Rivalité à la cure

Cette narration est l’œuvre de Messire Martin, curé de Genay, qui a remplacé Messire Durand en septembre 1754.

AD69   Genay  vue 14   BMS 1754

 

La cure de Genay ayant été vacante par le décès arrivé le seize du mois d’avril de la présente année de Messire Claude Laurent, le sieur Lambert, prêtre de Neuville sur Saône et vicaire à Firminy en Forez sollicita la nomination à la dite cure dans un temps qu’il n’avait que vingt-quatre ans neuf mois. Dans cet intervalle que le Sieur Lambert ne pouvait pas prendre possession, on envoya le Sieur Martin, prêtre du diocèse de Fréjus et de la ville de Saint-Tropez sise sur le bord de la mer pour desservir la cure. Le Sieur Durand, forézien  qui desservait la cure de La Pérouse se pourvut en cour de Rome le mois de juin suivant. Le pape avait alors les mains liées parce que la dite cure est soumise à l’institution du Seigneur Archevêque de Lyon qui est cardinal et put être élevé à cette dignité à laquelle la bulle de compaet est favorable. Le pape se trouvait alors sans pouvoir. Le Sieur Martin ayant vu l’irrégularité des titres et provisions du Sr Durand dont la course était prématurée, se pourvut en cour de Rome six mois après le décès du dernier titulaire, temps que le pape avait son droit ouvert de conférer procès entre les trois compétiteurs. L’affaire fut plaidée à la sénéchaussée à Lyon. Après quatre plaidoieries, il y eut un appointé à mettre ; le procès qui avait commencé en 1752 fut jugé en 1754. Les sieurs Lambert et Durand condamnés, il y eut appel de la sentence de la sénéchaussée. On verra dans le registre de 1755 et 1758 l’infructuosité du dit appel et Mre Martin maintenu dans la dite cure avec tous les lauriers du combat.

 

1755

Le Sieur Durand appelant de la sentence de Lyon rendue le quatorze septembre 1754, il partit pour Paris dans le mois de décembre de la dite année, et dans le mois de mai de l’année 1755, il donna requête à la première chambre des enquêtes en demande du sequestrat des revenus de la cure de Genay. Le vingt du mois d’août, il y eut un arrêt sur les conclusions de Monsieur de Boulonnais, substitut de Monsieur le Procureur Général. C’est ce même arrêt qui a maintenu Mre Martin curé de Genay en déclarant que la recréance adjugée par sentence au dit Mre Martin lui venir continuer provisoirement, le Sr Durand embouté de sa demande et condamné aux dépens.

La levée du dit arrêt et l’exécutoire se montant à mille cent cinquante cinq livres, dix et sept sols et neuf deniers.

 

1758

Le procès pour la cure de Genay dont il est fait mention dans le registre de 1754 et dans celui de 1755 a été enfin décidé au parlement. Le jugement qui en fut rendu à la seconde chambre des enquêtes a condamné le Sieur Lambert aux frais, dépens, dommages et intérêts jusqu‘au jour du désistement de son appel, lequel désistement fut fait le quinze du mois d’avril passé et le Sieur Durand condamné aux épi…, vacations, conclusions qu’il n’avait pas consignées par indigence et ……… de l’arrêt qui fut prononcé le vingt-trois du mois d’août passé de l’année 1758.

Voilà le sort des plaideurs opiniâtres dont les prétentions ne sont fondées que sur des idées qu’on se forge sans raison, sans prudence, sans lumières et sans discernement.

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