En toute discrétion

A Vienne, ce 29 mai 1762

Par votre lettre, Monsieur, vous me marquez que deux personnes se sont adressées à vous pour se marier ensemble, qu’elles n’ont point de domicile, qu’elles passent pour être mariées, qu’ils ont des enfants, que la prétendue est enceinte, que le prétendu s’appelle Claude Renaud âgé de 38 ans et la fille Marie Girou âgée de 34 ans, qu’ils sont l’un et l’autre sans père et sans mère.

Vous pouvez les marier et pour cela je les dispense de l’empêchement du défaut de domicile et des trois bans par cette lettre. S’ils ne se font pas une peine de se marier publiquement, et que le public n’en soit pas scandalisé, il faut les marier publiquement. Si au contraire, ils s’en faisaient une peine ou qu’il y eut scandale, vous pourrez le faire avec réserve en prenant des témoins choisis et secrets.

A l’égard du cas dont vous m’aviez parlé, je vous ai marqué que la femme ne doit pas profiter des avantages matrimoniaux mais qu’elle ne perd pas sa dot. Si cependant, le mari fournissait de quoi vivre sur cette dot, elle serait obligée de donner de quoi le dédommager.

Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

L’Archevêque de Vienne

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