Le 11 octoÂbre 1711, c’était le preÂmier jour de la vogue de St Denis de Bron. Cette fête exisÂtait depuis des temps imméÂmoÂriaux, depuis les Gaulois de Condate au moins, et c’était la fête de Bacchus, ou Dionysos, que les curés de l’époque avaient bien vite transÂformée en St Denis. D’évidence on s’y rinÂçait bien le corÂgnoÂlon, mais cette vogue avait la parÂtiÂcuÂlaÂrité que tout le monde pouÂvait s’insulÂter libreÂment sans que les urbains, la police de l’époque, interÂvienÂnent. Cela deveÂnait un jeu à qui se dirait les insulÂtes les plus grosÂsièÂres. On en a gardé cerÂtaiÂnes expresÂsions lyonÂnaiÂses qui pourÂtant sont on ne peut plus affecÂtueuÂses, comme « Ah, te v’là chaÂroÂgne ! » et bien d’autres encore. Alors, vous pensez bien que fête pareille, ça attirait plein de monde.
Le Pont du Rhosne ou Pont de la Guillotière
Ce 11 octoÂbre 1711, tout le monde était bien allumé mais la vogue allait s’éteindre, il se faiÂsait tard et il falÂlait renÂtrer. À cette époque il n’y avait qu’un seul pont, qui était très long, pour traÂverÂser le Rhône, celui qu’on appelle aujourd’hui le pont de la Guillotière, et ce pont ferÂmait la nuit. Du côté de la Guillotière, où il y avait de grands tèneÂments agriÂcoÂles, le pont comÂmenÂçait à la « place du Pont » (d’où ce nom qui est resté même si le pont n’est plus là ) et il y avait une tour d’octroi, avec une porte et un pont levis. De l’autre côté il allait presÂque jusqu’en Bellecour où il y avait une barÂrière (d’où la rue de la Barre). Tous ces gens qui renÂtraient de la vogue par la Guillotière, bien fioles de colÂlaÂgne, se presÂsaient pour arriÂver avant la ferÂmeÂture du pont pour renÂtrer chez soi.
V’là t’y pas qu’en face débouÂchait de Bellecour le carosse de Madame Servient, qui se renÂdait sur ses terres sur la rive gauche. Mais son carosse a été accroÂché par un charÂroi venant en sens inverse et fut renÂversé en plein milieu du pont, ce qui proÂduiÂsit une barÂrière infranÂchisÂsaÂble sur laquelle la foule vint se heurÂter et l’empêÂchait de traÂverÂser. Ceux qui étaient en tête, presÂsés par ceux qui suiÂvaient furent écrasés les uns sur les autres. On dénomÂbra 241 vicÂtiÂmes dans ce qu’on appela « le tumulte du pont du Rhosne ». Il y eut en effet 25 perÂsonÂnes noyées dans le fleuve, et 216 mortes écrasées.
Madame Servient, dame Catherine de Mazenod de son nom de jeune fille, fut si telÂleÂment frapÂpée par cette traÂgéÂdie, qu’elle laissa tous ses immenÂses domaiÂnes de la rive gauche « au profit des pauÂvres » de la ville de Lyon. Auteure invoÂlonÂtaire de cette catasÂtroÂphe, rongée par le remords, elle donna donc ce qu’elle appela « sa part de Dieu ». Cependant, les échevins, les élus muniÂciÂpaux lyonÂnais ne firent pas grand cas de son voeu, puisqu’on voit bien ce qu’il en est advenu de la « Part-Dieu ». Si ce fut la prinÂciÂpale oriÂgine de la forÂtune des Hospices Civils de Lyon, ce ne furent pas les pauÂvres qui en proÂfiÂtèÂrent.
voir la narration complète dans les archives départementales
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