1731 en conséquence du pouvoir qui m’a été accordé par Monseigneur l’évêque de Sinope suffragant et vicaire général de Lyon, j’ai reçu l’abjuration que Charles Blanc, maître tailleur d’habits a faite dans cette église des terreurs de Luther et de Calvin. Je lui ai donné l’absolution de l’excommunication qu’il avait encourue en faisant profession de l’hérésie de Calvin et je l’ai rétabli dans les droits des véritables enfants de l’église catholique, apostolique et romaine. En présence de …..

Vicaire Paule

 

AM Lyon    St Nizier   MS 1759  vue 61

 

Le 24 mai 1731, ensuite de la permission accordée par Monsieur le Comte de Saint Aulbin, vicaire général du diocèse et supérieur de la communauté des nouvelles catholiques de cette ville, Jean-Pierre Muston, fils de Pierre Muston aujourd’hui négociant à Livourne et originaire des Vallées de « Luzerne » en Piémont et de défunte Marguerite Le Borne a fait volontairement abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle il est né, entre les mains du vicaire soussigné, après avoir été instruit suffisamment des mystères de notre sainte religion.

Présents …..

Vicaire Arnaud

 

AM Lyon   Hôtel Dieu   B 1740  vue 10

 

Le vingt deuxième mars 1740 Jeanne Lagrange fille brodeuse de profession âgée de vingt deux ans native de Chalon sur Saône fille de feu Lagrange, homme sans profession et de feue Louise Bernardin, couturière, ses père et mère, laquelle Jeanne, après avoir été instruite des vérités de notre sainte religion a fait volontairement abjuration de l’hérésie de Calvin dans laquelle elle est née et a fait publiquement profession de foi catholique, apostolique et romaine dans l’Hôtel Dieu de cette ville où elle est détenue pour cause de maladie dans la salle des femmes fiévreuses lit n° 51 dans les mains de Jérôme Géraud Parra prêtre économe du dit Hôtel Dieu qu’il lui a donné l’absolution de l’hérésie après en avoir obtenu le pouvoir par écrit de Monseigneur l’archevêque de Lyon en présence de Messire Claude Mallaval, prêtre servant les pauvres du dit Hôtel Dieu dans la domination des sacrements qui a signé avec le sus dit ….ou la dite Jeanne pour ne pouvoir à cause de sa maladie.

Parra prêtre économe

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