Hiver 1788/1789

AD38  vue 160  BMS 1771-1792   St Jean de Bournay / St Pierre

L’hiver cette année a été des plus longs et des plus rigoureux. Il a commencé à la Saint Martin et est toujours allé sans relâche en augmentant jusqu’à la fin de janvier. Les ablutions ont gelé dans le calice. Depuis le 28 décembre jusqu’au 7 janvier, le vin a de même gelé dans plusieurs caves. La misère a été des plus grandes   tant pour le bois que pour les autres provisions de première nécessité.
Les chemins ont été longtemps impraticables à cause de la quantité de neige dont ils étaient remplis, non pas qu’il en soit tombé beaucoup mais parce que les grands orages avaient formé partout des fondrières. Le Rhône extrêmement bas avait gelé au point qu’on le traversait chargé des fardeaux les plus pesants. Les moulins à Lyon, à Condrieu, ne pouvaient moudre. On était obligé de venir moudre à Vienne.
Tous les puits et presque les autres sources étaient taris. A St Jean, pendant quelques jours que la rivière ne pouvait donner d’eau, les habitants de St Jean étaient obligés de fondre de la neige pour leur soupe. On faisait venir l’eau des fontaines de Bas. Les pauvres de cette paroisse ont été secourus. Aucun n’a souffert. Leur rente la vingt-quatrième leur a fourni du pain. Les âmes charitables les ont pourvus de bois au point que nul n’a souffert comme dans la plupart des autres paroisses.
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