Revendications

AD69 Villeurbanne BMS 1779 vue 25

Les fièvres règnent toujours et accablent les habitants.

J’ai fait un baptême de la Ferrandière d’après les deux arrêts du parlement de Grenoble.

On a fait des mémoires dans plusieurs diocèses pour obtenir une augmentation de portion congrue.

Les curés du diocèse de Grenoble et sortant de celui de Vienne se sont distingués ; ceux-ci ont statué contre leurs archevêques une augmentation nécessaire et même le besoin de la destruction du casuel, leurs droits pour les cas réservés et la nomination de leurs vicaires.

J’ai fait bien des réparations, une partie du clos, une vigne renouvelée et toujours pour le bien public mille démarches pour faire réussir le chemin du pont Morand à l’église et de là par différentes paroisses jusqu’en Savoie. Tous mes devis pour le bien s’y portent au défrichement et au dessèchement des marais qui seuls causent la perte du pays.

L’archevêque de Lyon a réuni cette année par son crédit l’abbaye d’Ainay à son archevêché quoique déjà très riche.

Les Célestins de Lyon ont été sécularisés entièrement cette année avec 1500 livres de retraite. L’archevêque semble vouloir tous leurs biens comme les croyant célescistiques et qui valent plus de trois millions mais il vient de paraître des oppositions de la part du duc de Savoie fondateur de cette maison à qui ils ont été adjugés par arrêt du conseil.

Le couvent des Célestins de Lyon fut fondé en 1407 sur les bords de la Saône, à la suite de la donation de l’ancienne propriété des Templiers par Amédée VIII, comte puis duc de Savoie. A cet emplacement, les religieux édifièrent un couvent et une église, qu’ils occupèrent jusqu’en 1779.
En 1773, l’archevêque de Lyon visite les seize célestins de son diocèse. Les religieux acceptent alors une vie séculière en contrepartie d’une rente.

Le 30 septembre 1778, un bref du Pape Pie VI supprime l’ordre des célestins. L’archevêque de Lyon tente de réunir les biens des Célestins à son clergé. Après un long procès, en 1784, le roi Victor-Emmanuel III est reconnu héritier du comte de Savoie donateur du terrain au XVe siècle. Le monastère est vendu au promoteur André Devouges.

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Les limites de la dîmerie

AD69 Villeurbanne BMS 1719 vue 7

 Le onzième octobre 1719,

Pour l’éclaircissement de Mrs mes successeurs et pour lever toute difficulté au sujet des limites de la Guillotière et de Villeurbanne : ce jourd’hui 11ème octobre 1719 j’ai porté le St Viatique à Marguerite Bayle femme de Claude Tausse fermier du domaine de la Tête Dorée situé aux Brotteaux appartenant aux jésuites de St Joseph de Lyon, la dimerie passant au milieu de la cour du dit domaine et la borne ou limite étant posée au portail qui regarde le Rhône, le tout en présence de Mathieu Goaiffon, Joseph Périer, François Billon et de Claude Bonnard, tous habitants du dit Villeurbanne qui n’ont signé pour ne savoir, enquis

 Lamarche, curé

La dimerie de Villeurbanne passe au milieu du domaine de la Ferrandière et la borne ou limite est située et plantée proche le puits qui est entre la maison et le Colombier Rond de la dite Ferrandière.

 C. Lamarche, curé

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La grosse cloche de Villeurbanne

AD69 Villeurbanne BMS 1698 vue 3

Le 15 juin 1698 a été bénie ou baptisée la grosse cloche de Villeurbanne qui pèse quatre cent et douze livres. Le parrain Messire Abel Allemand de Vaux marquis et seigneur de Vaux Villeurbanne et autres places. La marraine noble dame Lucrèce Palleron épouse de noble François Bénigne Depierreux. Lesquels ont signé.

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Croix Luiset

AD69 Villeurbanne BMS 1714 vues 6-7

Ayant obtenu par écrit la permission de Monseigneur l’Evêque de Sinope suffragant de Lyon en date du 27ème du courant en faveur de Damoiselle Louise Janon veuve Dallier de faire planter une croix de pierre de taille au territoire Luiset dans la paroisse de Saint Julien de Villeurbanne sur le chemin tendant de Vaulx à Lyon et de l’église de Villeurbanne aux Brotteaux et de là au Rhône.

Je me suis transporté le dimanche 30ème septembre 1714 après la messe paroissiale vers la dite croix Luiset revêtu du surplis et de l’étole assisté de noble François Bénigne Thibault Depierreux seigneur de la Ferrandière, de Pierre Charesieux dragon du régiment de Mgr le dauphin, de Claude Bouvard, de Jean Pierre Serpolet et de plusieurs autres de mes paroissiens qui ont porté un crucifix, le cierge pascal allumé et l’eau bénite et ai fait la bénédiction de la dite Croix Luiset avec les prières et cérémonies du rituel suivant le pouvoir que m’en a donné mon dit seigneur l’évêque de Sinope en présence des susnommés.

