Publié le décembre 31, 2012
Référence : AD38 Anjou vue 203 BMS 1745-1792
1776 : année difficile
Le froid s’est fait sentir depuis le .. janvier jusqu’à la fin … Depuis le dégel jusque vers la fin de mars, beaucoup de pluies qui ont nui à nos blés.
Tout ce temps a été excessivement orageux. La bise la plus violente et aussi froide a régné du commencement de mars au 15 ou 20 avril, quelques jours exceptés. Le mardi de Pâques, 9 avril sur les quatre heures du soir, il tomba un grésil aussi gros qu’une grêle moyenne mais heureusement bien molle et qui conséquemment ne fit aucun mal ; mais la neige abondante qui suivit tout de suite et continua près de 20 heures, au moins par intervalles, accompagnée d’une bise des plus froides qui nous fit tous craindre, ce qui nous décida à recourir au Seigneur par des prières publiques pendant neuf jours. Grâce à Dieu, le temps peu à peu se remit au beau.
La croix du cimetière fut dressée le 12 et bénite le 14. ……………(description)……………………………
La bise revint le 25 aussi violente et aussi froide qu’elle était quelques jours auparavant, (surtout le 1er mai qu’elle faillit à me détruire allant à Lyon. Malgré une forte redingote qui se crut devoir me garantir du froid, je frémis encore) et dura jusqu’au 15 mai et gâta les feuilles de mûrier du côté de Chanas, surtout la nuit du 9 au 10 mai, il gela blanc. Beaucoup de vignes ont été perdues, principalement à Bougé, Jarcieu.
Le 23 août, la grêle a endommagé considérablement Le Péage, Roussillon, Vernioz, St Alban de Varèze, La Chapelle … et le 28 du dit, elle recommença son ravage à Limoni, Bœuf, hacha les mêmes endroits que le 23 et de là , passa à Poussieu, une partie de Sonnay, traversa la plaine, se porta à Anneyron, St Romans et au voisinage et cela dura depuis onze heures jusqu’à midi et demie.
La récolte des cocons a été commune à celle du blé et du vin. Les cocons ont valu comme l’année dernière, le blé de même et le vin de 11 à 12 sols au pressoir et pour ne pas travailler gratis, les cabaretiers l’ont toujours vendu 5 sols le pot. Cela est bien honnête ce me semble mais devant Dieu cela fera-t-il dans la plus exacte justice ? Oh ! Bon ! Bon ! Justice ou injustice, que cela fait-il ? Pourvu que cela rende riche, on n’examine rien autre, on ne cherche rien autre. O Héritiers de cabaretiers, si vous succédez à testateur riche, ce que j’ai peine à croire, pensez-vous que toute sa succession vous appartienne et que vous n’en devrez pas donner une partie en restitution et quand il ne le serait pas, riche, en seriez-vous exempt ? Au nom de Dieu, consultez soigneusement des gens éclairés et intéressés uniquement pour votre salut car il s’agit de votre bonheur ou de votre malheur, souverain et éternel.
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