Testament

 

 

AD38  St Jean de Bournay   BMS 1725-1736   vue 230

 

Testament de Dame Louise Michalet Dugas épouse de noble Benoît Marin sieur Dugas du treizième juin mil sept cent vingt-huit reçu Me  Etienne Jubié notaire royal de St Jean de Bournay et y résidant ; elle veut dans son dit testament qu’annuellement et à perpétuité il soit délivré à trois pauvres de la paroisse natifs, il soit délivré à chacun d’eux trois aunes de serge du pays lesquels trois pauvres ils seront choisis par son héritier, son époux et par le Sr curé desservant la paroisse et à commencer une année après son décès et ainsi continuera à perpétuité, le tout à la charge de son héritier. De plus elle donne et lègue au Sr curé de St Jean et à ses successeurs desservant le bénéfice, la somme de six livres qui lui sera payé annuellement et à perpétuité par son dit héritier et à commencer à son décès pour laquelle somme le dit Sr curé célèbrera ou fera célébrer annuellement et à perpétuité cinq messes, savoir une grande messe le jour de St Louis au mois d’août à l’honneur de ce saint son patron au grand autel, deux messes basses de requiem à l’autel de notre dame du Rosaire et deux autres messes basses de requiem à l’autel de St Joseph, le tout en l’église du dit St Jean et ainsi continuera annuellement et à perpétuité à la forme sus réglée pour le repos de son âme et de celle du dit Sieur Dugas son mari.

Le testament a été reçu par Me Etienne Jubié, notaire de cette paroisse le dix-huit juin mil sept cent vingt-huit et c’est de lui que j’ai reçu le mémoire couché sur le présent registre pour y avoir recours en cas de besoin et le dit mémoire écrit de la main du sus dit notaire, je l’ai mis dans la liasse des papiers concernant l’église et la cure, en foi de quoi me suis signé.

 

Curé de St Jean

 

Le dit Sr Dugas m’a payé et lui ai passé quittance le 31 janvier 1735 pour l’année précédente échue à la St Louis et a habillé des pauvres comme il est porté par le testament de son épouse.

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Un père très absent

 

 

AD38  St Jean de Bournay  BMS 1774-1781   vue 4

 

L’an mil sept cent soixante quatorze et le quatorzième du mois de janvier, après trois publications faites dans cette paroisse et dans celle de St Martin de la ville de Vienne aux messes du prône, nous, curé soussigné avons donné la bénédiction nuptiale à Pierre Duranthon, tisserand, résidant dans cette paroisse depuis environ un an, fils légitime de feu Claude Duranthon de la paroisse d’Artas et de défunte Elisabeth Ogier ; et à Elisabeth Patton, fille mineure de Charles Patton, marchand de ce lieu et de défunte Jeanne Crochat, mariés ; le dit Charles Patton étant absent depuis environ quatorze ans qu’il a passés dans le pays étranger en qualité de soldat canonnier où l’on croit qu’il est mort, la dite Elisabeth Patton, sa fille a été autorisée pour son présent mariage par Sr Claude Cuzel son oncle par alliance qu’elle s’est nommé pour son curateur de concert avec ses parents paternels. Le mariage a été célébré en présence de …….

 

Robin, curé

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Témoignage

 

 

AD38  Culin   BMS 1696-1793   vue 375

 

Nota par une suite du grand hiver dernier, nous n’avons eu dans ce pays que très peu de châtaignes, point de noix, quelques fruits, assez bonne récolte en grain et le blé augmentant chaque marché à cause des accaparements, il valait au mois de novembre plus de 9 livres et au commencement de 1790 il revint à 6 livres 12 sols. Le vin valait alors 24 livres la charge. Du 8 juillet eu 7 août 1789, tous les châteaux, monastères, papiers, terriers, à plus de dix lieues à la ronde furent incendiés, pillés, saccagés, sous les faux bruits de permission du roi ou d’ennemis voisins entrés en Dauphiné. Les acteurs de ces tristes scènes étaient les mauvais sujets de chaque paroisse dont on ne put arrêter la fureur que par le supplice de quelques uns, des chefs.

Le tableau sous le vocable de St Didier titulaire de la paroisse et de St Clair, copatron a été placé deux heures après midi le 30 octobre 1789 par les soins et les demandes réitérées du curé soussigné. Il fut peint à Vienne par le Sr Jayet. Les plus anciens n’avaient jamais ouï parler d’aucun tableau dans cette église, surtout au grand autel.

 

Curé Jacquemard

 

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Misogynie à part …

AD71   Colombier en Brionnais  septembre 1680

(Communiqué par Jean Sailley)

 

En faveur du sexe

 

Sonnet

 

Lorsque le créateur finissant son ouvrage

De cette rare beauté fit le portrait vivant,

L’homme était trop heureux au sortir du néant,

de porter sur son front cette divine image.