 Charles Lamarche, curé de Villeurbanne

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Un revenant encombrant

AD01 Leaz BMS 1681-1697 vues 15 à 18

 Le 27 février 1692 je soussigné atteste et confesse qu’ayant ensépulturé honorable Benoît Brunet mon père bourgeois de Montreuil le 5 mai 1691 ayant satisfait à tous les devoirs funéraires mais comme il est mort beaucoup de personnes pendant la présente année et que ayant voulu satisfaire à la dévotion des parents des défunts soit aux messes de fondation je n’ai pu appliquer tous mes sacrifices pour le repos de l’âme de mon père et pendant six semaines on a oui un grand bruit dans la dite cure presque toutes les nuits et si vrai que mes neveux n’osant coucher seuls appelaient les voisins pour coucher de compagnie avec eux qui ont eu part de la peur causée par le bruit et moi certifiant étant dans le lit je me sentis roulé de part et d’autre dans le dit lit et comme lorsqu’on excite un dormant pour l’éveiller. Je criai Qui est là, une voix me répond en langue vulgaire Il est jour, je lève mon rideau et je réponds Il n’est pas vrai. Après quoi j’entends un bruit tout le long de ma chambre comme si on avait traîné un plein sac de blé ; je me lève promptement vais chercher partout, je ne trouve personne et c’était l’aube du jour et l’instant d’aller dire la sainte messe pour mon dit père et comme Madame Buffet vient à mourir, je fus occupé pendant une neuvaine pour elle et les bruits de la dite cure s’augmentaient le dit soir 27 février un mercredi des quatre temps à neuf heures du soir pendant un temps de pluies sans fin venant de voir un malade, le sieur Buffet de Lyon pour la confession, étant entré dans mon dit presbytère ayant fermé la porte à clé par derrière et allumé la lampe pour faire ma prière, j’entends un grand coup sur le plancher d’en haut en la chambre du dessus le pressoir au même moment j’entrai et soudain voilà un bruit si violent que douze batteurs de blé n’en auraient pas fait davantage. Le grenier me tombait dessus de tous côtés comme la grêle. Je crie Qui est là-haut, point de réponse ; je sors et passe par la grande chambre et entre dans la petite où je couche, le bruit continue, je criai plusieurs fois Qui est là-haut, répondez, que voulez-vous, et je n’eus aucune réponse. Je le presse et lui dis Répondez de la part de Dieu, que voulez-vous ; et pour lors j’entends une voix qui me répond d’un ton pitoyable et dolent hoy*.

Je lui demande pour une seconde fois Etes-vous en peine. Il me répond pour la seconde fois hoy et pour la 3ème Je vous promets parce que je prierai Dieu demain pour vous ; il me répond pour la dernière fois hoy et fit en même temps encore un bruit en se traînant par le dessus de la chambre et de peur que je ne fus trompé par quelqu’un, j’allai moi même au galetas par dessus tout avec ma lampe allumée que je n’avais point quittée et cherchai par tous les coins, je ne trouvai rien.

Tout le contenu ci dessus est véritable sans ajouter ni diminuer ; c’est un homme de cinquante ans qui parle, prêtre et curé qui ne voudrait pas conter des fables et le lendemain j’envoyai prendre les prêtres du voisinage pour prier pour le repos de l’âme de mon dit père ensuite de quoi nous n’avons oui aucun bruit.

Je certifie par foi et serment qu’il est véritable ce 29 février 1692.

Brunet, prêtre et curé

 *hoy : très certainement « oil » qui signifiait « oui »

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Visite de l’Archevêque de Vienne

AD38 St Jean de Bournay BMS 1725-1736 vue 219

 

Nota du 21 mai 1734 son altesse Mgr l’Archevêque Henry Oswald de la Tour d’Auvergne arriva dans cette paroisse de St Jean de Bournay sur les deux heures d’après-midi pour y faire sa visite pastorale et logea chez Jean Tholon bourgeois et châtelain du lieu.

Les principaux en grande partie lui furent au-devant arme au pied et j’étais à leur tête où étant arrivés, nous eûmes l’honneur de lui faire la révérence et Sr Antoine Tholon fils du président Sr Jean avocat au Parlement le complimenta joliment.

Son Altesse fut si satisfaite de ce compliment qu’elle lui en demanda une copie. La bourgeoisie au nombre de 100 était sur les armes qui furent l’attendre aux limites et le conduisirent au son du tambour jusqu’à la maison susdite. Après une heure de repos, nous le fûmes quérir tout le pays porté par les officiers et vînmes à l’église processionnellement chantant iste confessor. Etant arrivés à la porte, son laquais mit un carreau* sur les degrés sur lequel le prélat se mit à genoux où je lui présentai le crucifix à baiser, ensuite le goupillon et ensuite je l’encensai par trois fois.

