La mortalité infantile était très importante au 18ème siècle :
– un enfant sur quatre mourait avant 1 an.
– un enfant sur quatre mourait avant d’avoir 10 ans.
Seulement un enfant sur deux parvenait à l’âge adulte.
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Statistiquement, il fallait quatre enfants pour assurer le remplacement de la population et davantage pour un accroissement. Les maternités étaient souvent très nombreuses et l’importance donnée à l’enfant moindre.
La mortalité infantile très élevée était due à un manque absolu d’hygiène et à une grande misère, des conditions de vie très dures et de nombreuses épidémies.
Les bébés étaient souvent laissés seuls pendant les travaux des champs. L’hiver, ils dormaient dans un lit commun et mouraient parfois étouffés. Il y a eu d’ailleurs une interdiction devant ce fait assez répandu.
La mort d’un enfant n’était pas considérée comme une perte irréparable et on pouvait donner le même prénom que celui de l’enfant disparu à un ou deux autres enfants nés ultérieurement.
Les infanticides n’étaient pas rares, notamment pour des enfants illégitimes ou malades.
L’abandon était considéré comme moins grave que l’infanticide. On les abandonnait dans la forêt puis au fur et à mesure on les laissait aux portes des églises et des institutions religieuses.
L’infanticide était en régression et les abandons se multipliaient. Au 17ème siècle, il y a eu      33 000 abandons d’enfants. L’église ouvrit alors des hospices pour accueillir tous ces enfants qui étaient parfois déposés devant la porte : les « tourniquets » permettaient de laisser l’enfant de manière anonyme.
A Lyon, la Charité et l’Hôtel-Dieu accueillaient des enfants malades ou non. La mortalité y était démentielle.
Une forme déguisée d’abandon était le recours à une nourrice. En milieu bourgeois, les nourrices étaient soigneusement choisies et vivaient dans la maison. En milieu pauvre et urbain, le père cherchait une nourrice à la campagne. Les contrôles n’étaient pas rigoureux.
Déjà , le voyage en charrette pour conduire le nouveau-né chez la nourrice comportait de grands risques (chutes, chocs, intempéries) et entre 5 et 15% perdaient la vie au cours du transport.
Les nourrices n’étaient pas toujours payées régulièrement et l’enfant était délaissé. Une forte mortalité était constatée par défaut de soin, maladie, froid … On en trouve de multiples exemples dans les registres paroissiaux.
Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la mortalité infantile augmenta de nouveau. L’industrialisation attirait les populations dans les villes et les épidémies, notamment le choléra, se répandirent. De nombreux décès subsistaient toujours chez les enfants placés en nourrice.
Il fallut attendre la fin du 19ème siècle, le développement de l’asepsie et une surveillance plus rigoureuse des enfants et des nourrices pour voir la diminution de la mortalité infantile. Ce phénomène ne fera alors que s’amplifier sauf lors d’épidémies particulièrement agressives.
Graphiques : Le premier n’a pas valeur statistique mais indicative. Il est basé sur les âges de décès connus des personnes de mon arbre (1000 individus). Il pourra être affiné si la base de données augmente de manière significative. Le second provient de L’Ined.

