La dîme était une redevance en nature exigée par l’Eglise. Elle devait servir à l’entretien des curés et des besoins de l’église dans chaque paroisse. En fait les dîmes entretenaient le haut-clergé, les curés de paroisse devant se contenter de la portion congrue. Ceci dit, chacun veillait jalousement sur son « territoire » et il n’était pas rare de voir des conflits au sujet des limites de la dîmerie.
La dîme pesait en principe sur tous les revenus, mais en réalité surtout sur les produits de la terre (grains, paille, foin, chanvre, etc.) et le croît des troupeaux. Elle était prélevée dans le champ, sitôt la récolte terminée. Les paysans faisaient publier au prône de la messe de paroisse, ou à l’issue de celle-ci, le jour de la récolte, afin que le décimateur ou son collecteur puisse se trouver sur les lieux.
Cet impôt ne représentait pas forcément la dixième partie des fruits de la terre et des troupeaux, mais, quelquefois, la douzième, la quinzième, ou la vingtième, suivant l’usage de chaque paroisse.
Il convient de distinguer les grosses dîmes, les menues dîmes et les dîmes novales. Les grosses dîmes se percevaient sur les principaux revenus de la paroisse (tels que le seigle ou l’avoine), les menues dîmes sur les moins considérables (tels que le chanvre ou les légumes) et les dîmes novales sur le produit de terres récemment mises en culture ou défrichées (depuis moins de 40 ans) ou nouvellement chargées de fruits sujets à la dîme.