En entrant, nous entonnâmes le Te Deum laudamus lequel fini, on dit l’antienne de St Jean Baptiste. Son altesse trouva un prie-Dieu préparé dans le choeur sur lequel le livre des Evangiles était ouvert et le signet à l’oraison du patron. Cela étant fait, il visita le très St Sacrement, les reliquaires, la sacristie et ayant tout trouvé en forme, il se retira jusqu’au lendemain à sept heures.

Il vint à l’église où il confirma mille vingt-quatre personnes tous ayant reçu la communion et se retira à midi et demie. Après son départ, je célébrai la messe. L’après-midi il se rendit à l’église sur les quatre heures. Il en confirma quatre cent et quelques uns tant de ma paroisse que des autres voisines mais il y en eut huit ou neuf cents de ma paroisse selon l’état de leur nom que j’avais eu soin de prendre et les billets qu’ils avaient chacun comme ils étaient disposés à la confirmation et que son altesse eut soin de faire retirer et compter. La confirmation étant parachevée il donna la bénédiction du très saint sacrement et se retira.

Le lendemain il fut conduit jusqu’aux limites de la terre dans le même ordre avec plusieurs décharges de mousqueterie qui furent faites et ce prélat puissant en autorité promit protection et amitié à la paroisse car celui qui en est le pasteur indigne a écrit ceci et atteste contenir vérité et s’est soussigné.

 A. Viaud, curé

 Henri Oswald de la Tour d’Auvergne, personnage important, fut archevêque de Vienne de 1721 à 1745. Il fut nommé cardinal en 1740. Il mourut à Paris en 1747 mais fut inhumé à Vienne dans la cathédrale St Maurice où il avait fait érigé un mausolée.

 *un carreau de velours était un coussin carré pour s’asseoir ou s’agenouiller

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Triste sort

AD71 Colombier-en-Brionnais BMS 1703-1743 vue 7

En l’année 1711, Monsieur le Cardinal de Tournon fut envoyé dans la Chine pour examiner les différences qui étaient entre les Dominicains et les Jésuites touchant quelques points de la religion : par malheur pour lui, il pencha pour les Dominicains et donna le tort aux Jésuites qui, indignés de cette préférence cherchèrent tout ce qu’ils purent contre lui, et par leurs secrètes menées le firent confiner dans une étroite prison où il mourut de regret.

Le Pape au lieu d’avoir du ressentiment de la mort de ce grand homme, fut au contraire si bien gagné par les Jésuites, qu’il donna même le chapeau du Cardinal de Tournon à un Jésuite.

Un poète de notre temps a fait l’épigramme suivante là-dessus.épigramme 1711 AD71

 

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Lettre de l’évêque

lettre évêque de sens 91

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L’âme en paix

AD38  Morestel  BMS 1745-1774   vue 139

 

Le 2 janvier 1761 est décédé le Sieur Jean Martin. Le curé fait alors état des dernières volontés du défunt.

 

Le dit Sieur Jean Martin vivant fermier de Monsieur le Président Quinsonas à Vernet (?), m’avait déclaré, malade dans son lit, m’avait déclaré qu’il fut payé chaque année pendant l’espace de vingt ans par les héritiers après sa mort, ainsi qu’il en a chargé son fils et héritier honnête Michel Martin verbalement la somme de quatre livres pour être employées les dites quatre livres à célébrer des messes chaque année pour le repos de son âme et en conséquence, je lui ai passé quittance pour l’année mil sept cent soixante et un, le douze janvier année susdite, ce que je certifie véritable.   Qu’il voulait qu’il fût payé.

 

Meyssin, curé de Morestel

 

 

J’ai reçu de honnête Michel Martin, fils et héritier de défunt honnête Jean Martin la somme de quatre livres dont le dit Michel est obligé de s’acquitter envers les curés de Morestel, ainsi que son père me l’avait déclaré et l’a chargé chaque année pour célébrer des messes pour le repos de son âme pendant l’espace de vingt ans, dont quitte le dit héritier pour la présente année mil sept cent soixante et un au dit Morestel le douze janvier année susdite 1761.         Meyssin, curé de Morestel

Reçu aussi les dites quatre livres jusqu’inclus l’année mil sept cent soixante et dix           Meyssin, curé

Et inclus 1776         Meyssin, curé

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L’usurpateur

AD42   St Priest la Prugne  1697-1715   vue 46

 

Ce jourd’hui vingt-huitième août de l’an mil sept cent cinq, j’ai recouvert les registres des mains du sieur Vicaud puisqu’il a déguerpi après plusieurs constatations scandaleuses. Le sieur Vicaud s’étant violemment emparé de ma cure, s’y maintenant à la tête de quelques canailles qui le soutenaient, en a été honteusement chassé par contraintes de justice, sentence et sauvegardes. Nonobstant les menaces, efforts et menées de Dom Hilaire, prieur religieux de Cunlhat qui se disant prieur seigneur du lieu, se conduisait en petit tyran de village et avec des apostats, par mille faux bruits, a taché inutilement d’empêcher le vrai titulaire de se mettre en paisible possession.

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