 

Le monde tout entier était son apanage,

Sur tous les animaux son pouvoir était grand,

Le sort ne souffrit pas qu’il vécut si content

Et ne lui laissa pas longtemps cet avantage.

 

Sous prétexte d’aider à un futur ennui,

On lui fit une femme, on ne peut faire pis,

Le malheureux dormait, il ne s’en put défendre.

 

Il vit en s’éveillant la cause de ses maux,

Il la prit, mais hélas ! il devait s’aller pendre

Car son premier sommeil fut son dernier repos.

 

Lorsqu’Adam vit cette jeune beauté

Faite pour lui d’une main immortelle,

S’il l’aima fort, Eve de son côté

Dont bien nous prend, ne fit pas la cruelle.

 

Mon cher lecteur, alors en vérité,

Je crois qu’il fut une femme fidèle,

Mais comme quoi ne l’aurait-elle été,sonnet

Elle n’avait qu’un seul homme avec elle.

 

Or en cela nous nous trompons tous deux

Car bien qu’Adam fût jeune et vigoureux,

Bien fait de corps et d’esprit agréable,

 

Elle aima mieux pour s’en faire conter,

Prêter l’oreille aux fleurettes du diable

Que d’être femme et ne pas caqueter.

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Les quatre siècles

AD71   Colombier en Brionnais   décembre 1696

(communiqué par Jean Sailley)

 siècle

Les quatre siècles différents, savoir

d’or, d’argent, d’airain et de fer,

sous les quatre derniers contrôleurs généraux des finances

 

 Sous Fouquet qu’on regrette encore

L’on jouissait du siècle d’or.

 

 Le siècle d’argent vint ensuite

Qui fit contre Colbert concevoir du chagrin.

 

L’indolent Pelletier par sa fade conduite

amena le siècle d’airain.

 

Mais la France aujourd’hui sans argent et sans grain

au siècle de fer est réduite

par les ordres de Pontchartrain.

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Déclaration d’amour

AD38   Chélieu   BMS 1672-1691   vue 143

 

Lettre rédigée en 1689 par le curé Perroche. Etait-ce pour son propre compte ?

Une page du registre est endommagée, aussi manque-t-il quelques passages.

 

 

 

Je jure que depuis l’heure et le moment que j’ai goûté votre agréable conversation, je n’ai eu d’amour ni de cœur que pour vous, aimez donc je vous supplie celui qui vous aime autant que lui-même et qui ne peut vivre sans vous. Vous verrez même par les suites que je n’aime que mon aimable Nanon qui m’est plus chère que mes yeux et ma propre vie.

… ma chère que je vous aime si …. et si tendrement que je ne ….. plus à moi. Je ne conserve ma (vie ?) que pour la sacrifier pour vous et pour votre service. Si vous pouviez pénétrer dans les secrets …… de mon âme et considérer les tourments qui déchirent mon cœur, peut-être …… pitié et compassion ……  cependant ma chère demoiselle, je …… de n’oublier pas celui qui … gloire de vous être ……….

Mon aimable et chère demoiselle, j’espère que l’expérience vous persuade plus fortement l’amour que j’ai pour vous que mes paroles que j’ai toujours cru être trop faibles pour un semblable sujet ; je souhaite que le ciel fasse naître une occasion pour vous assurer de mes obéissances et de la continuation de mon amitié qui est toute à vous sans aucune retenue vous n’en devez jamais douter quoi qu’il arrive. Je me soumettrai toujours à vos lois et suivrai vos ordres très fidèlement comme de celle que j’aime le plus au monde ; cependant ma chère, je vous conjure de tout mon cœur de me continuer la même grâce et d’être entièrement persuadée que je ne serai jamais qu’à vous.

Je rechercherai sans fin à vous donner des preuves de mon amour et de ma ……

 

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Mariage particulier

AD38   St Jean de Bournay   BMS 1760-1773   vues 31-32

 

A Vienne ce 29 mai 1762

 

Par votre lettre, Monsieur, vous me marquez que deux personnes se sont adressées à vous pour se marier ensemble, qu’elles n’ont point de domicile, qu’elles passent pour être mariées, qu’elles ont des enfants et que la prétendue est enceinte, que le prétendu s’appelle Claude Renaud âgé de 38 ans et la fille Marie Giroud âgée de 34 ans, qu’ils sont l’un et l’autre sans père et sans mère ; vous pouvez les marier et pour cela je les dispense de l’empêchement du défaut de domicile et es trois bans par cette lettre. S’ils ne se font pas une peine de se marier publiquement et que le public n’en soit pas scandalisé, il faut les marier publiquement. Si au contraire ils s’en faisaient une peine ou qu’il y eut scandale, vous pourrez le faire avec réserve en prenant des témoins choisis et secrets.

A l’égard du cas dont vous m’aviez parlé, je vous ai marqué que la femme ne doit pas profiter des avantages matrimoniaux mais qu’elle ne perd pas sa dot. Si cependant le mari fournissait de quoi vivre sur cette dot, elle serait obligée de donner de quoi le dédommager.

Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

 

L’Archevêque de Vienne

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Visite de l’Archevêque de Vienne

AD38 St Jean de Bournay BMS 1725-1736 vue 219

 

Nota du 21 mai 1734 son altesse Mgr l’Archevêque Henry Oswald de la Tour d’Auvergne arriva dans cette paroisse de St Jean de Bournay sur les deux heures d’après-midi pour y faire sa visite pastorale et logea chez Jean Tholon bourgeois et châtelain du lieu.

Les principaux en grande partie lui furent au-devant arme au pied et j’étais à leur tête où étant arrivés, nous eûmes l’honneur de lui faire la révérence et Sr Antoine Tholon fils du président Sr Jean avocat au Parlement le complimenta joliment.

Son Altesse fut si satisfaite de ce compliment qu’elle lui en demanda une copie. La bourgeoisie au nombre de 100 était sur les armes qui furent l’attendre aux limites et le conduisirent au son du tambour jusqu’à la maison susdite. Après une heure de repos, nous le fûmes quérir tout le pays porté par les officiers et vînmes à l’église processionnellement chantant iste confessor. Etant arrivés à la porte, son laquais mit un carreau* sur les degrés sur lequel le prélat se mit à genoux où je lui présentai le crucifix à baiser, ensuite le goupillon et ensuite je l’encensai par trois fois.

En entrant, nous entonnâmes le Te Deum laudamus lequel fini, on dit l’antienne de St Jean Baptiste. Son altesse trouva un prie-Dieu préparé dans le choeur sur lequel le livre des Evangiles était ouvert et le signet à l’oraison du patron. Cela étant fait, il visita le très St Sacrement, les reliquaires, la sacristie et ayant tout trouvé en forme, il se retira jusqu’au lendemain à sept heures.

Il vint à l’église où il confirma mille vingt-quatre personnes tous ayant reçu la communion et se retira à midi et demie. Après son départ, je célébrai la messe. L’après-midi il se rendit à l’église sur les quatre heures. Il en confirma quatre cent et quelques uns tant de ma paroisse que des autres voisines mais il y en eut huit ou neuf cents de ma paroisse selon l’état de leur nom que j’avais eu soin de prendre et les billets qu’ils avaient chacun comme ils étaient disposés à la confirmation et que son altesse eut soin de faire retirer et compter. La confirmation étant parachevée il donna la bénédiction du très saint sacrement et se retira.

Le lendemain il fut conduit jusqu’aux limites de la terre dans le même ordre avec plusieurs décharges de mousqueterie qui furent faites et ce prélat puissant en autorité promit protection et amitié à la paroisse car celui qui en est le pasteur indigne a écrit ceci et atteste contenir vérité et s’est soussigné.

 A. Viaud, curé

 Henri Oswald de la Tour d’Auvergne, personnage important, fut archevêque de Vienne de 1721 à 1745. Il fut nommé cardinal en 1740. Il mourut à Paris en 1747 mais fut inhumé à Vienne dans la cathédrale St Maurice où il avait fait érigé un mausolée.

 *un carreau de velours était un coussin carré pour s’asseoir ou s’agenouiller

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Lettre de l’évêque

lettre évêque de sens 91

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L’âme en paix

AD38  Morestel  BMS 1745-1774   vue 139

 

Le 2 janvier 1761 est décédé le Sieur Jean Martin. Le curé fait alors état des dernières volontés du défunt.

 

Le dit Sieur Jean Martin vivant fermier de Monsieur le Président Quinsonas à Vernet (?), m’avait déclaré, malade dans son lit, m’avait déclaré qu’il fut payé chaque année pendant l’espace de vingt ans par les héritiers après sa mort, ainsi qu’il en a chargé son fils et héritier honnête Michel Martin verbalement la somme de quatre livres pour être employées les dites quatre livres à célébrer des messes chaque année pour le repos de son âme et en conséquence, je lui ai passé quittance pour l’année mil sept cent soixante et un, le douze janvier année susdite, ce que je certifie véritable.   Qu’il voulait qu’il fût payé.

 

Meyssin, curé de Morestel

 

 

J’ai reçu de honnête Michel Martin, fils et héritier de défunt honnête Jean Martin la somme de quatre livres dont le dit Michel est obligé de s’acquitter envers les curés de Morestel, ainsi que son père me l’avait déclaré et l’a chargé chaque année pour célébrer des messes pour le repos de son âme pendant l’espace de vingt ans, dont quitte le dit héritier pour la présente année mil sept cent soixante et un au dit Morestel le douze janvier année susdite 1761.         Meyssin, curé de Morestel

Reçu aussi les dites quatre livres jusqu’inclus l’année mil sept cent soixante et dix           Meyssin, curé

Et inclus 1776         Meyssin, curé

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